Discours prononcé par le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Kourkoulas auprès de l’Assemblée plénière de l’Union des Comités économiques et sociaux francophones (Athènes, 4 juillet 2013)

Monsieur Le Président,
Mesdames et Messieurs les Délégués,

Je suis très heureux d'être aujourd'hui parmi vous, délégués distingués en provenance de 22 pays d'Europe, d'Asie, d'Amérique et d'Afrique.

Ma présence ici aujourd’hui est justifiée par le fait que les obligations de M. Vénizélos ne lui permettent pas d’être présent. Je vous prie de l’excuser et bien qu'il ait vraiment voulu y assister, son emploi du temps, en tant que vice-Président du Gouvernement et ministre des Affaires étrangères ne le lui a pas permis. Pour cela il m’a demandé de transmettre ses félicitations sincères à l’OKE grec et à vous personnellement, Monsieur le Président, pour votre contribution décisive.

Votre Assemblée Plénière qui se tient pour la première fois en Grèce vous donnera, sans doute, la possibilité d’engager un dialogue approfondi sur la grande question actuelle, à savoir la crise économique et sociale et son impact sur le travail des Comités Economiques et Sociaux (CES).

Les évolutions récentes au niveau social et économique suscitent une problématique très sérieuse concernant le travail des CES par rapport au passé. Les Comités sont aujourd'hui plus que jamais obligés d'être à l’écoute de la société, d'étudier la nouvelle réalité et de présenter des propositions législatives bien argumentées sur le modèle de développement à suivre au profit de la société et des peuples.

Du point de vue de l' Union Européenne et de la contribution des CES à sa construction institutionnelle, les cinq dernières décennies ont montré que le dialogue social était déterminant pour le développement du modèle social européen, offrant aux groupes d'intérêt européens l’opportunité de donner un avis formel sur les propositions législatives de la Commission Européenne.

La crise actuelle qui a commencé comme une crise économique et surtout financière et qui est très vite devenu une crise sociale impose un nouveau défi pour les CES, à savoir s’adapter aux nouvelles contraintes et prendre en considération de nouveaux facteurs qui préconisent la voie de la relance européenne. Une voie de relance qui est semée de mesures indissociables de modernisation économique, d'amélioration environnementale et d'investissement social. La participation de la société à cette lutte contre la crise reste pour la Grèce, mais aussi pour les autres pays de l'UE, un vecteur important, une grande partie de la construction commune de notre continent.

Mais pas seulement de notre continent européen. L' Union des Conseils Economiques et Sociaux membres de la Francophonie inaugurée en 2004, et regroupant, sous l'égide de l'Organisation Internationale de la Francophonie, les institutions ayant des compétences similaires des pays francophones, vise à créer un espace d'échange d'expériences entre professionnels exerçant une activité dans le même domaine.

Les problèmes créés par la crise sont d'origine commune pour tous les pays, qu’ils soient européens ou non. A l'époque de la mondialisation, ce ne sont pas seulement les problèmes qui sont communs, mais aussi les solutions qui sont elles aussi très probablement communes.

Le rôle donc de plus en plus accru de la société civile dans la prise de décisions publiques est un élément tout à fait fondamental du monde actuel. Forts de l'expérience de cette réalité, les Comités Economiques et Sociaux représentent des institutions essentielles du débat participatif qui permettent à l'Etat de prendre des décisions sur une connaissance approfondie des attentes des citoyens. C'était d'ailleurs la conscience commune de ce rapport repensé de l'individu au collectif et au pouvoir qui a été à l'origine de la création de votre Union des Comités (UCESIF).

Mesdames et Messieurs Les Délégués,

Mon pays, la Grèce, assumera la responsabilité de la Présidence de l'Union Européenne au premier semestre de l'année 2014. Nous concevons très bien les défis et les enjeux de notre mission comme pays présidant le travail des institutions européennes. Mais pour nous, la contribution de la société à la création d'un monde nouveau est essentielle. Et pour cela, nous attribuons une grande importance à l'avis structurel et complet des Comités Economiques et Sociaux. Il est donc important que les CES créent un produit consultatif de haute qualité pour les Gouvernements et l'Union Européenne à la hauteur des besoins actuels de la société nationale et internationale.

La Francophonie constitue d'ailleurs un facteur très décisif pour votre travail. La grande tradition de la langue française joue un rôle important, en créant une grille de compréhension supplémentaire parmi des pays et des peuples et construit un cadre d'actions communes, caractérisées par une application rapide et efficace dans les pays s’inspirant des mêmes principes et du même système d'éducation. Vous savez bien que la Francophonie n'est pas seulement l'utilisation de la même langue, mais l'idée sous-jacente d'appartenance à un monde spécifique qui a beaucoup participé aux affaires sociales et qui a beaucoup à offrir à l’avenir.

Dans ce cadre de coopération inspirée par les principes de communauté et de solidarité, la Grèce, en qualité de pays présidant l'Union Européenne, est déterminée à attribuer un rôle significatif à la voix de la société.

Votre rôle est très important - donc, votre avis compte beaucoup.

Monsieur Le Président de l ‘OKE Grec, M. Polyzogopoulos

Je voudrais d'ailleurs de vous féliciter pour l’organisation de cet événement, ainsi que pour l’œuvre effectuée par le CES grec (ΟΚΕ). Je suis persuadé que, pendant la Présidence Grecque de l’Union des Comités économiques et sociaux de la francophonie, sous votre direction, le dialogue social et la contribution des CES aux Etats et à la Commission Européenne au niveau législatif seront constructifs et décisifs pour le développement de la société et des peuples.

Mesdames et Messieurs les Délégués,

Je voudrais, en terminant mon allocution, vous féliciter pour votre participation à l'Assemblée Plénière, vous souhaiter une bonne conclusion de vos travaux et vous proposer de profiter de votre présence ici en faisant plus ample connaissance avec la ville d' Athènes.

Je vous remercie beaucoup.

Juillet 4, 2013