Entretien de N. Xydakis, ministre délégué aux Affaires étrangères, avec M. Roth, Secrétaire d’Etat allemand aux Affaires européennes

A l’issue de sa rencontre avec M. Michael Roth, Secrétaire d’Etat allemand aux Affaires européennes, M. Nikos Xydakis, ministre délégué aux Affaires étrangères, s’est dit préoccupé du fait que « le discours des démagogues de l’extrême droite qui font des promesses faciles, est malheureusement à ce jour plus politique que celui des hommes politiques démocrates » et il a souligné la nécessité d’un discours politique plus substantiel qui se traduirait dans des actes, dans l’espoir que cela serait le premier point de convergence et de réouverture d’un dialogue politique à Bratislava.

« Je suis tout à fait d’accord avec M. Nikos Xydakis. Le plus grand défi pour nous est la lutte contre le nationalisme et le populisme » a répondu M. Michael Roth. « Je pense q ue les pays comme la Grèce, l’Allemagne ou la France ne peuvent pas régler seuls les problèmes modernes d’envergure internationale. C’est pourquoi nous devons être unis. Les nationalistes et les populistes ne constituent pas seulement un défi pour les pays de la Méditerranée. Ils constituent aussi un défi énorme pour l’Allemagne et pour nombreux autres pays. Et, à cet égard, nous avons besoin d’une réponse claire et je me réjouis que mon collègue partage cet avis », a signalé le Secrétaire d’Etat allemand.

La rencontre d’aujourd’hui entre MM. Nikos Xydakis et Michael Roth, lequel effectue une visite de travail en Grèce, s’est déroulée dans un climat particulièrement amical au ministère des Affaires étrangères, un peu avant le départ de N. Xydakis pour Bratislava où il accompagnera le Premier ministre à l’occasion de la réunion au sommet informelle.

Lors de la rencontre, les deux parties sont convenues de la nécessité de préserver l’unité de l’Europe, une unité qui ne peut qu’être axée sur les notions de la cohésion et de la solidarité. S’agissant de la réunion au sommet informelle à Bratislava, M. Xydakis a exprimé la conviction que celle-ci pourrait être le point de départ d’un débat plus politique qui apporterait des résultats tangibles d’ici au mois de mars 2017, lors de la réunion de Rome célébrant le 60ème anniversaire depuis la signature des Traités.

« Nous nous sommes accordés, beaucoup plus que d’autres fois, au fur et à mesure que notre relation se développe, sur le fait que la Grèce et l’Allemagne, ont de nombreux points de rapprochement et de convergence. Dans les domaines où nos vues sont différentes, il est possible d’engager un dialogue constructif et intense et d’avoir davantage de convergence. S’agissant de nos grandes politiques sur l’Europe, je dirais que nos opinions convergent. Nous devons rester unis et solidaires, tout en veillant à la consolidation et à l’approfondissement de la démocratie et de l’Etat social. Nous reconnaissons de concert la nécessité de rendre de nouveau l’Europe attrayante, en tant que vision, pour ses citoyens », a déclaré le ministre délégué aux Affaires étrangères.

M. Roth a souligné à son tour la nécessité de parvenir à des résultats tangibles qui répondraient aux préoccupations des citoyens européens, comme la lutte contre le chômage des jeunes, l’amélioration de l’économie et la promotion d’une politique de défense commune.

MM. Roth et Xydakis se sont accordés sur le fait que la Méditerranée revêtait une importance géopolitique pour l’Union européenne, toute en signalant la nécessité d’avoir une politique européenne commune pour lutter contre les causes réelles de la question des réfugiés.

« Nous sommes tout à fait d’accord sur la nécessité d’envoyer un message d’unité, de convergence et de solidarité aux citoyens de l’UE. De rendre clair que les hommes politiques de l’Europe sont conscients de la nécessité d’apporter des résultats tangibles. Nous devons axer tous nos efforts sur la lutte contre le taux très élevé du chômage, sur l’immigration et les réfugiés et à l’égard de toutes ces questions la Grèce et l’Allemagne sont des partenaires qui coopèrent étroitement. Et on doit renforcer les capacités de l’UE dans les domaines de la politique étrangère et de la politique de sécurité et défense. Bratislava n’est pas une invitation pour entrer en conflit mais pour rester unis », a indiqué M. Michael Roth.

Il y a également eu une convergence de vues sur la nécessité de renforcer les institutions européennes. En concluant leur réunion, les deux hauts fonctionnaires ont réitéré leur engagement commun en faveur du maintien de l’unité au sein de l’Europe, dans l’intérêt de l’ensemble de ses Etats membres.

Septembre 16, 2016