Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
La lecture des déclarations programmatiques constitue plus qu’un pas en avant pour la présentation de la feuille de route de notre gouvernement tant sur le plan global que par domaine de responsabilité.
C’est une occasion de transmettre dans toutes les directions, à l’intérieur mais aussi à l’extérieur des frontières, le message de la consolidation de la stabilité politique et économique dans notre pays après les dernières élections, en donnant le feu vert pour la « relance » de la Grèce dans un environnement mondialisé et compétitif.
Un environnement politique et économique stable qui constitue sans aucun doute la base et la garantie d’une politique extérieure dynamique et ouverte à l’international, produit de consensus politiques internes élargis, qui visera à :
• Renforcer la relation des Grecs de la Diaspora avec la mère patrie
• Renforcer l’image internationale de notre pays et de notre « brand name » national
• Replacer la Grèce sur plusieurs niveaux dans l’environnement international
Et tout cela, ainsi que les réformes que nous mettrons en œuvre très prochainement, constituent la condition nécessaire à la sortie de la crise.
Animés par notre force motrice : le capital dynamique précieux des Grecs de la Diaspora et en poursuivant l’effort immuable de l’Etat portant sur l’interaction des Grecs de l’étranger avec la Grèce, l’heure est venue de laisser tomber dans les oubliettes le Grexit et de nous focaliser sur le Greform (Grèce – réformes), en envoyant un message de volonté de réformes dans le monde entier.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Les Grecs de la Diaspora constituent une importante partie de notre histoire en tant que nation. Ils font partie de notre identité nationale, de nos réussites et de notre image internationale. Leur existence est le fruit d’une longue histoire de migrations. Une voie que la plupart ont empruntée car ils n’avaient d’autre choix. En entrant dans le 21e siècle, nous pensions que ces histoires étaient reléguées au passé. Or, la crise économique de 2008 a contribué à ce que notre peuple, notamment les jeunes, soient privés des emplois et des chances qu’ils méritent.
Dès le début de son mandat, le gouvernement a pris la décision stratégique d’investir le temps et les ressources nécessaires à la reconstruction de l’image de la Grèce au plan international. Je pense, toutefois, que notre stratégie et les énormes efforts qui sont nécessaires pour sa mise en œuvre sauront trouver justification lorsque notre politique donnera les premiers signes tangibles.
Aussi bien le Premier ministre que les ministres compétents ont noué le dialogue avec les Grecs de l’étranger en vue de les encourager, au moyen d’incitations, à prendre plus activement part aux efforts nationaux visant à la création d’investissements. Dans les pays de résidence des Grecs, nous pouvons, grâce à leur action, étendre notre accès au marché local. Forts d’une expérience qu’ils ont acquise dans les deux pays, ils sont des ambassadeurs exceptionnels et des négociateurs hors pair. De cette façon, des réseaux professionnels peuvent se créer et influencer positivement le flux d’investissements étrangers directs vers la Grèce par le biais de l’échange d’informations et de l’activation des mécanismes nécessaires.
Mais les Grecs devront être considérés non seulement comme sources de financement, mais aussi et surtout comme partenaires pour le développement. Une relation plus forte entre le centre national et la communauté grecque de l’étranger est tout aussi utile que nécessaire. L’implication stratégique des Grecs de la Diaspora qui sera basée sur une capacité d’évaluation des besoins à moyen et à long terme, en mettant clairement l’accent sur le transfert d’informations et de compétences, pourrait constituer le point de départ.
Force est de souligner le rôle particulièrement important que pourraient jouer les scientifiques d’origine grecque pour pouvoir sortir de la crise, compte tenu de l’importance de la science et de la technologie dans l’amélioration des conditions de vie et de la croissance économique. La coopération scientifique et la transformation de la fuite des cerveaux (brain drain) en circulation des cerveaux (brain circulation) entre les pays de résidence des Grecs et la Grèce, peut influencer positivement la situation des communautés interétatiques. Ainsi, l’utilisation des compétences des Grecs de l’étranger va dans le sens de la politique de croissance et pourrait éventuellement contribuer à combler l’écart entre l’offre et la demande s’agissant des scientifiques hautement qualifiés.
Nous œuvrons en faveur d’une relation plus étroite, substantielle et mutuelle entre les Grecs de la Diaspora et la Grèce, en essayant d’une part de résoudre les problèmes chroniques et de satisfaire leurs demandes, concernant notamment l’éducation, la fiscalité et les retraites, la voix des Grecs de la Diaspora et d’autre part leur contribution plus dynamique à la cause nationale, à savoir la reconstruction du secteur de la production et le parcours du pays vers la croissance, le développement du tourisme, l’encouragement des investissements ou encore la diplomatie culturelle.
