Discours du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, D. Kourkoulas au Forum d’Affaires gréco-algérien (Alger, 5.11.14)

Nous vous communiquons ci-dessous le texte de l’intervention du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Dimitris Kourkoulas au Forum d’Affaires gréco-algérien qui s’est tenu, hier, mercredi 5 novembre à Alger :

« C’est avec grand plaisir que je me trouve parmi vous, aujourd’hui, pour ouvrir avec mon cher collègue algérien les travaux du Forum d’Affaires gréco-algérien, qui s’inscrit dans le cadre de notre volonté politique commune d’élargir et d’approfondir les relations économiques et commerciales, afin que celles-ci soient au même niveau que nos relations politiques.

Comme vous le constatez, je suis accompagné d’une délégation d’entrepreneurs grecs qui représentent les secteurs les plus dynamiques de l’économie grecque et qui ont accumulé une solide expérience en matière de participation aux projets internationaux.

Aujourd’hui, au niveau bilatéral, notre partenariat économique offre de grandes perspectives de développement. Le volume de nos échanges commerciaux s’élève à quelque 700 millions d’euros et la balance commerciale est à peu près équilibrée, ce qui constitue un tremplin pour le renforcement de notre coopération économique.

L’Algérie couvre une grande partie de nos besoins en gaz naturel et représente 15% de nos importations. Depuis 14 ans, DEPA – la société grecque de gaz naturel – est un important client de Sonatrach. Tout au long de ces années, nos partenaires algériens se sont avéré un fournisseur stable et fiable.

J’aimerais être clair : pour la Grèce et les entreprises grecques, l’Algérie est bien plus qu’un marché proche. L’Algérie peut devenir avant tout un partenaire économique stratégique d’envergure pour mon pays. Pour la Grèce, l’Algérie constitue un partenaire prioritaire, compte tenu de son économie dynamique, de sa croissance continue et de la vision ambitieuse qui la caractérise. Je me réfère tout particulièrement au nouveau plan quinquennal 2015-2019 de développement économique, que j’aurai l’occasion d’aborder avec mes interlocuteurs du gouvernement algérien aujourd’hui et demain. Dans ce contexte, une multitude d’opportunités sont offertes aux entreprises grecques dans le secteur de la construction et des travaux publics.

Les sociétés de construction et les bureaux d’études grecs ont un savoir-faire considérable et une large expérience internationale. Depuis plus de 40 ans, ils opèrent dans de nombreux pays tiers et ont réalisé avec succès de grands projets, comme la construction de pipelines sur des grandes distances, d’installations industrielles, de centrales électriques, de réseaux d’irrigation, de ports et terminaux pétroliers, d’usines de dessalement et de systèmes de traitement des déchets, de centres commerciaux ainsi que d’autoroutes, ponts et barrages.

J’aimerais souligner, par ailleurs, que dans le cadre des Jeux Olympiques de 2004, les sociétés grecques de construction et de travaux publics ont réalisé des grands projets d’infrastructures, complexes et ultramodernes, y compris le métro d’Athènes, le nouvel aéroport d’Athènes avec un trafic de 17 millions de passagers par an, des installations sportives et autres infrastructures de haut niveau.

Au cours de ces dernières années, les entreprises grecques de construction et de travaux publics se sont tournées plus résolument vers les marchés extérieurs et sont actuellement en train de réaliser des projets d’envergure comme, à titre d’exemple, le nouveau terminal de l’aéroport d’Amman, en Jordanie, le nouveau terminal pétrolier de Fao, des centrales électriques dans les pays du Golfe et en Afrique du Nord, la construction de ports, hôpitaux, universités, installations sportives et complexes touristiques, ainsi que des programmes massifs de construction de logements.

Un autre secteur présentant un intérêt particulier concerne les matériaux de construction, une branche très importante de l’industrie grecque, avec des produits phares, comme à titre indicatif, l’aluminium et le marbre. Là aussi, les entreprises grecques pourraient contribuer de manière significative à l’approvisionnement en matériaux nécessaires pour la réalisation des objectifs fixés par le plan quinquennal du gouvernement algérien.

De grandes perspectives de coopération encore inexploitées existent également dans d’autres secteurs :

L’agroalimentaire, qui est un secteur significatif de l’industrie grecque, offre des perspectives de coopération pour la fabrication de produits alimentaires de qualité. La Grèce est à l’avant-garde de l’industrie du tourisme mondial. Les professionnels grecs du secteur pourraient contribuer à la réhabilitation des sites touristiques algériens.

La flotte commerciale grecque pourrait jouer un rôle plus actif dans le commerce extérieur de l’Algérie.

L’industrie pharmaceutique, un des fleurons de l’industrie grecque, est en mesure de produire sur place en coopération avec les partenaires des médicaments génériques de haute qualité.

En ce qui concerne la coopération dans le secteur agricole où nos deux pays se spécialisent dans les cultures et produits similaires je vois un intérêt mutuel à coopérer dans les produits phytosanitaires, la recherche agronomique, le stockage et le conditionnement des produits.

Le secteur de la pêche et de l’aquaculture présente également d’importantes perspectives de coopération. La Grèce peut s’associer avec l’Algérie pour mettre en valeur ses ressources halieutiques et créer des ports de pêche modernes. Il y va de même du secteur de l’aquaculture, où la Grèce est l’un des pionniers au niveau mondial.

Le partenariat économique que nous souhaitons vivement développer s’inscrit dans un cadre de coopération élargi fondé sur des conceptions et valeurs communes. L’Algérie et la Grèce partagent les mêmes objectifs et les mêmes défis dans un monde d’aujourd’hui en proie aux menaces asymétriques. Notre mission est de défendre les valeurs universelles que nous partageons. Notre partenariat doit aussi s’inscrire dans une perspective euro-méditerranéenne, avec l’ambition de bâtir un espace de paix, de stabilité et de prospérité de part et d’autre de notre mer commune. La lutte contre les détracteurs de ces valeurs et ceux qui enseignent la haine constitue un objectif commun.

J’aimerais féliciter l’Algérie pour le 60e anniversaire du début de la guerre d’indépendance qui a été célébré il y a quelques jours. La grande épopée de votre indépendance suscite tout autant l’admiration que le respect du peuple grec qui a également consenti à de douloureux sacrifices pour obtenir sa liberté et son indépendance ».

Novembre 6, 2014