Extraits du discours du Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, D. Kourkoulas lors d'une conférence coorganisée par l'Instituto Affari Internazionali et ELIAMEP (Electra Palace Hotel, 9 avril 2014)

Veuillez trouver ci-dessous des extraits du discours prononcé par Dimitris Kourkoulas, Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères sur le thème "Les politiques énergétiques et environnementales européennes après la crise" lors d'une manifestation coorganisée par la Fondation hellénique pour la politique européenne (ELIAMEP) et étrangère et l'Instituto Affari Interna le mercredi 9 avril.

•    A l'heure où nous livrons notre combat pour faire face aux conséquences dramatiques de la crise la plus grave et à niveaux multiples qui n’ait jamais affecté notre continent ces dernières décennies, nous ne devons pas négliger notre planification de la journée du lendemain.

•    L'Europe est en train de sortir peu à peu de la crise. Cela est une réalité et il est inévitable. La question est de savoir qu'est-ce qu'il va se passer après.

•   Afin que l'économie européenne soit viable il convient d'élaborer et d'appliquer un projet de développement, tant pour la présente génération que pour les générations futures.

•    Un projet de ce genre doit avoir par définition comme points de référence tant les avantages que les désavantages. Les domaines où l'UE est leader au niveau mondial, tels que la législation environnementale et les sources d'énergie renouvelables ainsi que les domaines où elle est à la traîne telles que les sources d'énergie conventionnelles et les marchés d'énergie.

•    Dans le même temps, nous avons encore une évolution importante. La crise et la montée de l'euroscepticisme ont généré la nécessité impérieuse de reformuler le modèle de développement européen. Je parle, bien évidemment, du nouveau modèle qui sera crédible et donnera des réponses réalistes aux citoyens de l'UE et notamment aux jeunes. Le message doit être clair: L'UE ne s'identifie pas avec les politiques d'austérité et du chômage. L'UE doit être redéfinie en tant que nouveau champ dynamique de création, d'innovation, de compétitivité et avec un degré accru de légalisation démocratique.

•    En réponse à ces données, la Présidence hellénique a fixé comme première priorité la croissance économique. 

•    La politique industrielle compétitive va de pair avec une politique énergétique crédible. Toutes les politiques industrielles dépendent de deux facteurs principaux. Le premier facteur est le coût économique, les taux d'intérêt, les conditions de crédit, la liquidité, l'accès au système bancaire. Le deuxième facteur est le coût de l'énergie.

•    Les économies du sud sont confrontées à des déséquilibres structurelles à travers l'économie de l'UE, avec des coûts économiques et énergétiques plus élevés, qui à leur tour exercent une pression insupportable sur les industries et notamment sur les centrales de petite taille.

•    J'aimerais à ce point souligner que la politique énergétique joue un rôle important pour la marine marchande qui est probablement le secteur le plus internationalisé de l'économie grecque, la participation du PIB équivalant à celle du tourisme.

•    Comme il est bien connu, l'une des quatre priorités de la Présidence hellénique est la politique maritime.  Une politique qui comprend la croissance bleue, les questions de pêche, les sources d'énergie renouvelables ainsi que des questions liées à l'application du droit international de la mer, la ZEE de la Méditerranée et d'autres questions relatives à la protection de l'environnement.

•   Pour ce qui est de la question d'exploitation des ressources minérales, la Grèce et l'Italie disposent d'un acquis important, l'Accord bilatéral gréco-italien de 1977 sur l'orientation du plateau continental. Un accord que nous envisageons d'étendre
aux zones maritimes, y compris la ZEE.

•    La planification du gouvernement grec prévoit que dans le futur notre pays fonctionnera en tant que terminal de transport de gaz naturel et dans une moindre mesure en tant que terminal de transport de pétrole. La Grèce est très satisfaite du choix du gazoduc TAP qui acheminera le gaz azéri via la Grèce, l'Albanie et l'Italie vers l'Europe centrale. Le choix du TAP fait rapprocher l'Azerbaïdjan de l'Europe, tout en permettant à un grand nombre de pays d'être connectés au gazoduc, soit à travers des gazoducs d'interconnexion, soit à travers des gazoducs à plus grande échelle, tels que ledit couloir central. Ce dernier projet a été tout récemment débattu à Budapest, au cours de la réunion des quatre pays du Groupe Visegrád avec les trois Etats membres balkaniques de l'UE. Le terminal GNL à Revithoussa et le terminal qui sera construit dans la région de la Grèce du nord constituent également d'importants avantages du point de vue des infrastructures.

•    Vu les besoins générés par la nouvelle politique industrielle et la nécessité de nous protéger face à des crises tels que celle de l'Ukraine, notre objectif primordial est l'augmentation de l'efficacité énergétique de l'économie européenne.

•    Aujourd'hui, la politique énergétique de l'UE s'articule autour de deux axes: Premièrement, la diversification du bouquet énergétique ainsi que des réseaux de transport, tout en prenant en considération les évolutions sur le marché américain relatives aux nouvelles technologies de carburants de schiste. Deuxièmement, la nécessité de la pleine application des règles de la compétitivité. Cela contribuera à l'atteinte de l'objectif de la diversification équilibrée qui constitue notre objectif stratégique.

•   Aujourd'hui, nous sommes confrontés au paradoxe suivant: nous avons un marché de produits et de services commun ainsi qu'un marché d'énergie commun mais une tarification différente des produits énergétiques pour chaque Etat membre. Il faut y avoir une négociation commune des prix du gaz naturel afin qu'il n'y ait pas de grandes différences de prix entre les Etats membres. En raison de ces différences de prix sur le marché de gaz naturel, la diversification de la compétitivité est renforcée entre les Etats membres. Il est, bien évidemment, tout à fait différent pour un petit pays de négocier à titre individuel avec les fournisseurs de gaz naturel et pour une économie telle que l'UE qui négocie collectivement. Il est temps d'essayer de résoudre ce problème majeur des différences de prix du gaz naturel de manière décisive et sérieuse.

•    Nous sommes très satisfaits des résultats du Conseil européen du 21 et 22 mars 2014. Pour nous, il est très important le fait que pour la première fois après une très longue période, le Conseil européen s'est concentré sur la compétitivité industrielle en tant que force motrice de la croissance économique et de la création d'emplois. C'était un premier pas dans le cadre convenu de la période 2020 et 2030. Lors du Conseil, nous avons souligné l'importance du rapport entre la stratégie "Europe 2020", la compétitivité industrielle et la politique énergétique et climatique. Ces évolutions vont de pair avec le parachèvement de l'intégration bancaire dans le cadre du Mécanisme de résolution unique, tout en mettant en place une Union bancaire et monétaire solide.

•    Ce cadre doit mettre en place un système énergétique compétitif et sûr qui offrira des prix d'énergie abordables pour tous les consommateurs, garantira l'accès aux sources d'énergie, diminuera la dépendance des sources étrangères et créera des emplois. Il est très encourageant le fait que lors du récent Conseil européen il a été convenu que la décision finale sur ce cadre serait prise d'ici à Octobre le plus tard, à savoir au cours de la présidence italienne.

Avril 10, 2014