Dans ce contexte, grâce à une intervention législative et en recherchant le consensus politique nécessaire, nous révisons le cadre de fonctionnement du Conseil des Grecs de l’étranger, en axant notamment nos effort sur l’auto-organisation démocratique de l’institution, le renforcement de son image et de son efficacité à l’intérieur et à l’extérieur des frontières.
Le ministère des Affaires étrangères, qui est compétent en la matière, a engagé un débat sur la question du vote des Grecs de l’étranger et j’espère que nous serons très prochainement en mesure de discuter avec les partis également et de présenter des positions en la matière.
Nous mettons en œuvre des programmes d’accueil valorisés, avec des actions ciblées et prévoyons de maintenir le contact avec les participants et d’exploiter scientifiquement les résultats, ce qui manquait dans le passé.
Force est de souligner que dans le domaine de notre politique extérieure pour les Grecs de l’étranger, nous valoriserons et poursuivrons les politiques qui ont été appliquées diachroniquement et de manière consensuelle par la majorité des partis politiques dès lors que celles-ci émanent de la commission permanente du Parlement pour les Grecs de la Diaspora.
La politique des consensus élargis dans ce domaine sera notre principal souci et nous demandons que les autres partis politiques contribuent également dans ce sens.
En ce qui concerne la diplomatie culturelle, qui s’inscrit également dans le cadre de mes compétences, nonobstant les avantages culturels forts de la Grèce, ce domaine est resté jusqu’à présent anémique. La première étape de son développement consistera à nous pencher sur les possibilités qu’elle offre.
• La diplomatie culturelle contribue à jeter les bases de la confiance avec les autres peuples qui peut être exploitée par ceux qui élaborent les politiques afin de réaliser des accords politiques, économiques et militaires.
• Elle permet de nouer des relations avec les nations et les peuples, qui existent au-delà des changements de gouvernements.
• Elle permet d’établir plus facilement des contacts avec des membres éminents de sociétés étrangères par rapport aux voies diplomatiques traditionnelles.
• Elle offre un agenda de coopération positif en dépit des différends politiques, quels qu’ils soient.
• Elle créé une plateforme de communication neutre et d’échange de vues.
• Elle fonctionne comme un moyen flexible et accepté par tous visant au rapprochement avec des pays où les relations diplomatiques sont soient tendues, soient inexistantes.
• Elle est la seule à même d’approcher les jeunes et un public élargie avec des intérêts culturels.
La diplomatie religieuse constitue un autre domaine crucial et particulièrement avantageux pour notre pays. La résurgence de la religion publique sur la scène internationale a de multiples conséquences.
Les entités religieuse contribuent à conférer une nouvelle dimension de confiance et de légalisation et, partant, ont une influence croissante sur le processus diplomatique. Elles sont respectées, souvent comme modèles spirituels mondiaux, et peuvent plus facilement être un guide. Cela leur permet de jouir d’une grande influence sur certains pouvoirs politiques. La religion est une ressource diplomatique revêtant une importance déterminante, en tant que source d’influence majeure. Considérant que les Etats apportent des ressources matérielles, comme le pouvoir, le capital, au processus diplomatique, les entités religieuses apportent des ressources immatérielles, comme le respect, la confiance et la dévotion. Tous deux peuvent œuvrer efficacement au renforcement de la position du pays sur la scène internationale.
Nous œuvrons d’ores et déjà dans ce sens, puisque nous organisons, en tant que ministère des Affaires étrangères, du 18 au 20 octobre à Athènes, la conférence internationale sur le thème « Pluralisme religieux et culturel et coexistence pacifique au Moyen-Orient », ouvrant un vaste débat sur notamment la crise humanitaire que vivent les populations des régions du Moyen-Orient.
Outre le respect au pluralisme religieux, nous croyons fermement en la reconnaissance de la différence culturelle.
Permettez-moi, à ce stade, de dire deux mots sur l’enseignement de la langue grecque qui est dispensé à l’étranger. En 2010, lorsque la crise économique a frappé notre pays, une nouvelle vague migratoire est apparue vers les pays de l’Europe centrale, notamment l’Allemagne où fonctionnent des écoles d’enseignement grec. La nouvelle génération d’immigrés, comprenant également les parents d’élèves, a embrassé ces écoles, entraînant une augmentation de la population des écoles.
La politique éducative doit être associée à une série de mesures permettant d’adapter le personnel enseignant, le contenu des cours et les méthodes d’enseignement aux conditions culturelles et éducatives particulières des jeunes grecs de l’étranger et des immigrés rapatriés.
Nous estimons que les accords interétatiques avec les pays d’accueil contribuent fortement à l’enseignement de la langue grecque aux Grecs de la Diaspora.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Ainsi l’activation de toutes les forces de l’Etat de concert avec une mobilisation des Grecs de la Diaspora constituent la meilleure base possible pour un nouveau départ. Et c’est ce à quoi nous nous employons et nous réussirons.
Je vous remercie.
Octobre 6, 2015