Discours du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias à l'Université de Téhéran (Téhéran, 29 novembre 2015)

Discours du ministre des Affaires étrangères,  N. Kotzias à l'Université de Téhéran (Téhéran, 29 novembre 2015)"Nous vous communiquons ci-dessous le texte du discours du ministre des Affaires étrangères,  N. Kotzias à l'Université de Téhéran portant sur la politique étrangère grecque.

La Grèce et l'Iran partagent une histoire commune marquée d’échanges culturels datant depuis 4 000 ans. Ce sont deux pays et deux peuples qui ont eu le même parcours historique. Ils ont essayé toutes les formes de coexistence et de non coexistence. Ils n'ont pas été emprisonnés dans l'histoire. Ils ne vivent pas dans le passé, mais le passé leur apprend des leçons et ils sont optimistes pour l'avenir.

L'élément de notre avenir commun à l'époque de la mondialisation, est la valorisation de l'histoire laquelle sera notre guide dans notre parcours vers l'avenir.

Le monde change. Rien ne ressemble au passé. C'est pourquoi la politique étrangère doit être active. Elle doit être capable de reconnaitre les problèmes. D'étudier ces problèmes et d'élaborer des solutions alternatives. D'avoir la possibilité de choisir la meilleure stratégie possible et dans le même temps d'assurer sa matérialisation.

Ceux qui ont peur du coût que comportent les actions, doivent tenir compte du fait que, en principe, le coût lié à l'inertie est plus élevé. Les bonnes actions qui sont matérialisées de manière efficace apportent des bénéfices. L'attente fait les plus grands dégâts. Car tant que l'on n’est pas actif, plus d’autres personnes occupent des positions et gagnent en influence là où domine l’inertie.

L'étude des relations internationales et l'expérience acquise par la façon dont les plus petits Etats exercent leur politique étrangère, notamment les Etats européens, m'ont amené à la conclusion que, tout comme dans la répartition du travail, chaque Etat doit trouver sa niche où il peut avoir le maximum de productivité et une présence bien marquée, dans la diplomatie internationale aussi, chaque Etat doit développer son maximum de possibilités et de capacités et se spécialiser dans des domaines spécifiques. La spécialisation que nous voulons pour notre pays est articulée autour de trois axes : négociation, médiation, arbitrage. De cette manière, nous fournissons, dans le même temps, un service plus utile au système mondial.

La politique étrangère d'un pays tel que la Grèce, doit promouvoir tous les aspects de son développement, comme la diplomatie publique, et c’est dans ce cadre aussi que s'intègre mon discours d'aujourd'hui, la diplomatie économique dans le cadre de laquelle s'intègre la participation des dizaines d'hommes d'affaires à cette mission diplomatique. Il est très important d'assurer que la politique étrangère mette en avant le rôle géopolitique de notre pays qui se trouve au carrefour de trois continents, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Europe. Cela viendra compenser nos faiblesses dans le domaine économique. Ce rôle soutiendra la bataille que nous livrons en vue de trouver une solution au problème financier de notre pays qui traverse actuellement la septième année consécutive d’une crise très sévère.

La politique étrangère et ses acteurs constituent un système institutionnel qui est au service de la population et sa mission est d'atténuer les difficultés auxquelles est confrontée cette dernière. Autrement dit d’assurer de nouvelles possibilités au service de la politique économique et sociale. De développer la compréhension à l'égard des préoccupations d'un peuple entier face à l'avenir. De créer un nouveau mouvement de solidarité avec le peuple grec qui subit tant d'épreuves. Ces nouvelles possibilités constituent, dès aujourd'hui, des instruments et des accords potentiels, en vue de renforcer la coopération économique avec des pays tiers, comme l'Iran. Ceux accords comportent la possibilité de (a) reconnaître les problèmes, mondiaux et régionaux, dans le voisinage proche.  (b) d'élaborer et de formuler des solutions et des plans alternatifs, d'entreprendre des  actions et d'établir des alliances, et (c) de rassembler le maximum de puissances intellectuelles et de ressources. L'objectif est d'assurer la matérialisation efficace du plan de politique étrangère choisi.

Nos possibilités de coopération avec des pays émergents dans le monde contemporain revêtent une importance particulière. Tant pour pouvoir satisfaire à nos besoins, que pour jouer le rôle de pont entre l'Occident/UE, auquel nous appartenons, et ces pays. La Grèce comprend que dans le monde contemporain, il y a dans de nombreuses régions des tas de pierres. Mais elle ne choisit pas de jeter des pierres. Ni d'ériger des murs de séparation, mais de construire des ponts de compréhension, d'entente, de coopération et de perspective.

