Monsieur le Président,
Chers amis,
C’est une joie particulière pour moi de me trouver ici avec vous. Et j’avoue que cette joie revêt une dimension personnelle, voire sentimentale. Le ministère du Développement agricole a été le premier ministère où j’ai assumé mes fonctions et dès sa mise en place nous avons eu une coopération étroite.
J’avais partagé avec vous la vision, les efforts et, surtout, les résultats accomplis.
Je vois parmi nous des anciens amis, de la Grèce mais aussi du pays voisin, la Turquie. Je parle du Président de la TURSAB, M. Basaran Ulusoy, ainsi que du Président de la Turquish Airlines, M. Hamdi Topcu. Je parle aussi du Président de la DRV, l’association allemande du voyage, M. Jurgen Buchy. Et, bien évidemment, je voudrais remercier personnellement M. Telonis pour cette initiative d’organiser cette réunion. Je vois aussi parmi nous mon ancien collaborateur, le Président de la SETE (Association des entreprises touristiques), M. Liaskos avec lequel nous avons travaillé ensemble pour mettre en place ce ministère. Je vois aussi mes collègues, les ministres.
J’avoue que le tourisme est un secteur qui m’est très cher car je pense – et j’imagine que cela est aussi valable pour vous – que c’est un instrument très important pour la croissance de l’économie grecque dans lequel nous devons investir.
Et comme je l’ai tout à l’heure affirmé, je n’oublie pas notre collaboration étroite lors de la mise en place du ministère du Développement touristique. Et ce n’est pas un hasard si nous avons donné ce nom à ce ministère, car le développement, l’environnement et la civilisation sont les trois éléments, les trois piliers sur lesquels repose la politique de promotion du tourisme grec.
L’HATTA est une véritable puissance au sein du tourisme hellénique et son personnel qui, sous les anciennes directions et la direction actuelle, offre ses services depuis des décennies tout en faisant preuve de professionnalisme, de sérieux et de responsabilité mérite toutes nos félicitations.
Le tourisme grec, avec le rôle déterminant des agences de voyage, contribue de manière décisive, dirais-je, au renforcement de l’économie grecque dans cette conjoncture difficile pour notre pays qui ne durera pas pour longtemps et n’ayez aucun doute à cet égard. Dans le même temps, le tourisme est un moyen visant à promouvoir l’aspect culturel de la Grèce et à rehausser son prestige international lequel a été largement entaché.
On peut dire sans exagération que le ministère du tourisme est petit mais tout aussi important que le ministère des Affaires étrangères. Il contribue à travers ses initiatives – et cela constitue une contribution très importante du tourisme à la paix et à la coopération – à la meilleure compréhension entre les peuples, car à travers l’activité touristique, ces derniers ont l’opportunité de connaître la culture, les mœurs les uns des autres et de partager un mode de vie. Et, plus les hommes se connaissent, plus leurs gouvernements sont encouragés à prendre d’importantes décisions tout en contribuant à la consolidation de la paix, de la coopération et de la sécurité dans des régions comme la nôtre.
Force est de rappeler que dans le passé, avec le ministre du Tourisme et de la Culture de la Turquie, nous avons pris l’initiative d’organiser nos rencontres le même jour et dans les deux pays. Nombreux ont été ceux qui avaient dit que cela était impossible mais cela a finalement été possible et nous avons ainsi mis en avant le principe de la proximité. Des réunions se tenaient le matin à Kusadasi et l’après-midi à Samos, le matin à Cas et l’après-midi à Castellorizo. A Mytilène, à Chios et à Cesme. Nous avons pris cette initiative pour montrer que les distances entre les pays étaient plutôt à caractère psychologique que réel. Et nous devons cela au tourisme et aux efforts collectifs que nous déployons ces dernier temps, comme le montrent les décisions qui ont été prises et qui ont donné lieu à la signature de 25 accords avec le pays ami voisin lors de la dernière réunion au sommet tenue à Istanbul.
Aujourd’hui plus que jamais nous devons valoriser, d’une manière intelligente, le processus de redressement de l’économie grecque, au profit du tourisme grec.
On m’a demandé de parler aujourd’hui en ma qualité de ministre des Affaires étrangères, des visas Schengen, des évolutions actuelles et des perspectives qui s’ouvrent dans ce domaine. Je voudrais vous assurer que le ministère des Affaires étrangères, toujours dans le cadre des obligations conventionnelles du pays, donne des instructions claires à nos missions consulaires de sorte à simplifier et à accélérer dans la mesure du possible, les procédures de délivrance des visas à des ressortissants de pays tiers souhaitant visiter la Grèce.
Toutefois, au-delà des instructions générales, j’ai envoyé il y a quelques jours et avant le début de la saison touristique de cette année, une circulaire-instruction à toutes nos missions diplomatiques et consulaires dans le but de faciliter dans la mesure du possible les procédures de délivrance des visas pour les ressortissants des pays tiers souhaitant visiter notre pays. J’ai donné des instructions afin d’assurer un service rapide pour les ressortissants des pays tiers à travers des procédures de délivrance de visas rapides, efficaces et faciles. Plus particulièrement, à travers cette circulaire, je demande aux autorités compétentes de mettre l’accent sur la possibilité de délivrer des visas d’entrées multiples aux demandeurs faisant preuve de bonne foi, d’une durée allant de six mois jusqu’à cinq ans, l’achèvement rapide de l’examen des demandes dans un délai de 48 heures, sauf, bien entendu, des demandes qui doivent faire l’objet d’une consultation préalable entre les Etats membres ainsi que sur la valorisation appropriée des possibilités de coopération avec des prestataires de service extérieurs et des médiateurs commerciaux crédibles qui sont actifs sur le terrain. Dans le même temps, je signale dans mes instructions la nécessité de valoriser les possibilités de délivrer des visas à titre gratuit à certaines catégories de demandeurs pour lesquelles il y a des dispositions y relatives dans la législation communautaire où le paiement des frais est laissé à la discrétion de l’Etat membre concerné.
