D. AVRAMOPOULOS : Bonjour. Le RED, qui signifie Real Estate and Development, dont vous avez parlé tout à l’heure, renvoie à différentes expressions. Il y a ce que l’on appelle le Red Tape, la bureaucratie, qui entrave fortement le développement. Mais cela fait partie du passé. Il y a aussi le Red Carpet (tapis rouge) qui symbolise le traitement réservé désormais aux investisseurs et aux touristes qui décident d’investir en Grèce et de visiter notre pays.
Je suis particulièrement heureux aujourd’hui de m’adresser à cette audience qui s’occupe d’investissements, de la croissance et du facteur le plus puissant pour la croissance économique de la Grèce, à savoir le tourisme. J’évite d’utiliser des termes comme industrie, car je pense qu’il réduit les possibilités du tourisme grec, qui concerne davantage la croissance et la culture.
Aujourd’hui, un nouveau chapitre s’ouvre dans les efforts de la Grèce et de l’Europe en général en vue de mettre fin à la crise et de marcher d’un pas décisif sur la voie de la relance.
Les décisions prises hier par l’Eurogroup répondent à la question la plus cruciale qui revient ces dernières années dans le domaine de l’économie mondiale. Elles répondent de façon décisive et définitive au manque de confiance. L’Europe a décidé hier de rester unie, que ses membres livrent ensemble la bataille qui défendra notre monnaie commune et qui prouvera au monde entier qu’il n’y a pas de maillon faible dans la chaîne lorsque la volonté politique est au rendez-vous.
La Grèce a fait ce qu’elle devait faire. Les énormes sacrifices du peuple grec, les décisions difficiles que nous avons été appelés à prendre, notre détermination sur la voie difficile de la responsabilité ont redonné à notre patrie sa fiabilité. Aujourd’hui, nous avons les moyens et le temps nécessaire pour orienter le jeu en notre faveur. Avec la Grèce, l’Europe gagnera aussi, car jamais personne ne contestera notre volonté et détermination à bâtir de concert notre nouveau pays, l’Europe.
Chers amis, Mesdames et Messieurs,
Nous vivons à une époque où, en raison de la crise, l’élargissement et l’approfondissement de la coopération mondiale ne suscitent pas le même optimisme que dans les années ’90 ou lors de la première décennie du 21e siècle. L’histoire ne s’arrête pas, mais il a semblé que pendant un moment elle haletait.
Le ralentissement des rythmes de croissance, l’apparition de nationalismes « réactifs et suspensifs », le conflit culturel qui divise les continents mais aussi les sociétés, la peur et l’insécurité créées par les changements radicaux, contiennent la vague du changement mondial. Il ne fait aucun doute qu’en tant que génération nous vivons à une période de transition. Le changement est, par la force des choses, porteur de douleur et de réactions. Une chose est en tout cas sure, il ne faut pas oublier qu’un des principaux facteurs qui a alimenté la croissance de l’ère mondiale a été la révolution dans les transports, une révolution qui a rendu notre monde plus petit et certes plus plat. Le voyageur a toujours été celui à ouvrir en premier des voies de communication, de coopération, de compréhension et d’échange commercial entre les nations et les peuples du monde. C’est une vérité historique qui, à notre époque, revêt une importance qui lui est propre.
Le domaine du tourisme, chers amis, comme je l’ai dit tout à l’heure, n’est pas seulement une industrie offrant des avantages multiples pour l’ensemble du tissu de production. Il constitue de tout temps un levier de rapprochement des citoyens du monde et un catalyseur dans la levée des stéréotypes, qui divisent les civilisations et les nations du monde.
Permettez-moi de faire une remarque à ce stade. Malheureusement la notion de tourisme en Grèce a, dès le début, au moment de la création des premières infrastructures, eu une connotation qui n’était pas très positive. Les chiffres qui viennent d’être mentionnés parlent d’eux-mêmes et en cette période cruciale pour l’économie grecque, pour la société grecque, nous comprenons tous que le fer de lance de notre politique de développement ne peut qu’être notre politique pour le tourisme. Vous comprenez tous ce que signifie une contribution de 18% au PIB du pays.