Nous vivons dans une époque transitoire. Dans un sens, toute époque a un caractère transitoire. Le monde assiste à de grands changements, tandis que le centre de gravité se déplace de l'Occident vers l'Asie du Sud-est. Du "lac" de l'Atlantique vers celui de l'Océan pacifique. De nouveaux problèmes font leur apparition à l'horizon. De nouveaux pays font leur apparition sur la scène politique internationale, tandis que d'anciens pays se remettent de la récession.

La Grèce est un pays qui a eu un parcours très positif après la Seconde guerre mondiale et la guerre civile, mais ce parcours a été interrompu par la junte militaire en 1967 (-1974) et maintenant par la crise économique. La Grèce, devenue le dixième Etat membre de ce qui s’appelait alors la CEE, l'actuelle UE, a organisé deux élargissements européens qui ont donné lieu à une union de 28 Etats.

La Grèce est un petit pays au sein de l'UE ayant une grande histoire et civilisation. Elle se trouve dans une situation de contradiction : alors qu'elle fait partie d'un de trois centres du monde actuel, elle ne figure pas parmi les grandes puissances au sein de l'UE. C'est pourquoi elle considère  son rôle spécial comme un rôle de médiation entre l'UE et le monde émergent. A cela contribue le fait que, au cours de la période marquée par la domination de l'Occident et du capitalisme, elle n'a jamais mené des guerres injustes et agressives. Elle n'a pas conquis de pays tiers. Elle n'a jamais été une puissance coloniale, comme la plupart des Etats de l'UE (19 des 28) et elle n'exerce pas une politique (néo) coloniale. Nous avons toutes les caractéristiques d'un pays qui peut et doit inspirer la confiance.

En dépit de notre petite taille, nous prenons des initiatives internationales, telles que la récente Conférence internationale sur la protection des civilisations et de toutes les religions au Moyen-Orient, ainsi que sur la protection du patrimoine culturel de toute l'humanité qui se trouve dans cette région.

Nous prenons des initiatives, si cela est nécessaire, même à l'encontre de la volonté de nos partenaires. Un récent exemple illustrant cela est notre refus de voter au sein de l'Onu, en faveur d'un projet de résolution sur « les droits de l'homme en Syrie », dans laquelle, au paragraphe 14, la garde révolutionnaire iranienne est caractérisée comme un groupe terroriste, à l'heure où ladite garde n'est pas incluse dans la liste spéciale élaborée par l'UE. Cette résolution a été soumise par l'Arabie saoudite et le Bahreïn.  Nous avons refusé et n'avons pas soutenu ce projet de résolution. Les liens solides de l’amitié que nous entretenons avec le peuple iranien et sa direction ne nous l'ont pas permis car, à l'heure où des pourparlers sont menés à Genève et plus récemment à Vienne sur l'atteinte d'une solution au problème syrien, certains veulent insulter ceux avec lesquels ils sont en train de négocier.

La région a besoin de paix. Il faut faire taire les armes et faire résonner les armes de la paix et de la diplomatie. Nous en sommes convaincus et nous œuvrons dans ce sens. Bien évidemment, des incidents tels que l'écrasement de l'avion de combat russe qui a été abattu au-dessus du territoire syrien, ne contribuent guère dans ce sens.

Afin que l'UE parvienne à cet objectif, elle doit de nouveau embrasser ses racines, ses valeurs et ses principes. L'UE, a malheureusement tendance aujourd'hui à  limiter ses actions à certains instruments de politique internationale qui, en principe, ont une valeur négative. Cela altère ses propres caractéristiques. L'UE doit de nouveau définir sa place au 21e  siècle. Elle doit façonner sa vision. Plus elle prône la "punition" des tiers, plus elle impose des sanctions et des embargos, plus elle perd son influence internationale. C'est pourquoi on insiste, en tant que Grèce, qu'il est nécessaire de voir dans quelle direction va le 21e  siècle et de définir la place qu'on veut  occuper dans ce contexte. De redéfinir nos visions et nos aspirations.

Mon analyse sur le triangle de stabilité et d'instabilité a d'ores et déjà fait un parcours international bien original et constitue une constante dans l'analyse que nous faisons dans le cadre de la politique étrangère grecque sur la situation dans notre région élargie.