Vous savez très bien que s’agissant des pays tiers manifestant un intérêt particulier pour la Grèce en raison des flux touristiques accrus, tels que la Russie, la Chine et la Turquie, des centres de délivrance de visas grecs ont été mis en place dans le but d’offrir des services plus efficaces au public.
Ces services sont déjà opérationnels dans 17 villes en Russie, trois en Chine et leur nombre augmentera, et six en Turquie. Ces centres reçoivent les demandes de visas ainsi que les pièces justificatives de la part des personnes privées et des agences de tourisme. Par la suite, les preuves justificatives sont envoyées à la mission consulaire compétente en vue d’un traitement ultérieur tout en facilitant de cette manière le flux touristique.
Mesdames et messieurs, le ministère des Affaires étrangères, suite à l’application réussie du programme pilote consistant à faciliter la procédure de délivrance de visas dans les cinq grandes îles de l’Egée orientale – Rhodes, Kos, Samos, Chios et Lesbos – a reçu le feu vert de la part de la Commission européenne pour mettre de nouveau en œuvre ce programme au cours de la saison touristique de cette année et pour une période plus prolongée, depuis la fin avril et jusqu’ à la fin du mois d’octobre de l’année courante.
L’objectif de ce programme est de faciliter et d’encourager les visites touristiques dans notre pays des ressortissants turcs et notamment des touristes d’autres nationalités, qui visitent la Turquie. Nous nous attendons, grâce à l’ouverture du programme fin avril et avant la Pâques orthodoxe ainsi que grâce au prolongement de sa durée, à ce que le flux touristique soit plus important.
Mesdames et messieurs,
Le nombre de visas délivrés par l’ensemble des missions diplomatiques et consulaires à l’étranger pour l’année 2012 s’élève approximativement à 1.000.000, tout en enregistrant une hausse de l’ordre de 30,25% par rapport à 2011. En outre, sur la base des données statistiques au cours des deux premiers mois de l’année courante, soit de l’année 2013, par rapport à la même période de l’année dernière, on constate une hausse en moyenne du nombre de visas délivrés, même en dehors de la haute période touristique.
Enfin, j’aimerais vous assurer que le ministère des Affaires étrangères, en coopération avec tous les autres ministères et organes co-compétents, a d’ores et déjà engagé un processus de consultations sur certaines initiatives et propositions, que notre pays peut soumettre à la Commission européenne pendant le processus de révision du Code des visas qui devrait coïncider avec la Présidence hellénique de l’Union européenne au premier semestre 2014.
Des initiatives seront prises pendant la présidence grecque – et nous avons toutes les raisons de le faire – afin de renforcer davantage le secteur touristique, non seulement en Europe, mais aussi dans notre région tout entière. Nous avons toutes les raisons de le faire car la Grèce n’est pas jugée ou comparée en fonction de sa taille géographique et de sa population, car elle constitue l’une des destinations les plus prisées au monde. J’oserais même dire, sans prétention aucune, qu’elle représente une petite superpuissance dans le secteur du tourisme. C’est ainsi que nous l’avions perçu à l’époque et c’est la raison pour laquelle notre présence à l’étranger faisait transparaître ce message.
Nous croyons très fortement à la contribution du tourisme à l’économie grecque et tout le monde en Grèce doit le comprendre à un moment donné, à savoir que le tourisme est un facteur de croissance et de progrès qui mérite le soutien, le respect et la reconnaissance de l’Etat grec. J’aimerais vous assurer que ce gouvernement se penche sur l’activité touristique de notre pays et les éléments qui la représentent avec une réelle volonté de soutien.
Mesdames et Messieurs, je suis convaincu que les conclusions qui résulteront de cette Assemblée générale seront particulièrement utiles pour comprendre les responsabilités, tant de l’Etat que de votre branche, mais aussi des branches connexes du tourisme grec, afin de tracer à moyen et à long terme une stratégie qui résistera au temps et qui ne soit pas influencée par les changements politiques. Le tourisme grec a besoin de constantes et vous vous souvenez que c’était le principe fondamental que je préconisais dans la politique que nous avions adoptée lors de mon mandat au ministère du Tourisme. J’ose croire que nous continuerons dans ce sens, car le tourisme grec est à lui seul une constante de l’économie grecque, ce qui est d’ailleurs confirmé par son pourcentage de participation au PIB du pays, notamment en ces moments difficiles que traverse l’économie grecque.
Le secteur touristique a besoin, notamment en cette période, d’un plan national qui résulte d’une élaboration commune, à savoir le gouvernement, les partis, les instances politiques, les instances touristiques. Le tourisme grec unit la Grèce au plan politique, il n’y a pas de différences dans les modèles de développement touristique. J’ajouterais aussi que les forces politiques doivent reconnaître et se pencher avec respect sur la grande contribution des facteurs du tourisme, car avant que le secteur privé avait découvert le tourisme, avant l’Etat grec. Et si aujourd’hui la Grèce est une destination répondant à des normes élevées, cela n’est pas tant dû aux politiques qui de temps à autre ont été adoptées, mais à vos efforts que nous devons reconnaître et soutenir par tous les moyens et c’est ce qui justifie ma présence ici aujourd’hui.
Mars 27, 2013