Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Chers invités,
Cette année marque quatre - vingt dix sept- ans depuis le génocide des Grecs pontiques, le deuxième génocide par ordre chronologique du 20e siècle qui a suivi celui des Arméniens. Le génocide des Grecs du Pont constitue l'un des plus tristes moments de l'histoire humaine, puisqu'il entraîné la migration d'une partie de l'Hellénisme qui a dû quitter ses foyers ancestraux et qui a lutté pendant des milliers d'années pour sa survie effectuant un parcours aussi remarquable que celui du reste de l'Hellénisme.
La commémoration du génocide pontique et la vénération de ce passé historique à travers l'anniversaire d'aujourd'hui ne constitue en aucune manière une soumission à l'intolérance et au fanatisme. C'est un témoignage de respect à l'égard des victimes de cet acte abominable et une contribution au parcours vers l'avenir, qui garantira que le genre humain ne revivra plus jamais de telles tragédies.
Les procédés et les moyens qui ont fait 353 000 victimes sont à peine imaginables pour l'esprit humain : viols, pillages des biens, incendies, exils, travail forcé, tortures, famine, pendaisons et massacres massifs.
Les actes de génocide ayant été commis, le risque avéré de la disparition totale des Grecs pontiques a provoqué le déplacement violent des populations chrétiennes pontiques vers la Grèce, l'Union soviétique et ailleurs.
En février 1994, le Parlement hellénique a proclamé à l'unanimité le 19 mai Journée de commémoration du Génocide des Grecs pontiques d'Asie mineure pendant la période 1916 - 1923. Cette reconnaissance, en dépit de ce retard de soixante-dix ans, a rendu justice aux Grecs du Pont et a établit un lien entre l'Hellénisme contemporain et sa mémoire historique.
Personne ne peut contester l'empreinte culturelle profonde et durable des Grecs pontiques qui ne s'est jamais estompée, même après leur déplacement violent au début du siècle précédent. Nous, Grecs pontiques, avec notre conscience nationale, notre riche patrimoine culturel, national et religieux et nos mœurs, avons réussi, au cours du temps, à nous intégrer dans la société hellénique et avons considérablement contribué à la croissance et au progrès de la Grèce au niveau économique, culturel et social.
Par ailleurs, on ne doit pas oublier que les personnalités pontiques éminentes du milieu religieux, scientifique et des affaires ont renforcé la vie économique, spirituelle et religieuse de la Grèce, tout en préservant dans le même temps leurs traditions et leurs mœurs ainsi que la mémoire des patries mémorables du Pont et de la Mer noire.
« Et en portant sur nos épaules, avec la Croix du martyre, les drapeaux pontiques et en emmenant avec nous nos mémoires pleines de drame et de tragédies, de sagas et de musique, nous sommes arrivés en Grèce, mère de tous les Grecs, forts de notre détermination de contribuer à la reconstruction de ses murailles », écrit Leonidas Iasonidis, un véritable représentant de l'âme pontique.
Peut-on faire plus ? Oui, sans aucun doute afin de mieux faire connaître aux jeunes l'odyssée de l'Hellénisme pontique, la façon dont les Grecs du Pont ont pu entretenir vivante la flamme de l'Hellénisme, en l'alimentant à travers leurs luttes, la manière dont ils ont préservé les traditions et les coutumes et leur esprit de sacrifice inné chez les Grecs pontiques.
La tâche difficile de mettre fin à la non reconnaissance de la vérité historique de la part du pays voisin, qui doit sans aucun doute aller de pair avec le pardon, doit être assumée par les sociétés elles-mêmes à travers un débat constructif, afin qu'une telle approche sincère exclue l'éventualité que des actions abominables similaires se répètent où que ce soit dans le monde. Ce débat allant de pair avec la reconnaissance et la suppression du sujet tabou que constitue le génocide pontique, marquera le début d'une nouvelle ère.
En concluant, j'aimerais souligner qu'en dépit du fait que l'humanité à l'époque n' a pas pu éviter ce crime, aujourd'hui, en 2016, alors qu'un environnement défavorable et asphyxiant est en train de se créer, entre autres, pour l'élément chrétien orthodoxe du Moyen-Orient et de l'Afrique, nous devons, plus que jamais, tant pour les victimes du génocide et leurs familles que pour les Grecs pontiques d'aujourd'hui, conserver dans nos mémoires cet incident dans ses dimensions réelles et créer les conditions qui permettront de rendre justice aux Grecs pontiques et d'assurer la coexistence et la coopération pacifiques entre les peuples.
Je vous remercie beaucoup.
Mai 19, 2016