La Grèce a, pour diverses raisons, raté bon nombre de trains qui sont passés à côté d’elle. Les raisons sont bien connues. Après la deuxième guerre mondiale et alors que l’Europe se reconstruisait, la guerre civile a éclaté en Grèce, retardant ainsi la croissance. La nouvelle ère des nouvelles technologies a fait son apparition, nous avons pris du retard à ce niveau également en dépit des efforts déployés par l’initiative privée dans ce domaine, car jamais nous n’avions de stratégie et le pire, au moment où nous devions valoriser les possibilités offertes par l’histoire, nous étions absents.
J’ose espérer que ce que nous vivons aujourd’hui, ainsi que les leçons de l’histoire, nous rendrons plus prudents, plus réfléchis et, plus important encore, confèreront à la Grèce une nouvelle façon de voir les choses que nous nous devons de cultiver, en tant que représentants de l’ordre politique du pays.
Pendant mon parcours à la fois précieux et utile au ministère du développement touristique, j’ai pour la première fois fixé un objectif : le développement de la diplomatie touristique.
Le tourisme contribue, avec la promotion de l’image internationale du pays, au renforcement du prestige de la Grèce. Notamment aujourd’hui, nous en avons grandement besoin. La diplomatie touristique devient ainsi une extension, une branche de la politique étrangère.
A l’époque, au ministère du développement touristique, je disais à mes collaborateurs que notre politique devrait prendre en compte ce facteur, car l’image internationale du pays se traduit en des termes politiques, géopolitiques et diplomatiques. Je voulais donc ouvrir de nouveau la Grèce au monde, en apportant des investissements, du tourisme et de la croissance dans notre pays.
Aujourd’hui, au ministère des Affaires étrangères, nous mettons en œuvre ces mesures et ces politiques nécessaires pour la facilitation des relations touristiques de la Grèce avec des marchés touristiques cruciaux. L’une de nos priorités a été de changer le régime de délivrance des visas d’entrée en Grèce, une mesure très importante pour notre pays.
Pendant la présidence grecque, au premier semestre 2014, l’un des objectifs stratégiques de notre pays sera de mettre sur le tapis la question des visas, en nous efforçant de garantir une exemption pour les pays dont la principale source de revenus est le tourisme.
Nous développons donc la stratégie et le plan pour le développement global de l’image nationale du pays et de son identité dans l’environnement international, une mission qui contribuera de manière décisive à l’extraversion de la Grèce, à la réhabilitation de sa réputation et de son prestige au niveau international, mais aussi à l’existence – pour la première fois – d’un message central pour promouvoir la marque « Grèce » dans le monde. Notre expérience
Notre expérience nous dicte que dans le passé les politiques divisées visant à promouvoir la Grèce n’ont pas produit les résultats escomptés.
Dans l’expérience du voyageur, il n’y pas de nations adverses, il n’y a que la volonté humaine en faveur de la connaissance, de la communication et de nouvelles découvertes. Il suffit de se rappeler que les murs de la guerre froide sont finalement tombés en raison du désir très fort des hommes de mieux connaître leurs voisins, de connaître d’autres peuples et civilisations dans le domaine des technologies, des transports, des communications, en changeant finalement la géographie du monde.
Il suffit donc de prendre conscience que les projets, les investissements, les organisations internationales, les initiatives diplomatiques commencent et se terminent avec la visite d’un pays. La valeur de l’ouverture et d’un monde ouvert commence et se termine avec la force éternelle et les changements révolutionnaires que transporte un voyageur. Ce n’est pas un hasard si l’un des facteurs qui a créé un climat plus positif dans les relations de la Grèce avec la Turquie est que des centaines de milliers de citoyens des deux pays, en brisant les préjugés psychologiques, ont commencé à se rendre visite mutuellement. Cette diplomatie du tourisme était et restera l’un des principaux piliers d’un monde avant tout libre et ouvert.
Notre gouvernement et le Premier ministre lui-même ont défini cette priorité : que notre pays retrouve la voie de la croissance. Tous les ministères productifs, sous la coordination du ministère des Affaires étrangères et du Premier ministre lui-même, coopèrent dans ce sens. J’aimerais à ce stade mettre l’accent sur la contribution de M. Kalafatis et l’esprit d’ouverture qui l’anime. M. Kalafatis est aujourd’hui ici et pour la première fois ces ministères sont motivés par la même volonté de compréhension et de coopération. J’espère que le tourisme deviendra un point de rencontre et de coopération. J’espère que prévaudra l’idée parmi le milieu politique de la Grèce d’une compréhension et d’une unité sociale.
Je vous remercie de votre invitation et je vous souhaite plein succès dans les travaux de cette rencontre.
Novembre 27, 2012