Nous vous communiquons ci-dessous la discussion tenue entre le Président de la République, M. K. Papoulias et le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, E. Vénizélos avant leur rencontre d’aujourd’hui au Palais présidentiel:
PRESIDENT : Comment allez-vous monsieur le Président ? Vous apportez beaucoup de nouvelles…
E. VENIZELOS : En ma qualité de ministre des Affaires étrangères, Monsieur le Président, je vous informerai sur la visite que nous avons effectuée avec le Premier ministre à Nicosie et, bien évidemment, sur la rencontre tripartite au Caire. Pour ma part, il s’agit de ma quatrième visite au Caire dans une période de quatorze mois et la rencontre que nous avons tenue a été très importante. Elle s’intègre dans le cadre général de la politique systématique que nous appliquons ces derniers 18 mois en vue de la délimitation des zones maritimes non seulement avec l’Egypte mais aussi avec l’Italie et l’Albanie. Il existe une question en suspens avec la Libye et, bien évidemment, les contacts exploratoires avec la Turquie. Tout cela s’intègre dans le cadre d’une politique unique visant à défendre et à valoriser les droits souverains et les droits d’exploitation des ressources minières. Et cela revêt une importance majeure.
PRESIDENT : Sur la base du droit de la mer.
E. VENIZELOS : Toujours sur la base du droit de la mer et l’acquis important, si vous voulez, de la Conférence tripartite est l’invitation que nous avons adressée à tous les pays de la région afin que ces derniers acceptent la Convention de l’ONU sur le droit de la mer et agissent en fonction de celle-ci.
PRESIDENT : A l’exception de la Turquie…
Ε.VENIZELOS : Le problème essentiel réside dans le fait que la Turquie n’a pas signé la Convention mais elle accepte d’ores et déjà la validité du droit coutumier international de la mer et cela est très important.
En ma qualité de vice-Premier ministre, je voudrais vous briefer sur notre plan de sortie du mémorandum et de la Troïka ainsi que sur la transition vers une nouvelle époque où le pays sera mieux protégé contre les mouvements spéculatifs du marché.
Il s’agit d’un plan global qui sera présenté au peuple grec lequel a consenti de très grands sacrifices.
Toutefois, force est de signaler que nous aussi avons consenti un très grand sacrifice politique en tant que milieu politique et nous avons vu notre poids électoral se réduire considérablement dans l’intérêt public. Par conséquent, le peuple grec sera également appelé à évaluer d’une part une négociation globale et d’autre part les différentes ambiguïtés et incertitudes.
Et en ma qualité de Président du Pasok, j’aimerais exprimer ma grande satisfaction car les chefs de presque tous les partis se sont entretenus avec vous. Cela atteste de l’importance de l’institution du Président de la République, outre, bien entendu, votre prestige personnel. Cela signifie qu’il faut parvenir à un consensus au sujet du Président de la République. Nous devons faire preuve de sérieux à l’égard des institutions. Il est très important qu’il existe des conditions minimales de consensus et de coopération au niveau des questions nationales et du fonctionnement de la démocratie.
Novembre 10, 2014