Entretiens du ministre délégué aux Affaires étrangères, N. Xydakis à Rome ( Rome, 10 mars 2016)

Nikos Xydakis, ministre délégué aux Affaires étrangères, et son homologue italien, le Secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé des affaires européennes, M.  Sandro Gozi, ont constaté lors de leur rencontre à Rome :  «  Les citoyens sont sceptiques à l'égard de l'Union européenne. Ils n'en sont pas responsables eux-mêmes mais les politiques exercées par l'Union. C'est pourquoi nous devons faire des efforts en vue de changer cette situation » .

Lors de la rencontre qui s'est tenue dans le cadre de la visite de M. Xydakis  en Italie, le ministre délégué aux Affaires étrangères a briefé, entre autres, son homologue, sur l'évaluation et les évolutions relatives aux réformes grecques. En outre, les deux hommes ont discuté de la situation actuelle relative à la question des réfugiés et des négociations entre l'Union européenne et la Turquie. Les deux ministres ont salué la prise de position du Premier ministre Italien,  M. Matteo Renzi lequel a déclaré que les pays européens qui n'étaient pas disposés à partager les responsabilités, ne devraient pas jouir des privilèges émanant de leur participation à l'Union européenne.

La discussion a également porté sur la nécessité de la mise en place d'un système européen d'asile, de l'application par tous les Etats membres sans exception du programme de réinstallation , ainsi que de la sauvegarde des droits souverains des Etats membres en vue de créer un corps européen de gardes-côtes et de gardes-frontières dont la mise en place est soutenue par les deux pays.

M. Xydakis a signalé le rôle clé que la Turquie pourrait jouer dans le règlement de la crise des réfugiés. Une référence a été également faite à l'équilibre géopolitique fragile et instable au Moyen-Orient et en Méditerranée tout en mettant l'accent sur la nécessité de stabiliser la situation et d'instaurer la paix en Syrie et en Libye.

«  Athènes et Rome peuvent devenir de nouveau les piliers de la civilisation européenne et des idées » , a signalé M.  Gozi qui a briefé M. Xydakis sur  les initiatives que le gouvernement italien a l'intention de prendre en vue du 60e  anniversaire depuis le traité de Rome qui a institué l'Union européenne.

Dans ce même esprit de coopération s'est par la suite déroulée la rencontre du ministre délégué aux Affaires étrangères avec le ministre délégué aux Affaires intérieures, M.  Filippo Bubbico. Les deux interlocuteurs sont convenus que la Grèce et l'Italie ne pouvaient pas assumer toutes seules toute la charge de la crise des réfugiés et que le soutien des partenaires européens devrait être considéré comme évident. En outre, ils ont de concert exprimé l'espoir que les deux pays en tant qu'organismes de politique et porteurs d'idées prennent des initiatives au sein de l'Union allant dans une nouvelle direction politique.

Les rencontres prévues de M. Xydakis à Rome se sont achevées dans l'après-midi par sa rencontre avec le Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères chargé des pays de l'Europe et de la Turquie, M. Vincenzo Amendola. Lors de la  discussion qui s'est déroulée dans un climat particulièrement amical, a été confirmée la position commune des deux parties à l'égard des questions portant tant sur la crise des réfugiés que sur la politique plus élargie et la situation économique en Europe. Ils ont par ailleurs signalé la nécessité pour la Grèce et l'Italie de conjuguer leurs forces en vue de mettre en valeur les problèmes et d'élaborer les meilleures solutions. Les deux hommes sont convenus que la politique ne devrait pas être une politique de chiffres mais qu' une nouvelle approche était nécessaire axée sur les besoins du milieu de travail, la croissance et la créativité.

M. Amendola a affirmé au ministre délégué aux Affaires étrangères que l'Italie comprenait tout à fait les difficultés auxquelles était confrontée la Grèce pour ce qui est de la gestion des flux migratoires en signalant que son pays s'était trouvé dans la même place que la Grèce il y a deux ans. Il a à cet égard indiqué qu’il y avait du retard dans la fourniture de l’aide apportée par l'Union européenne.

Les rencontres du ministre délégué aux Affaires étrangères en charge des affaires européennes, ont marqué la fin de sa tournée dont l'objectif était de présenter à ses partenaires européens les positions grecques à l'égard des questions d'intérêt européen ainsi que de la crise des réfugiés.

Mars 10, 2016