Dans son intervention au Conseil « Affaires générales » de l'Union européenne qui s'est tenu aujourd'hui à Bruxelles, le ministre délégué aux Affaires européennes, M. Nikos Xydakis, a indiqué que "lors du dernier Conseil européen, son pays a dû supporter un fardeau disproportionné - ce qui a été communément reconnu - au nom de l'ensemble de l'Union européenne, et il a obtenu une assurance théorique de la part de ses partenaires que « tous seront à ses côtés » pour faire face à cette question. La Grèce a honoré ses obligations, pleinement et en toute rapidité, alors qu'en contrepartie elle n'a reçu qu'une petite aide de la part de ses partenaires. On constate que la solidarité de la part des partenaires est actuellement en baisse alors que le problème demeure grave. L'aide européenne promise est versée goutte à goutte ».
Dans son intervention qui a essentiellement porté sur la question des réfugiés et des migrants, M. Xydakis s'est dit déçu du fait que seulement 360 réfugiés ont été relocalisés dans le cadre du programme relatif au cours des deux derniers mois, alors qu'en Grèce aujourd'hui il y a 56 000 personnes. Le ministre délégué aux Affaires étrangères a souligné la hausse des demandes d'asile en notant que la Grèce avait besoin du soutien au niveau de la dotation en personnel des services en charge du traitement des demandes d'asile où l'offre en matière de personnel spécialisé de la part des 28 Etats membres demeure insuffisante.
Par ailleurs, il a indiqué que le fait que 56 000 personnes sont bloquées en Grèce, à cause de la fermeture soudaine des frontières ainsi que l'urgence à subvenir à leurs besoins en matière de logement et d'alimentation pesaient lourdement sur l'administration grecque qui est actuellement mise à l'épreuve et constituent une menace pour la cohésion sociale. Par la suite, le ministre délégué aux Affaires étrangères a briefé ses homologues sur les efforts déployés en vue d'évacuer de manière pacifique Idomeni, une opération qui a déjà commencé et qui est menée sans heurts.
M. Xydakis a évoqué l'accord « fragile » entre l'UE et la Turquie, tout en signalant que cet accord avait apporté jusqu'à ce jour des résultats satisfaisants au niveau de la réduction des flux, ce qui prouve que la Turquie peut contrôler les flux et même les réduire à zéro. Toutefois, il a signalé que, dans le même temps, on constatait une incapacité de la part de l'UE et des Etats membres à répondre suffisamment aux exigences de cet accord difficile.
Le ministre délégué aux Affaires étrangères a également évoqué la question de la reconnaissance de la Turquie en tant que pays tiers sûr, tout en signalant que la reconnaissance n'était pas une question qui ne saurait préoccuper seulement la Grèce mais tous les 28 Etats membres de l'UE.
« La gestion non efficace de la question des réfugiés de la part de l'Europe donne lieu à une hausse de la xénophobie et suscite une crise affectant tout le projet européen, ce qui a sape l'idée de l'Europe », a indiqué M. Xydakis, tout en soulignant qu'il était nécessaire de défendre les valeurs européennes et l'idée européenne commune.
S'agissant du respect des valeurs fondamentales de l'Union européenne, le processus d'intégration des réfugiés étant au cœur des débats, le ministre délégué aux Affaires européennes a affirmé que l'Europe devrait insister sur le respect mutuel. « Le respect à l'égard du caractère séculaire des démocraties européennes doit aller de pair avec le respect à l'égard de l'identité du réfugié ou du migrant qui arrive en Europe. Par ailleurs, l'accueil et l'intégration - et non pas l'assimilation - du réfugié et du migrant sont le noyau dur des valeurs européennes et font partie intégrante de l'Etat de droit », a-t-il affirmé.
Enfin, M. Xydakis s'est référé au Fonds européen pour les investissements stratégiques - EFSI - (Fonds Juncker) en affirmant que le fonds devrait approuver des plans d'investissement dans les pays qui enregistrent un taux élevé de désinvestissement, en prenant plus de risques que ceux assumés habituellement par la Banque européenne d'investissement.
A l'ordre du jour de la réunion figurait la préparation du sommet européen qui se tiendra en juin et se penchera essentiellement sur des dossiers tels que la question des réfugiés et des migrants, l'emploi, la croissance et la compétitivité ainsi que sur des questions ayant trait à la politique étrangère. En outre, lors du Conseil "Affaires générales" ont été évoquées des questions liées au contrôle de l'Etat de droit et au respect des valeurs fondamentales de l'UE, en mettant l'accent sur le processus d'intégration des migrants dans l'Union européenne.
Mai 24, 2016