Dans cette région, deux puissances différentes s'opposent: celles de l'instabilité et de la déstabilisation et celles de la stabilité démocratique. Notre pays a la forme d'un triangle. Au sommet de ce triangle se trouve l’Est de l'Ukraine, tandis qu'à la base de celui-ci se trouvent la Libye du côté droit et le Moyen-Orient du côté gauche. D'anciennes formes étatiques, au-delà de l'Etat national, font de nouveau leur apparition en utilisant de technologies modernes, des moyens militaires et d'information : la domination des races en Libye et du califat au Moyen-Orient. Des rêves de restauration d'anciens empires pour certains autres. Des lacunes se créent que certains veulent combler moyennant des actes de terrorisme et le non-respect des lois. Il s'agit des régions dans lesquelles il y a des déplacements simultanés de milliards de réfugiés et de victimes de guerre.
Les réfugiés et les pays confrontés aux problèmes des flux migratoires, comme le mien, ne sont pas responsables des causes générant ces flux. Il y a ceux qui provoquent les guerres et ceux qui payent, qui ne sont pas les mêmes ! Ceux qui prennent les décisions ne sont pas ceux qui en souffrent. Au cours de ces 7 derniers mois, 640 000 réfugiés sont passés en Grèce, par 6 îles qui comptent 92 000 habitants. Soit sept fois moins. Il y a des petites îles comme Simi ou Agathonissi par lesquelles sont passés les réfugiés. Et leur nombre était de 17 à 19 fois supérieur à celui de la population locale. Avant, 1,4 millions de réfugiés transitaient par la Libye qui a tant préoccupé la communauté internationale l’année dernière. 12 millions en provenance de Syrie. Puis il y a eu des millions de réfugiés d’Afghanistan et du Pakistan (cette année seulement, 300 000 réfugiés étaient originaires d’Afghanistan et du Pakistan). On peut facilement imaginer ce qui pourrait se passer en Méditerranée et en Europe si l’Egypte qui compte 95 millions d’habitants, dont plus de 65 millions de jeunes et chômeurs en général, se déstabilise. Il y a aussi la guerre civile au Soudan et dans l’Etat failli de la Somalie.

Nous prenons toutes les mesures nécessaires pour soutenir une politique de stabilité et de sécurité en Méditerranée orientale. Nous prenons des mesures spéciales de coopération avec les Etats de la région. Nous développons la politique de soutien de la Palestine en mettant tout en œuvre. Nous soutenons la création d’un Etat palestinien.

La question des réfugiés est un problème clé pour la Grèce, pour toute l’UE. Il est nécessaire de trouver des solutions sans plus tarder. Le pas le plus décisif est la pacification en Syrie et en Irak. La reconstruction de ces deux Etats qui requerra plusieurs milliards de dollars. La stabilité du système institutionnel avec un accord sur une nouvelle constitution démocratique, les consultations entre les différentes parties, l’organisation d’élections honnêtes.

Un deuxième pas en avant est le renforcement de l’infrastructure logistique et du financement des camps de réfugiés en Jordanie et au Liban. Le développement des investissements et la garantie de l’emploi. Une éducation plus systématique.

Troisièmement, l’application des accords interétatiques et internationaux de réadmission, comme celui conclu entre la Grèce et la Turquie, la Turquie et le Pakistan. La création de centre d’accueil des réfugiés en Turquie afin de les renvoyer directement dans les pays européens qui ont accepté de les accueillir.

Il ne faut plus que la Méditerranée se transforme en cercueil pour tant d’enfants, en une zone de honte de notre civilisation.

C’est pourquoi, il faudra, quatrièmement, démanteler immédiatement les réseaux qui exploitent la peur et les besoins des réfugiés. Il faudra anéantir dans tous les pays les mécanismes institutionnels parallèles qui exploitent le mal, l’angoisse et la peur des réfugiés. Dans ma vie, j’ai appris à ne pas avoir peur des problèmes, des angoisses, des pressions. La seule chose dont on doit avoir peur c’est de la peur elle-même, de la lâcheté et des peureux.


Nous faisons des ouvertures courageuses dans les pays des Balkans. Nous promouvons la coopération des pays des Balkans membres de l’UE et des pays des Balkans occidentaux. Nous estimons que le plan de certains de nos partenaires consistant à gouverner la région depuis l’extérieur ou à créer certaines coopérations avec les Balkans occidentaux et à laisser les Etats membres de l’UE en dehors de cela, n’est pas un plan réussi.
Dans les Balkans, nous avons un problème spécifique. Celui de l’ARYM. Un pays avec deux communautés : les Albanais et les Slaves qui se décrivent comme étant des « Macédoniens ». Des Slaves qui expriment un certain anachronisme et un irrédentisme illégal vis-à-vis de la Grèce, tant du point de vue historique, que géographique.

Nous sommes une puissance pacifique qui prend des risques aussi bien dans les bons que dans les mauvais moments pour les droits des hommes. Pour imposer l’Etat de droit. Pour que tous les pays puissent fonctionner sur la base de la règle de droit et de la culture des compromis. Ces deux principes font défaut au Président de l’ARYM et à d’autres acteurs gouvernementaux de l’ARYM dans leurs pratiques. Et la part de responsabilité incombe également à ceux qui, en Occident, à chaque crise que traverse ce pays, lui font des traitements de faveur au détriment de ses voisins. Cela entrave la capacité des dirigeants de ce pays à faire des compromis et à diriger avec modération.
Nous œuvrons pour une ARYM vivant en paix et dans un contexte de stabilité. Nous sommes convenus et élaborons dans la pratique un programme conjoint de mesures de confiance. Nous faisons une proposition très intéressante sur le moyen, le processus de la question du nom du pays voisin. Le plus important est qu’il vienne à bout des projets irrédentistes et chauvins.
La Grèce est un pays qui accueille le plus grand nombre d’Albanais dans le monde. Une grande partie du PIB du pays voisin est générée par ceux-ci. Nous avons de la chance de les avoir dans notre société.

