Intervention de N. Xydakis, ministre délégué aux Affaires étrangères, lors du déjeuner offert par la présidence slovaque en l’honneur des ambassadeurs de l’UE (Athènes, 12 septembre 16)

M. Nikos Xydakis, ministre délégué aux Affaires étrangères en charge des affaires européennes, a salué ses convives, les ambassadeurs des Etats membres de l’Union européenne et les hauts fonctionnaires européens lors du déjeuner offert en son honneur par la présidence slovaque laquelle était représentée par l’ambassadeur M. Peter Michalko. Lors de son allocution, M. Nikos Xydakis a affirmé que le moment est propice, après les initiatives diplomatiques de la dernière semaine, d’œuvrer en faveur de l’unité de l’UE ainsi que des valeurs du noyau européen, tout en faisant preuve de bonne foi.

M. Xydakis a présenté aux ambassadeurs des 28 pays de l’UE les positions de son pays en vue de la réunion au sommet informelle à Bratislava et suite à la première réunion des pays méditerranéens de l’UE, de la Conférence sur la Sécurité et la Stabilité ainsi que de la réunion des ministres des Affaires européennes et des hauts fonctionnaires du parlement européen.

Dans son intervention d’ouverture, le ministre délégué a évoqué les crises multiples auxquelles est confrontée l’Union européenne. « La caractéristique de l’Europe que le Brexit a mise évidence est que la crise récente chevauche la crise précédente à laquelle n’ont pas été apportées des réponses suffisantes », a signalé M. Xydakis. Il a également ajouté que :

• « La crise économique de 2008 n’a pas été résolue. La croissance ne progresse pas toujours à un rythme satisfaisant, tandis que le chômage touche un grand nombre de pays européens. Dans le même temps, le projet de l’union bancaire n’avance pas ».

• « Nous sommes les témoins de l’explosion d’un phénomène historique. Si toutefois nous lisons correctement l’histoire, nous comprendrons que la crise des réfugiés dont nous avons été les témoins ces dernier temps ne sera pas passagère. Il est du devoir de l’Europe de faire face à cette crise en faisant preuve d’efficacité et de faire de bonnes prévisions pour l’avenir. Le problème de l’Europe demeure toujours le non respect des décisions communes ».

• «Enfin, pour ce qui du Brexit, notre objectif est d’avoir une transition sans heurts des deux parties vers l’intérêt commun et ce, en respectant les règles. L’Europe n’a pas pu persuader l’opinion publique du Royaume –Uni de sa capacité à relever efficacement les défis de notre temps. Pour nous, la Grande Bretagne est un allié historique et fait partie intégrante du continent européen ».

M. Xydakis a souligné que « nous devons répondre dans le même temps à ces grandes questions, en tenant compte des conditions dans la région élargie, notamment en Méditerranée, qui à l’heure actuelle constitue, du point de vue géopolitique, le foyer le plus crucial pour l’Europe et la planète. Il y a des pays au Moyen-Orient et en Afrique en situation de déstabilisation, une déstabilisation qui se propage à d’autres pays en exportant des crises, se traduisant par la pauvreté, des flux de réfugiés, la peur et l’insécurité. De ce fait, nous ne pouvons « faire comme si ».

« Je focalise mon attention sur la lutte contre les crises, car je crois profondément en les valeurs fondamentales de l’Europe, des valeurs que nous avons héritées des révolutions des 19e et 20e siècles : Liberté, Egalité, Fraternité. Si nous ne défendons pas les valeurs fondamentales, nous ne défendons pas l’Europe. L’Europe doit défendre la démocratie face à la montée inquiétante de l’extrême droite. Ces derniers temps, des voix fortes se font entendre, des voix xénophobes, racistes, antisémites, islamophobes. Une rhétorique de haine est prononcée contre les structures européennes à Bruxelles et souvent contre les partenaires de l’Union. Nous devons défendre l’Europe face à ces voix », a conclu le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères.

Lors de la discussion qui a suivi et interrogé sur la question des réfugiés et l’application de l’accord UE – Turquie, le Secrétaire d’Etat a mis en avant le fait que tous les Etats membres n’ont pas la même appréhension de la question. « Le mécanisme de réinstallation ne fonctionne pas en réalité. Et cela met à rude épreuve l’identité politique de l’Europe et la civilisation européenne elle-même » a-t-il indiqué.

M. Xydakis a souligné la nécessité de changer d’orientation politique afin que l’Union devienne attrayante pour tous les citoyens. « Dans le passé, des dogmes néolibéraux ont été institués en Europe comme s’il s’agissait d’une loi naturelle. Or, il s’agit d’un choix politique qui aujourd’hui doit changer. L’Europe doit être un espace de démocratie, de justice et de cohésion sociale ».

Enfin, se référant à la réunion au sommet qui se tiendra à Bratislava, le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères a souligné que « la Grèce attend le retour d’une rhétorique politique en opposition à l’approche bureaucratique et technocratique actuelle. C’est seulement ainsi que pourra être élaborée une feuille de route productive pour une Europe pragmatique et visionnaire ».

Septembre 12, 2016