[Sur les relations gréco-turques:]
· Lorsque deux pays ont un passé lourd, il n’est pas facile de bâtir cette relation de confiance qui est nécessaire afin de pouvoir parler ouvertement et clairement sur des questions qui tourmentent nos relations depuis longtemps. C'est ce que nous essayons de faire. Mais cela prend du temps, cela implique de consentir des efforts et cet effort – il ne faut pas l’oublier – est déployé de manière soutenue par le gouvernement actuel, depuis plus d'un an maintenant.
· La procédure des contacts exploratoires ne peut être un processus ouvert en terme de temps; un délai est nécessaire et si nous voyons que nous ne pouvons aboutir à quelque chose, la Grèce propose de saisir la justice internationale, à savoir la Cour internationale de la Haye.
· Et pour la République de Chypre et la Grèce, nous aurions aimé avoir une solution dès demain. Le cadre de cette solution est clair pour nous et pour la communauté internationale tout entière. Il est fondé sur les résolutions de l’Organisation des Nations Unies, sur le respect dudit acquis européen car il ne faut pas oublier que la République de Chypre est un Etat membre de l’Union européenne.
· Ces dernières années, la Turquie reçoit de la part de l’Union européenne des messages confus ; le message clair que nous avions transmis à la Turquie est que si elle réalisait toutes les réformes nécessaires et honorait ses obligations vis-à-vis de l’Union européenne et de tous les Etats membres, elle pouvait devenir un Etat membre à part entière de l’Union européenne. Ce message clair transmis par l’Union européenne est malheureusement devenu quelque peu « gris » ces derniers temps… Il y a certaines puissances en Turquie qui ne souhaitent pas voir ce genre de réformes, qui ne souhaitent pas un règlement de la question chypriote et essayent d’entraver ce processus.
[Sur la question relative à l’exercice de la politique étrangère dans la conjoncture économique actuelle :]
· Regardez les résultats de la dernière année pour ce qui est de l’exercice de la politique étrangère de la Grèce. Prenons par exemple les relations gréco-turques, le fait que le Premier ministre grec se rende en Turquie et qu’il s’adresse à cette audience avec confiance en disant les choses par leur nom en dit long. Regardez aussi les activités de la Grèce dans notre voisinage direct, les Balkans. La Grèce a de nouveau pris l’initiative de promouvoir la perspective européenne des pays des Balkans, une perspective européenne qui – si vous me permettez l’expression – s’était « endormie » ces dernières années. La Grèce a pris l’initiative et a doté ce processus d’une dynamique. Au Moyen-Orient encore la Grèce est présente.
[Sur le discours du Premier ministre à Erzeroum :]
· Les questions nationales sont pour moi des questions sacrées, graves qui ne doivent pas donner lieu à des attitudes populistes, ni ne doivent satisfaire à des besoins médiatiques ou encore être le fruit de tactiques employées par les petits partis, etc. En voyant les réactions des partis, je dois dire ici que le peuple grec s'accorde sur le fait que le Premier ministre grec a défendu avec confiance et fierté les positions grecques, les intérêts de la Grèce en Turquie, qui plus est devant cette audience difficile.
[Sur l’immigration clandestine et le projet de mur sur un tronçon de la frontière gréco-turque:]
· La question de l’immigration clandestine était l’un des principaux sujets. Nous sommes convenus, avec la Turquie, d’une coopération étroite car cette question ne concerne pas seulement la Grèce. Malheureusement la Grèce doit assumer le plus gros poids, les plus lourdes conséquences de ce phénomène. Et comme les flux migratoires proviennent de la Turquie, une coopération étroite avec la Turquie est nécessaire dans ce domaine.
· Nous avons bien entendu expliqué que cette mesure n’était pas au détriment de la Turquie et du peuple turc. Elle porte sur l'effort consenti visant à protéger les frontières grecques de l’immigration clandestine. La Turquie et le Premier ministre turc ont bien compris que ce pays avait tout intérêt à coopérer étroitement avec la Grèce. La Turquie souhaite l’abolition du régime des visas pour ses ressortissants voyageant dans les pays de l’UE. Ici, l’UE a une attitude de réserve. Je le dis en toute franchise pour être clair, la Grèce ne voit aucun inconvénient à l’abolition du régime des visas vis-à-vis de la Turquie car comme nous l’avons vu cet été par exemple, le secteur touristique peut être une importante source de profit. Abolition du régime des visas ne veut pas dire que l’on ne peut pas exercer le contrôle nécessaire à ses frontières, mais que l’on facilite l’accès aux touristes turcs. La Turquie souhaite l’abolition du régime des visas pour les ressortissants turcs voyageant dans les pays de l’Union européenne. Ici, notre argument est qu’il est dans l’intérêt de la Turquie que nous puissions contrôler de manière plus efficace ce flux d'immigrés clandestins en provenance de la Turquie car si nous ne pouvons pas exercer ce contrôle, cet argument ne pourra plus être avancé.
Janvier 10, 2011