Discours du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères E. Vénizélos lors d’une manifestation organisée en l’honneur des sponsors pour leur contribution à la Présidence hellénique du Conseil de l’UE

Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Evangelos Vénizélos a prononcé l’allocution suivante lors de la manifestation organisée en l’honneur des sponsors pour leur contribution à la Présidence hellénique du Conseil de l’UE:

« Mesdames et Messieurs, la Présidence hellénique, comme nous l’avons souvent dit, est une occasion exceptionnelle pour la Grèce de la crise, la Grèce des sacrifices que le peuple grec a fait et continue de faire, de montrer à l’Europe et au monde entier un autre visage, un visage ordinaire. Le visage d’un pays membre de l’UE égal du point de vue institutionnel qui, conformément aux traités européens, exerce la présidence tournante du Conseil de l’UE pendant ce semestre, pour la cinquième fois depuis son adhésion pleine et entière à la famille européenne, en 1981. Bien entendu, c’est une occasion non seulement pour le gouvernement, non seulement pour l’Etat et ses institutions, mais aussi pour le secteur privé grec, pour l’économie grecque, pour les entreprises grecques. C’est une belle occasion pour l’ensemble de la société grecque et les organisations non gouvernementales.

Souvent on entend la question de savoir comment est-il possible que la Grèce qui négocie durement avec la troïka, la Grèce de la crise, la Grèce qui doit mener à bien le programme d’ajustement – car nous avons le grand exploit de l’excédent primaire – comment est-il possible que la Grèce soit en même temps la Présidence du Conseil de l’UE et parle au nom de tous les Etats membres ?

Mais c’est là toute la substance de l’intégration européenne, lorsque le principe d’égalité des Etats membres est violé ou fait l’objet d’un chantage, c’est tout le noyau de la souveraineté des Etats membres qui est touché. Donc les peuples, les sociétés ne soutiennent pas l’idée de l’intégration européenne. Et cela porte finalement atteinte aux intérêts de tous les pays européens, de tous les citoyens européens.

La présidence que nous organisons est une présidence modeste, avec un budget limité comparé aux standards européens. Les dépenses auxquelles l’Etat est soumis sont faibles, mais non négligeable pour nos standards, à savoir ceux d’un Etat dont le budget est restreint. La question des dépenses nous a fortement préoccupés et nous voulions les limiter autant que possible.

Bien entendu, à nos partenaires qui nous aident et ce, en vue d’assurer notre égalité, nous devons payer certains coûts, des coûts opérationnels aussi faibles que possible.

Je suis heureux de constater que les entreprises grecques, les banques grecques, le secteur privé, dans le cadre de sa prise de conscience, de la cadre des principes de la responsabilité sociale d’entreprise, mais aussi dans le cadre de sa vision entrepreneuriale, selon ce qui caractérise le monde des affaires, a réalisé que la Présidence hellénique est un investissement très important pour l’Etat et l’économie en Grèce.

Ainsi, le secteur privé s’est empressé de nous aider en valorisant le parrainage, véritable institution internationale, établie, fonctionnelle, mutuellement avantageuse pour le sponsor d’une part et celui qui reçoit le parrainage, en l’espèce l’Etat lui-même, dans le cadre d’une activité européenne et internationale très importante, comme la Présidence hellénique.

Ainsi, nous avons pu répondre à des besoins très importants. Nous avons limité les dépenses publiques et avons avancé tous ensemble, secteur privé et secteur public, main dans la main, dans un esprit de partenariat. J’aimerais du fond du cœur remercier nos sponsors, que nous citerons par leur nom, car sans eux nous n’aurions pas pu avoir la capacité, la flexibilité de tenir les calendriers définis et nous n’aurions pas pu montrer à notre famille européenne la mobilisation de toutes les forces de notre pays pendant ce semestre difficile.

Pourquoi le semestre est-il difficile ? Est-il difficile parce que nous avons la Présidence ? Ce serait le moins grave. C’est un semestre difficile parce que c’est celui du tournant définitif vers la sortie de la crise et du mémorandum.

Nous ferons toujours partie des institutions de la discipline et de la surveillance de la zone euro. Cela vaut pour les 18 pays de la zone euro et les 28 pays de l’UE. Mais cela est une chose et avoir un statut spécial en est une autre, un statut qui en réalité remet en question votre égalité dans la zone euro et au sein de l’Union européenne.

Maintenant, nous avons la possibilité de confirmer nos efforts qui sont les efforts du peuple grec.

Sur ces pensées, j’aimerais vous remercier infiniment, remercier les entités, les entreprises que vous représentez car vous avez répondu à cette invitation d’aider à l’organisation de la Présidence grecque en faisant preuve d’une grande sensibilité, et permettez-moi d’ajouter, une sensibilité sociale et nationale. Les premières impressions sont largement positives.

La rencontre du gouvernement grec avec la Commission européenne au Zappeion, un bâtiment historique associé à l’histoire de la renaissance des Jeux Olympiques, a été couronnée de succès le 8 janvier. La cérémonie d’ouverture a donné toute la mesure de la Présidence grecque et les premiers conseils, nos premières rencontres aux commissions et à la plénière du Parlement européen attestent d’une attitude professionnelle et responsable à l’égard de la question.

A l’heure où les choses évoluent, la valeur des parrainages est visible sur tous les plans. Nous avons répondu à des besoins fondamentaux de la meilleure façon qui soit. Et j’aimerais encore une fois vous remercier et souligner que vous et les groupes d’entreprises que vous représentez ont ce sentiment de satisfaction de pouvoir aider de manière tangible et directe et voir les résultats.
Des résultats au niveau de l’image du pays et donc de la crédibilité du pays et cela en dit long sur l’attitude dont font preuve, vis-à-vis de la Grèce, non seulement nos partenaires institutionnels, les Etats et les organisations internationales, mais aussi le secteur privé international.

Le secteur privé international est, comme le secteur privé grec, plus perspicace et doté de meilleurs réflexes. Il comprend le changement qui s’est produit en Grèce et investit dans notre pays. Et quand je dis qu’il investit, je veux parler de l’économie réelle, de la sphère financière, de l’évaluation de nos exploits budgétaires.

Je tiens à exprimer notre reconnaissance, nos remerciements et notre satisfaction et bien entendu vous faire part de notre volonté de poursuivre, à travers l’institution du parrainage et de la responsabilité sociale, cette coopération entre l’Etat et le secteur privé. Entre l’Etat et le marché au sens large du terme, car vous ne représentez pas seulement les directions et les actionnaires des entreprises et des groupes, vous représentez également le grand nombre d’employés de vos entreprises, du système bancaire grec dans d’autres très grandes entreprises du secteur privé. Cela est très important et l’hommage que nous vous rendons ainsi que nos remerciements sont adressés à vous personnellement, à tous ceux qui ont œuvré à la bonne organisation de la Présidence, mais aussi à tout le personnel de vos entreprises, à tous les cadres de vos entreprises et de vos groupes.

Encore une fois, merci infiniment ».

Janvier 28, 2014