Je tiens à saluer l'occasion qui m'est offerte de participer aux débats de cette année sur le Semestre européen. Le Semestre constitue l'un des instruments clés dont nous disposons pour contribuer au renforcement de la croissance et de l'emploi en Europe. Les parlements nationaux sont des facteurs d'importance vitale dans le cadre du processus du Semestre. Ce n'est qu'avec la participation des parlements que nous pouvons réaliser les réformes nécessaires. Et seul le soutien accordé par les parlements nationaux au processus de réforme a la légitimation requise.
Je voudrais également vous féliciter pour le travail important que vous avez accompli portant sur divers aspects du Semestre tant au cours de cette année que pendant les années précédentes. Vous avez à votre disposition trois résolutions comportant des analyses détaillées et des recommandations très précises.
A cette occasion, je voudrais vous briefer sur le travail que nous accomplissons au sein du Conseil et sur les domaines de priorité d'après notre évaluation. Le point de départ doit être le Conseil européen.
Comme vous le savez probablement, le Conseil européen de décembre dernier a pour la première fois donné des lignes directrices pour ce qui est des priorités du Semestre européen de cette année. Nous saluons la participation du Conseil européen ce qui atteste de l'importance politique du processus du Semestre européen.
S'agissant des priorités, je tiens à signaler avec satisfaction que toutes les instances européennes sont en plein accord. Dans l'Examen annuel de la croissance de 2014, la Commission a proposé cinq priorités qui ont été adoptées par le Conseil européen de décembre. Le Conseil est en train de mener des travaux complémentaires en vue d'aider les Etats membres à appliquer ces priorités. Je salue le soutien de cette chambre aux dites priorités.
La deuxième question que je voudrais signaler est l'accent que nous mettons sur l'application. L'Examen annuel sur la croissance de la Commission a fournit une analyse utile en matière d'application des recommandations spéciales par pays (CSRs-Country Specific Recommendations). Le Conseil a l'intention de suivre de près la question de l'application. Force est également de signaler l’importance qu’accorde le Parlement à cette question.
L'accent mis sur l'application commence à porter des fruits. Ce résultat est le bienvenu mais, bien évidemment, nous ne devons pas verser dans le triomphalisme. L'analyse de la Commission souligne les travaux importants qui doivent être encore accomplis en matière de mise en œuvre des recommandations spéciales par pays CSRs). Par ailleurs, nous savons tous que le redressement économique est fragile et il n'a pas été encore traduit par des taux de chômage élevés.
Le Conseil des Affaires financières (ECOFIN) la semaine dernière s'est penché sur les aspects macroéconomiques et budgétaires du Semestre. Il a souligné que tous les Etats membres devaient toujours être orientés vers des politiques budgétaires viables. En outre, il a demandé de porter une plus grande attention à la qualité et à la composition des ajustements budgétaires, à l'emploi non imposable, à la modernisation de l'administration publique et aux dépenses publiques qui renforcent la croissance. Le texte de votre résolution reflète de nouveau, dans une large mesure, les mêmes priorités.
Afin de parvenir à une croissance viable nous devons également restaurer les mécanismes d'emprunt au sein de l'économie. Et cela est en train de se réaliser. Cependant, nous devons consentir de sérieux efforts en vue de poursuivre l'établissement de l'Union bancaire. Je sais qu'il s'agit d'une question de priorité pour nous.
Le Conseil des Affaires financières de la semaine dernière a également mis un accent particulier sur la promotion de la croissance et la lutte contre le chômage. Lorsqu’on pourra entrevoir la fin de la crise, il est très important de stabiliser la reprise - stagnante en quelque sorte - fragile et faire en sorte que la croissance donne lieu à des taux d'emploi élevés.
Les priorités principales qui ont été signalées par les ministres comportent des réformes visant à promouvoir la compétitivité des marchés du travail et des biens, l'augmentation des investissements dans la compétitivité et les infrastructures des industries de réseau, l'application stricte de la directive sur les services et l'ouverture des professions réglementées ainsi que la simplification de l'environnement des entreprises. Ces priorités ont été davantage soulignées par les ministres compétents en matière de marché intérieur et d'industrie lors du Conseil "Compétitivité" de la semaine dernière. Lors dudit Conseil un message fort a été transmis concernant l'ouverture du secteur des services et la lutte contre l’impact des prix élevés de l'énergie pour les industries.
L'une des questions qui nous préoccupe tous est la lutte contre le chômage. Le Conseil européen de décembre a fixé un agenda très clair pour le Conseil et les Etats membres. Nous devons agir tant au niveau de la demande que de l'offre. Cela signifie que l'on doit encourager davantage la création d'emplois et la prise de mesures en faveur de la participation au marché du travail. Toutes ces mesures doivent aider les chômeurs à trouver du travail, à prolonger la période d'emploi et à augmenter la mobilité. Nous avons besoin également de mesures garantissant que les coûts du travail refléteront la hausse de la productivité.
Les ministres du travail reviendront sur ces priorités lors de leur rencontre prévue pour 10 mars. Toute une série de questions importantes, telles que les réformes dans le domaine de la politique sociale et des pensions, ainsi que la participation au marché du travail devraient être débattues.
Bien évidemment, un élément clé est la nécessité de contrer le chômage des jeunes et nous reviendrons sur cette question lors de notre discussion de demain. Toutefois, je voudrais souligner que, alors que la Garantie pour la jeunesse et l'Initiative pour l'emploi des jeunes figurent toujours parmi les priorités du cadre du Semestre européen, cela ne suffit pas. Les ministres de l'éducation se sont réunis hier et sont convenus de l'importance d'investir dans les compétences. Cela porte sur des compétences de base, telles que la lutte contre l'illettrisme ainsi que des compétences numériques nécessaires pour les professions futures. Cela requiert un investissement plus important dans l'adaptation des systèmes éducatifs. En outre, cela signifie que l'on doit encourager la coopération plus étroite entre le marché du travail et l'éducation.
J'ai examiné toute une série de questions ayant trait au processus du Semestre européen. Comme je vous l'ai dit au début, il y a une convergence de vues sur un grand nombre d'entre elles, pour ce qui est des objectifs et des moyens. Toutefois, je voudrais maintenant écouter vos points de vue que je transmettrai au Conseil. Je vous remercie de votre attention.
Février 25, 2014