Déclarations du ministre des Affaires étrangères, M. D. Avramopoulos et du Président de la Chambre des Représentants, M. Y. Omirou

Y. OMIROU : « C’est avec un très grand plaisir que nous accueillons aujourd’hui le ministre des Affaires étrangères de la Grèce et cher ami, Dimitris Avramopoulos, lequel a visité Chypre dans le passé en assumant différentes fonctions politiques ou autres. Comme il est communément admis, il est un bon ami de Chypre, un défenseur ardent de la cause chypriote et de la lutte menée par le peuple chypriote en vue de mettre fin à l’occupation et de rétablir les droits de l’homme et les libertés fondamentales de notre peuple.

Le ministre effectue cette visite dans une conjoncture interessante, dirais-je, car la Republique chypriote vient d’assumer la presidence du Conseil de l’UE. C’est un moment important pour la Republique de Chypre car cette derniere se mettra en valeur en tant qu’Etat membre de l’Union europeenne responsable et a titre d’egalite avec les autres membres et sera appelee a gerer les graves problemes auxquels est confrontee actuellement l’Union europeenne, notamment sur le plan economique, afin d’adopter des politiques qui rendront l’Europe meilleure, d’ecarter tous ces sentiments antieuropeens au sein de la communaute civile europeenne et de prouver que l’Europe n’est pas le probleme mais la solution au probleme.

Bien évidemment, nous avons également discuté avec le ministre des perspectives de notre cause nationale. Je voudrais exprimer ma reconnaissance au gouvernement grec, au peuple grec et aux forces politiques grecques, pour leur soutien à la lutte continue menée par notre peuple en vue de parvenir à une solution démocratique, juste et viable à la question chypriote.

Comme il est communément admis, la mauvaise foi, l’intransigeance et l’esprit de chicane dont la Turquie a fait preuve ont conduit les pourparlers dans une impasse. Toutefois, nous ne relâcherons pas nos efforts afin de créer les conditions favorables à l’atteinte d’un règlement. Toutefois, nous transmettons aussi un message, à savoir que nous n’allons pas reculer devant l’intransigeance et les difficultés.

Nous espérons que nos partenaires européens transmettront des messages encore plus forts à la Turquie, à savoir que si cette dernière veut avoir un avenir au sein de l’Europe, elle devra se conformer aux règles et respecter les principes et les valeurs de l’UE, et ne devra pas, comme elle le fait actuellement, refuser de reconnaître la présidence chypriote de l’UE.

Nous, Hellènes, sommes très efficaces dans des situations difficiles. Nous l’avons, à maintes reprises, affirmé. Dans cette conjoncture véritablement difficile, nous surmonterons les difficultés, nous forgerons le front commun de la Grèce et de Chypre, en vue de défendre les intérêts des deux pays.

D. AVRAMOPOULOS : Je tiens à exprimer ma grande joie pour la continuation des contacts réguliers avec le président de la Chambre des représentants, M. Yannakis Omirou, et notamment, pour cette discussion substantielle que nous avons eue, qui s’est déroulée, comme toujours, dans un climat chaleureux et fraternel.

Tout d’abord, nous sommes convenus d’intensifier les contacts et notre coordination, afin de nous rapprocher de l’atteinte de notre objectif commun, à savoir le règlement de la question chypriote. Je suis tout à fait d’accord avec vous, nous, Hellènes, sommes très efficaces dans des situations difficiles. Nous ne reculons pas devant les difficultés et à chaque occasion nous mettons en avant notre détermination d’avancer ensemble. En ces moments difficiles, nous devons faire preuve de modération et de détermination.

Nous ne devons pas, cher Président, nous laisser emporter par ce climat de tension que la partie turque veut instaurer afin de pouvoir imposer de nouveaux faits accomplis et de promouvoir sa propre stratégie à l’égard de la question chypriote, faute d’arguments substantiels, fiables et convaincants.

Avec le president de la Chambre des representants, nous avons mis un accent particulier sur le fait que cette periode revet une importance symbolique car elle coincide avec le debut de la presidence chypriote a l’UE. C’est un moment historique pour a Chypre et je suis convaincu que Chypre donnera le meilleur d’elle-meme et prouvera qu’elle est un pays europeen moderne qui peut assumer des initiatives, au nom de la cause commune des peuples europeens, tant pour le renforcement de l’identite europeenne, des structures europeennes que pour l’instauration d’un environnement de securite, de stabilite, de paix et de cooperation dans notre region elargie.

Je suis convaincu que la présidence chypriote sera couronnée de succès. Et, bien entendu, il va de soi que Chypre jouira de tout le soutien du gouvernement grec et du peuple grec, ainsi que celui du milieu politique de notre pays, chaque fois qu’elle en aura besoin.

La présidence constitue donc une très bonne occasion pour Chypre de montrer à toute l’Europe la façon dont elle peut contribuer aux efforts européens, ainsi que les domaines où elle pourrait apporter sa contribution, dans une conjoncture difficile marquée par une crise économique qui a d’ores et déjà, pris des dimensions incontrôlables en mettant en danger la cohésion sociale et la perspective de croissance.

M. Omirou et moi-même avons discuté de ces questions, de la crise économique. J’aimerais à ce stade dire que la Grèce est désormais dotée d’un nouveau gouvernement ayant des ambitions à long terme et la volonté de faire face à tous ces grands problèmes, dans un esprit d’unité et d’union de la société grecque et du monde politique grec. Il ne fait aucun doute que bientôt seront de nouveau réunies les conditions qui mèneront notre pays sur la voie du progrès et de la croissance.

Je pense très sincèrement que nous affronterons cette conjoncture difficile et j’espère que nous nous en sortirons plus rapidement que le pensent certains.

Dans ce cheminement, la Grèce et Chypre avanceront main dans la main. Ma présence ici aujourd’hui ne revêt pas seulement un caractère symbolique - car la première visite à l'étranger du ministre grec des Affaires étrangères a toujours lieu à Chypre - mais aussi concret car l'occasion m'a été donnée de partager des vues et des pensées en rapport avec notre destin commun, notre parcours commun, notre avenir commun. Cette communication d'informations se poursuivra avec les chefs de tous les partis politiques.

Je souhaite à Chypre, de tout mon cœur, de réaliser ses objectifs. Qu'elle sache que, en dépit des adversités de notre époque, la Grèce sera toujours son partisan le plus fidèle, devant notre perspective d'avenir commune. Pour pouvoir arriver à la fin de la première étape de ce parcours, nous voulons que Chypre soit unifiée, indivisible et que tous ses habitants exercent pleinement leur droit à la vie, au progrès et à la dignité.

Je le souhaite de tout mon cœur, mon cher Président, et nous vous attendons bientôt en Grèce. Car vous aurez l'occasion de vous entretenir avec votre homologue nouvellement élu, le président du parlement hellénique. Nous devrons de nouveau renouveler et renforcer les liens étroits qui unissent nos deux parlements.

Juillet 2, 2012