Discours du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Yannis Amanatidis lors de la réunion de la Commission permanente Défense nationale et Affaires étrangères

Honorable Président,
Mesdames et Messieurs mes chers collègues,

Nous assistons à la première réunion de la Commission permanente Défense nationale et Affaires étrangères consacrée au vote du projet de loi sur la ratification du Protocole d’Accord (MoU) entre le gouvernement de la République hellénique et le gouvernement d’Australie, sur la règlementation de questions liées aux visas pour la mobilité des jeunes (Work and Holiday Visa).

Ledit Protocole d’Accord est une convention internationale signée le 14 mai 2014 entre la Grèce, représentée par le ministre du Tourisme de l’époque, et l’Australie, représentée par le ministre de l’Immigration et de la Protection des frontières.

Comme chacun sait, conformément à l’article 28, paragraphe 1 de notre Constitution, les conventions internationales font partie intégrante du droit grec interne, après leur ratification par la loi et leur entrée en vigueur.

Depuis 1996, l’Australie a pris l’initiative de proposer à de nombreux pays européens de conclure des accords bilatéraux sur la mobilité des jeunes. L’Australie a signé des accords similaires avec l’Irlande, l’Italie, la Pologne, Chypre, la Belgique, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la France, l’Allemagne, Malte, la Hollande, la Norvège, la Suède et la Turquie.

La communauté grecque d’Australie a manifesté un vif intérêt pour la mise en œuvre de ce programme. Les premières discussions officielles ont débuté en 2011 suite à l’initiative de la communauté grecque de Melbourne et autres organisations. Toutefois, les efforts visant à l’élaboration d’un tel accord ont été déployés depuis une vingtaine d’années. A ce titre, je verse aux procès-verbaux pour votre information, un article publié dans le journal de la communauté grecque « Neos Kosmos » traitant de la ratification imminente de ladite convention.

Venons-en maintenant au contenu de la convention en cours de ratification.

Le présent accord entre la Grèce et l’Australie prévoit que chaque pays octroie chaque année, conformément à sa législation nationale, jusqu’à cinq cents (500) visas à entrées multiples pour la mobilité des jeunes de 18 à 31 ans (Work and Holiday Visas) ou des permis de séjour temporaire pour une période allant jusqu’à douze (12) mois calendaires.

Ce visa ne remplace pas l’octroi d’un visa normal mais constitue une solution de rechange pour tous ceux qui remplissent les conditions nécessaires. De plus les formalités de délivrance sont beaucoup plus brèves et simples. Les demandeurs ne peuvent participer à ce programme qu’une seule fois seulement, mais le visa leur donne la possibilité d’entrer et de sortir autant de fois désirées.
Le principal motif d’entrée et principal objet de l’accord est la visite pour vacances / loisirs. Les personnes entrant sur le territoire ont toutefois la possibilité de travailler, quelle que soit la forme de travail choisie (emploi à plein temps, à temps partiel, emploi saisonnier, bénévolat). La période de travail ne doit toutefois pas s’étendre sur 12 mois puisque l’objectif du programme est de combiner les vacances au travail. Par ailleurs, il est également possible de poursuivre des études pour une durée maximale de quatre (4) mois.

Les conditions préalables à l’intégration du programme Work and Holiday Visa sont les suivantes :

Les candidats doivent avoir entre 18 et 31 ans, ne pas avoir de personnes à charges (ex. des enfants), disposer de ressources suffisantes pour pouvoir subvenir à leurs besoins, de pas souffrir d’une maladie transmissible, être titulaires d’un diplôme postuniversitaire ou bien avoir accompli les deux premières années d’études, avoir un casier judiciaire vierge, avoir obtenu le consentement du ministère compétent de leur Etat d’origine et s’acquitter des frais nécessaires à la délivrance du visa.

La ratification du présent accord permettra au gouvernement grec de réaliser les objectifs ci-dessous et de tirer les bénéfices suivants :

Nous aspirons au renforcement des liens entre la Grèce et l’Australie, un pays dans lequel vivent plus de 375 000 citoyens d’origine grecque et qui représente la 12e plus grande économie au monde.

Nous aspirons à l’ouverture vers l’extérieur des jeunes afin qu’ils puissent connaître les us et coutumes, la culture ainsi que l’environnement éducatif et professionnel de l’autre pays, ce qui permettra de promouvoir et d’améliorer la compréhension mutuelle entre les jeunes des deux pays.

Par ailleurs, l’application du présent accord permet aux jeunes Grecs d’Australie de venir en Grèce pour une plus longue période en vue de renforcer leurs liens avec la mère patrie.

Nous promouvons la mobilité des jeunes des deux pays et offrons des opportunités de travail, associé aux loisirs, ainsi qu’une possibilité de formation.

Enfin, par le biais de ce programme, l’occasion est offerte aux jeunes d’établir des contacts dans l’autre pays et de connaître son environnement du travail et éducatif, pour pouvoir par la suite évaluer personnellement une éventuelle collaboration professionnelle ou éducative ultérieure.

En ce qui concerne les conséquences budgétaires, sur la base du rapport du Bureau de la Comptabilité générale de l’Etat, la ratification de ladite convention ne grève pas le budget de l’Etat et pourrait même contribuer à l’augmentation des recettes de publique grâce au recouvrement des frais de visas des ressortissants australiens.

Les prochaines actions que nous entreprendrons après la ratification dudit accord par le Parlement hellénique sont les suivantes :

La publication dans les plus brefs délais par le ministère des Affaires étrangères et autres ministères co-compétents (Tourisme, santé, etc.) des décisions et des directives qui détermineront et fourniront les détails ainsi que la procédure d’application des dispositions de la convention.

Mesdames et Messieurs, mes chers collègues

Le bilan général de cet accord en cours de ratification, outre les avantages spécifiques mentionnés, est tout à fait positif pour nos intérêts nationaux. Il donne une nouvelle impulsion aux relations Grèce – Australie, notamment s’il est associé à d’autres initiatives comme le programme « The Hellenic Initiative », qui concerne un programme de stages rémunérés de jeunes grecs dans des entreprises australiennes ainsi que le programme « Speak Greek in March » qui est dispensé par les communautés grecques d’Australie et vise à la promotion et à l’encouragement de l’enseignement de la langue grecque.

Décembre 7, 2015