S. FLOGAITIS : Comme vous le savez, monsieur le Président, vendredi et samedi prochains se tiendra la réunion des ministres des Affaires étrangères suite à l’initiative du Luxembourg, pays qui exerce actuellement la présidence, et la raison pour laquelle je voudrais vous voir était pour demander votre conseil sur les différents dossiers qui seront abordés vu que le ministre des Affaires étrangères, M. Petros Molyviatis m’a demandé de représenter le pays.
Comme vous le savez, des questions très importantes seront débattues parmi lesquelles celle de l’immigration. Si je ne m’abuse pas, vu les fonctions que vous avez exercées dans le passé, votre nom est étroitement lié à la politique migratoire et je suis convaincu que vos conseils et vos réflexions notamment à l’égard de ce dossier ainsi que sur les autres questions que j’aurai l’occasion tout à l’heure de vous présenter, seront très utiles.
PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE : Félicitations encore une fois pour la prise de vos fonctions et je vous souhaite bonne chance dans votre tâche. Je me réjouis tout particulièrement car votre première mission sera dans le cadre de ce Conseil informel des ministres des Affaires étrangères lors duquel seront débattues d’importantes questions et notamment celle de l’immigration.
Félicitations encore une fois pour la prise de vos fonctions et bon courage. Et je me réjouis car vous avez exercé dans le passé deux fois les fonctions du ministre de l’Intérieur dans un gouvernement de transition. En fait, en 2009, vous avez dû faire face à des questions similaires. Par conséquent, outre votre expérience universitaire et professionnelle, vous avez aussi une expérience en matière de gestion de ces dossiers. Et c’est une heureuse coïncidence que cette responsabilité vous a été confiée.
Je pense que c’est une bonne occasion de donner une réponse à cet alarmisme de ce dernier temps concernant la politique de la Grèce à l’égard de ces questions. Afin de prouver c’est-à-dire que la politique existe et que c’est de notre devoir de mettre en avant les responsabilités qui ont les autres aussi dans ce domaine.
Je dis cela monsieur le Ministre car il est communément admis – et je le répéterai même si cela pourrait être fatiguant, mais c’est la vérité – que l’Europe ne va pas maintenant découvrir sa politique migratoire. Sa politique migratoire a été définie en 2008 à travers l’adoption du Pacte sur l’Immigration et l’Asile. L’Europe doit assumer ses responsabilités et se rappeler que ce Pacte doit être appliqué. Et notamment les quatre piliers qui portent sur l’immigration illégale et l’asile doivent être appliqués dans leur intégralité.
Et, bien évidemment, je me réjouis car tout le monde s’aperçoit du bien-fondé des positions que nous avions toujours soutenues, c’est-à-dire qu’après l’adoption du Pacte sur l’Immigration et l’Asile, les frontières des Etats membres, mais aussi celles de la Grèce, sont les frontières de l’Europe et notamment en ces temps critiques et avec ces flux migratoires aussi grands, la surveillance des frontières est une responsabilité de l’Europe. En outre, l’agence Frontex doit être plus active dans ce sens. D’autant plus que la Frontex aurait dû depuis très longtemps être transformée en une sorte d’Europol afin que l’Union européenne puisse également assurer la surveillance des frontières. Et je dis cela car j’ai été heureusement surpris par Manfred Weber, chef du Parti Populaire Européen, qui a signalé dans son interview au journal Süddeutsche Zeitung exactement la même chose, c’est-à-dire que la Frontex doit assumer cette responsabilité. Je me réjouis car tout le monde commence actuellement à s’apercevoir du problème. Et je pense que vous êtes la personne la plus appropriée à mettre en avant lors la prochaine réunion cette particularité que la Grèce n’a cessé de signaler tous ces années.
S. FLOGAITS: Vos propos m’honorent. J’essayerai.
Septembre 1, 2015