Avec l’Albanie, nous sommes unis par un passé riche et commun, des rêves et des perspectives communs. Il y a certains problèmes que nous avons hérités du passé et qui proviennent de comportement immatures d’une partie de sa classe dirigeante. La non-application de dispositions du droit international. La violation des droits de la minorité grecque indigène. Nous avons la volonté et l’intention de résoudre et surmonter toute difficulté. Nous projetons de proposer un ensemble de solutions à tous les problèmes. Des solutions réalistes. Porteuses d’espoir et d’intérêt pour les deux peuples loin des nationalismes de type balkanique et de comportements visant à produire plus d’histoire que celle que la région peut consommer.
Nous poursuivons nos bonnes relations avec la Bulgarie et la Roumanie. La promotion de notre coopération trilatérale, en tant que havre de stabilité dans la région. Il en va de même avec l’Italie et notre premier accord sur la ZEE qui est prêt.

La relation entre la Grèce et Chypre est cruciale. Nous croyons en une Chypre indépendante et souveraine et la soutenons. Une Chypre fédérale sans le poids de la honte d’une troisième puissance qui occupe les territoires de l’île et par extension de l’UE.

Nous soutenons et soutiendrons une solution honnête à la question chypriote, sans pressions extérieures. Une solution qui permettra aux Chypriotes turcs de se sentir comme chez eux sur l’île et aux Chypriotes grecs de se sentir en sécurité. La cause génératrice du problème chypriote est l’occupation illégale de la partie nord de l’île par la Turquie. La présence de 39 000 soldats, un pour chaque famille dans la Chypre occupée.

Nous voulons une solution réelle et globale à la question chypriote. Mais nous ne voulons en aucun cas une solution virtuelle juste pour faire semblant. Nous ne voulons pas non plus devenir prisonniers de l’histoire. C’est pourquoi nous soutenons une solution réelle et concrète. Nous soutenons les pourparlers bicommunautaires. Nous souhaitons en finir avec le statut des forces garantes. Dans une Chypre membre de l’UE,  les soldats étrangers n’ont pas leur place. D’ailleurs, quelle solution est digne de ce  nom si elle impose leur présence continue ?

Lors de mes rencontres avec mes homologues turcs, je leur propose toujours d’œuvrer systématiquement en faveur d’une solution à la question chypriote et cela signifie la fin de l’occupation et des violations des forces garantes.

La Turquie est notre grand voisin à l’est. Un pays avec lequel nous avons de nombreux points communs dans notre culture et histoire récente. Des points forts et des points faibles. Nous devons coexister. Créer des conditions de coopération. La solution de la question chypriote et la fin de toute volonté d’intervention ou de menaces libèrera de nombreuses forces de coopération entre les deux peuples.

En vue de créer un meilleur climat de confiance, nous sommes convenus de promouvoir certaines des mesures de confiance proposées par la Grèce à la Turquie et de préparer les consultations exploratoires. Dans le même temps, des mesures sont prises en vue de développer les relations économiques et culturelles en dépit des nombreuses provocations de la Turquie dans la mer Egée et les violations continues de la Turquie de l’espace aérien et maritime. Nous voulons vivre en paix avec la Turquie sur la base des principes de bon voisinage, du droit international, de la compréhension des peuples, du progrès.

Globalement, notre politique étrangère est une politique démocratique, faite d’énergie positive et d’initiatives.  La politique étrangère grecque est une politique responsable et active. Une politique qui veut unir au lieu de diviser. Qui veut valoriser l’avenir au lieu de se soumettre au passé.

Je suis à la fois heureux et honoré de l’occasion qui m’est offerte de prononcer un discours dans cette université historique. De parler avec les jeunes Iraniens. Nous sommes deux peuples fiers. Deux nations historiques. Nous savons que l’histoire n’est pas une ligne droite sans difficultés. Il y a des hauts et des bas. Quiconque veut grimper tout en haut de la montagne, doit choisir les sentiers appropriés. Rechercher des collaborateurs. Faire preuve de patience et de tolérance. De détermination et de foi en des principes et des valeurs. Créer des liens d’amitié. Jouer le rôle de médiateur entre des parties en désaccord. Etablir des relations de confiance. J’espère qu’aujourd’hui, avec notre manifestation, nous ferons un pas en avant.
Je vous remercie beaucoup"

Novembre 29, 2015