Un nouveau chapitre s’ouvre entre la Grèce et la Grande Bretagne. Nos liens historiques sont toujours forts, comme j’ai eu l’occasion de le dire tout à l’heure, et William Hague et moi-même coopérons depuis très longtemps au sein de l’Union européenne et de l’OTAN sur tous les grands dossiers nous concernant. J’aimerais dire que nos relations sont régies par un esprit de respect mutuel et de solidarité. Nous avons commencé par faire revivre de vieilles positions et relations, comme cela s’est produit hier lors de ma visite à la Chambre des Communes, où nous avons fait revivre la vieille institution puissante de la coopération interparlementaire.
C’était un grand moment et nous transmettrons à la Grèce le souhait des députés britanniques d’ouvrir de nouveau une voie de communication et de relations avec les parlementaires grecs. Mais outre tout cela, des événements comme celui organisé hier par l’ambassadeur de la Grèce à Londres sur les relations tout aussi historiques que profondes entre Lloyd George et Eleftherios Venizelos rappellent que nous sommes toujours proches de la Grande Bretagne et que les Grecs reconnaissent la contribution importante de ce pays à la libération de la nation grecque.
Depuis 200 ans, ces relations ont évolué et se sont renforcées au fil des ans. Aujourd’hui, toutefois, au sein de notre nouveau grand pays, l’Europe, cette coopération acquiert une teneur différente.
La discussion que nous avons eue sur toutes ces questions – que M. Hague vous a décrites il y a peu – avait pour objectif de mettre à jour certaines de ces notions. D’un autre côté, j’ai eu l’occasion de présenter à mon bon ami et collègue les évolutions en Grèce concernant la gestion de la crise économique et je dois dire que j’ai trouvé en sa personne un fervent partisan des efforts consentis par le gouvernement et des sacrifices pratiqués par le peuple grec.
La Grèce commence progressivement à retrouver son prestige et sa crédibilité sur la scène européenne et internationale. Car il faut être honnête. Le prestige de notre pays a été atteint depuis quelques années sur le plan international. Grâce à une série d’initiatives et à une politique extérieure ouverte à l’international, une politique dynamique, visionnaire, notre pays acquiert de nouveau son prestige, son rôle et sa voix. Dans notre voisinage élargi notamment, qui est secoué dernièrement par une série de crises qui, je le crains, peuvent conduire à une déstabilisation générale la région. La Grèce demeure un solide pilier de sécurité et de stabilité.
Par la suite, nous avons eu l’occasion de discuter de nos relations avec les pays voisins, de Skopje, du dossier chypriote, de l’évolution de la crise en Syrie et du Moyen-Orient. Je l’ai informé de mes dernières visites en Israël et en Palestine sur toutes les questions demeurées en suspens et encore une fois l’importance et la valeur de la diplomatie honnêtes sont confirmées. Et tout cela, dans un esprit de solidarité, d’amitié et de coopération.
JOURNALISTE : Existe-t-il l’éventualité d’une visite à Londres du Premier ministre grec ?
D. AVRAMOPOULOS : Nous en avons discuté, dans le sens où j’ai adressé, au nom du Premier ministre grec Antonis Samaras, une invitation au Premier ministre britannique de visiter la Grèce. Tout cela sera réglé par la voie diplomatique. Une chose est sûre : un nouveau chapitre s’ouvre dans l’histoire de l’amitié gréco-britannique.
JOURNALISTE : Quelle est votre position concernant le dossier chypriote ?
D. AVRAMOPOULOS : Notre position est que tout effort devra être soutenu pour poursuivre les pourparlers bicommunautaires et ce, toujours sous l’égide des Nations Unies. Et Chypre, de par sa position, a un rôle important à jouer dans la région élargie. Elle peut devenir un facteur important de stabilité, dans l’intérêt des objectifs communs que l’Europe et nous tous voulons promouvoir.
Juin 6, 2013