Résultat de l’Eurogroupe du 21 novembre et budget communautaire
• Fort de mon expérience, je dois souligner que la Grèce et l’Europe sont en terrain inconnu. Non seulement aujourd’hui, ces jours-ci, mais à partir du moment où la crise a éclaté. Je rappelle que tous ces accords conclus dans le cadre de l’Eurogroupe, le prêt, n’étaient pas prévus dans le Traité de l’Union européenne et de l’avis général l’Union européenne n’était pas préparée à faire face à ce genre de crises. Nous sommes dans un nouvel environnement où il y a toujours des difficultés et des retards dans les prises de décision de la part de l’Union européenne. Nous avons également enregistré des retards et nous avons aussi notre part de responsabilité. Je pense et j’espère que ce désaccord entre le Fonds monétaire international et l’Union européenne sera résolu très vite, lundi, je l’espère. Quoi qu’il en soit, cette crise nous permet de tirer une grande leçon politique et morale. Elle permet de confirmer, même pour les plus incrédules, qu’en dépit des difficultés, des terribles sacrifices, des humiliations, la voie choisie par le gouvernement et les trois partis, est la seule voie correcte. Supposons que la semaine prochaine on soit dans un esprit de refus définitif. Nous devrons faire encore plus de sacrifices, car ces mesures sont prises non parce qu’on nous le demande, mais dans le but d’équilibrer notre budget, grâce à l’Union européenne, au prêt et aux liquidités qui nous serons accordées. Imaginez dans quel état nous serions si nous devions faire tout cela sans bénéficier d’aucune aide.
• Le Conseil européen qui se réunit demain est consacré au cadre budgétaire pluriannuel, à savoir le budget de l’Union européenne pour la période 2014 – 2020. Il s’agit d’une négociation très importante, notamment pour notre pays, pour savoir quelles sommes seront débloquées pour la Politique agricole commune, la politique de cohésion. Cette négociation revêt également une importance politique car elle montre quelles sont les priorités politiques de l’Union européenne pour les sept prochaines années. Cette réunion au sommet a coïncidé avec l’Eurogroupe d’hier et de lundi. Je suis sûr, même si cela n’est pas inscrit à l’ordre du jour, que le Premier ministre vient aussi pour cela cet après-midi et il aura l’occasion de s’entretenir avec ses homologues en marge du Conseil européen.
• J’espère, M. Hiotis, que nous terminerons rapidement et comme vous l’avez également dit, cette fois-ci nous avons fait tout le nécessaire de notre côté. Comme l’ont déclaré le Premier ministre et M. Venizelos. Nous voulons de suite tourner la page et avancer en prenant des actions précises afin que nous puissions limiter la récession. Je ne peux encore parler de croissance ou de rythmes de croissance positifs, mais nous devons au moins limiter la récession. Si nous parvenons l’année prochaine à éviter les 4,2% prévus et à avoir des rythmes plus positifs, cela constituera un véritable tournant pour maintenir un cap positif. Pour ce, des actions précises sont nécessaires. Des voyages du Premier ministre et autres personnalités ont été planifiés afin que nous puissions attirer des investissements et contribuer à promouvoir nos exportations et notre tourisme, mais le dénominateur commun de toute réussite est la paix sociale en Grèce et l’entente entre les partenaires sociaux.
• Le point de départ, en ce qui concerne le cadre budgétaire actuel – dont vous avez pu suivre les négociations – est beaucoup plus défavorable, non seulement pour la Grèce, mais aussi pour tous les pays. La tendance est à la réduction de tous les budgets, ce qui est très défavorable pour la Grèce qui a vu son PIB diminuer de façon dramatique au cours de ces deux dernières années, cela n’étant pas pleinement pris en compte dans les statistiques. Nous nous battons pour ne pas subir une trop grande diminution des fonds qui nous seront accordés pour la période 2014 - 2020.
Rencontre entre M. Nimetz et les experts chargés des négociations pour la Grèce et l’ARYM
• La question de l’élargissement de l’Union européenne aux Balkans occidentaux et aux autres pays candidats sera abordée lors du sommet de décembre. Cela ne concerne pas les propositions éventuelles de M. Nimetz, à savoir comment avance la perspective européenne de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine. Là, les positions de la Grèce sont claires, elles ont été formulées à plusieurs reprises et cela ne sera pas abordé lors de ce sommet.
• Nous avons soumis des propositions bien précises, dans la lettre de M. Avramopoulos et le mémorandum envoyé à nos voisins. Nous avons reçu une réponse qui ne répond pas au fond de la question ; nous souhaitons la résolution de la question du nom et c’est dans ce sens que nous agissons. Nous attendons néanmoins que nos voisins en fassent de même, ce qui n’est pas le cas jusqu’à présent.
Novembre 23, 2012