Déclarations du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères E. Vénizélos aux correspondants grecs en marge de la Conférence internationale de soutien à la Libye (Rome, 06.03.2014)

E. Vénizélos : La Conférence internationale de soutien à la Libye, qui se tient aujourd’hui à Rome, revêt une grande importance pour tous les pays méditerranéens, pour notre région élargie. Nous sommes un pays voisin. Nous avons aidé la Libye pendant les moments difficiles qu’elle traversait et qui malheureusement continuent.

Nous voulons une situation stable, une Libye démocratique, une Libye dotée d’une Constitution qui ait le contrôle sur son territoire, qui ne risque pas de perdre son intégrité territoriale, qui puisse avoir le contrôle de ses ressources naturelles.

Donc, la participation de la Grèce à cette conférence, organisée pour la première fois, nous offre l’occasion d’un contact plus marqué et pratique au niveau bilatéral également. Comme vous pouvez bien le comprendre, cela nous intéresse car il y a toujours la grande question des zones maritimes en Méditerranée orientale. Il y a toujours des opportunités dans la région pour les hommes d’affaires grecs.

Journaliste : Monsieur le président, cette conférence a lieu à une conjoncture cruciale, compte tenu de la situation en Ukraine. Vous avez néanmoins eu une rencontre avec votre homologue turc, M. Davutoglu.

E. Vénizélos : Il est vrai que cette conférence est consacrée à une question en souffrance très grave en Afrique du Nord, en Méditerranée, à savoir la Libye. Car il faut que la situation se stabilise et que la crise ne soit pas recyclée.

La question de l’Ukraine fait l’objet de discussions intenses en marge de cette conférence. Lors de la rencontre bilatérale que j’ai eue avec M. Davutoglu, nos entretiens ont notamment porté sur l’Ukraine. Je m’y étais rendu dimanche dernier et lui la veille. Nous avons pu échanger nos impressions suite aux discussions que nous avons eues avec les nouvelles autorités ukrainiennes. La Turquie est fortement préoccupée par la minorité tatare, tout comme nous Grecs, sommes préoccupés par la communauté grecque qui a une présence marquée en Ukraine de l’est, notamment à Marioupol. D’ailleurs, nos consulats généraux à Odessa sont responsables de la région de la Crimée et nous pouvons valoriser cet élément conformément aux dispositions du droit international et de la pratique consulaire.

J’ai bien entendu eu l’occasion d’échanger des vues avec d’autres collègues. Avec mes collègues allemand, français et américain.

Journaliste : Nous avons eu un instantané de M. Kerry à la conférence, avant l’ouverture des travaux.

E. Vénizélos : Un instantané d’un caractère non seulement politique, mais aussi personnel. Quoi qu’il en soit, il est important de pouvoir toujours valoriser de telles rencontres et j’espère que nous aurons l’occasion d’échanger des pensées avec également M. Lavrov, après la conférence, car il faut que la situation soit contrôlée coûte que coûte et que la crise ne dégénère pas.

Ainsi, la décision du Parlement de Crimée pourra être évaluée plus correctement, et ce, toujours dans le cadre du droit international. Car seule une politique de principes peut produire des résultats, dans le but de maintenir la paix, la stabilité et la sécurité dans la région. Cela nous intéresse également pour l’hellénisme d’Ukraine. Nous veillons à sa sécurité et sa prospérité.

Journaliste : Cependant, concernant la rencontre bilatérale Kerry – Lavrov, pensez-vous que celle-ci aura lieu ? Et de manière générale concernant la poursuite du dialogue ? Car tout le monde dit que ce qui importe en l’état actuel des choses est de poursuivre le dialogue.

E. Vénizélos : Je ne veux faire aucun commentaire. Mes confrères européens, qui représentent les forces garantes de l’Ukraine – car l’Ukraine a des forces garantes conformément au Mémorandum de Bucarest de 1994 – m’ont transmis un message d’optimisme très contenu. A savoir qu’une procédure de contact a débuté et pourrait mener quelque part. Et si elle n’aboutit pas au désamorçage de la crise, du moins au contrôle de la situation.

Mars 7, 2014