E. VENIZELOS : La réunion au sommet entre l'Union européenne et l'Afrique constitue une excellente occasion pour l'Europe dans son ensemble de promouvoir sa politique en Afrique en tant que grande priorité. Car l'Afrique est le continent de l'avenir du point de vue du développement. La Grèce est un pays accepté par tous les pays africains, un pays ami. Par conséquent, nous disposons d'immenses possibilités économiques.
Et l'objectif de mes contacts bilatéraux en marge de la réunion au sommet avec un grand nombre de pays, au niveau de leur président, de leur Premier ministre ou de leur ministre des Affaires étrangères est d'encourager la présence des entreprises grecques, les exportations grecques, d'encourager la coopération dans les domaines dynamiques de l'économie grecque. Les premiers signes sont très positifs.
En marge de la réunion au sommet j'ai eu d'ores et déjà l'occasion de m'entretenir brièvement avec le Secrétaire général de l'ONU concernant deux questions de grand intérêt pour nous, à savoir le dossier chypriote ainsi que l'initiative Nimetz ayant trait à la question du nom. Les positions de la Grèce sont claires, fermes et cela est particulièrement apprécié par le Secrétaire général.
L'occasion m'a été également offerte de m'entretenir et d'échanger quelques réflexions dans un esprit amical avec une série de chefs de délégations. Permettez-moi, à titre indicatif, de me référer à mon entretien avec le Président, M. Hollande lequel a formé hier son nouveau gouvernement, il a nommé un nouveau Premier ministre. La France donc marque un nouveau début, ce qui est très critique pour les équilibres européens.
JOURNALISTE: Monsieur le Président, une question concernant un autre sujet. Avez-vous un commentaire concernant ce qui s'est passé avec M. Baltakos?
E. VENIZELOS : Concernant M. Baltakos, le Pasok a émis un communiqué exprimant mes opinions personnelles. J'ai affirmé, il y a quelques jours, qu'il s'agissait d'un ancien problème. Ce gouvernement est un gouvernement de coopération qui répond à une nécessité nationale. Le gouvernement est régi par un cadre programmatique, par un accord programmatique entre les deux partis. Le Pasok et en général les forces du parti démocratique forment un pôle progressiste. Le pôle progressiste doit être renforcé afin de parvenir aux équilibres et aux garanties nécessaires au sein du gouvernement. On doit s'attaquer à toutes les enclaves proches, du point de vue idéologique ou pratique, de l'extrême droite, ayant des stéréotypes négatifs appartenant au passé. Il est d'autant plus inacceptable d'établir des contacts quels qu'ils soient avec les nazis, les racistes, les xénophobes, avec ceux qui organisent des actes de violence et qui se comportent en tant qu'organisation criminelle. Et, j'exprime encore une fois par voie officielle notre respect institutionnel à l'égard du principe de séparation des pouvoirs, des magistrats et des procureurs que personne n'a le droit d'insulter.
JOURNALISTE: A votre avis, M. Baltakos doit-il démissionner?
E. VENIZELOS : Nous l'avons dit. Cela est indiqué dans le communiqué. Cela est le moins qu'il puisse faire.
JOURNALISTE: Concernant l'économie?
E. VENIZELOS : S'agissant de l'économie, de la situation de l'économie grecque et des messages positifs transmis également par la réunion informelle de l'ECOFIN et de l'Eurogroupe à Athènes, je voudrais vous dire qu'ici, à Bruxelles, il y a le sentiment manifeste que la Grèce a franchi une nouvelle étape. Et ce sentiment a été également manifeste lors de toutes mes rencontres d'aujourd'hui et d'hier. Cela est communément admis par l'opinion publique internationale laquelle est, bien évidemment, influencée et influe sur les marchés et le secteur privé international. Nous avons actuellement une opportunité très importante d'opérer ensemble, en toute unité, ce revirement.
Et il serait dommage, vu les sacrifices des femmes et des hommes grecs, de ne pas valoriser cette opportunité. Et de nous occuper des questions de moindre importance. Que cela soit imposé par l'opposition ou par l'agitation et la fatigue constatées au sein des partis. Car, bien évidemment, quand on a porté tout ce fardeau, quand on porte cet énorme fardeau, la résistance a ses limites. Et cela influe sur les réactions et sur le climat. Nous devons toutefois laisser de côté les choses superficielles et œuvrer en faveur de notre objectif historique, de notre objectif national. Car, au moins ma propre perception, une perception qui n'a jamais été axée sur les intérêts du parti, demeure toujours une perception nationale, historique. Et j'appelle tous les Grecs à l'unité en vue d'atteindre nos objectifs nationaux qui sont indispensables et bien évidents.
Avril 2, 2014