Je tiens tout d'abord à remercier le ministre, M. Hatzidakis pour m'avoir invité à participer à cette présentation. Il va sans dire que l'internationalisation est le seul moyen pour sortir de la crise. Nul besoin d'être un spécialiste pour comprendre que, vu la faible demande intérieure, ce n'est que sur l'internationalisation que l'on pourrait fonder nos espoirs pour parvenir à une croissance viable, en renonçant aux pratiques qui nous ont conduits à la situation actuelle. Des pratiques axées sur la demande intérieure à travers notamment le recours à l'emprunt. Par conséquent, l'internationalisation constitue notre première priorité.
Nous participons aujourd'hui, en tant que ministère des Affaires étrangères, à la présentation de l'initiative du ministère du Développement visant à mettre en place un organisme pour l'internationalisation des entreprises grecques dénommé « Société grecque d'investissements et d'exportations S.A. ». Ladite initiative constitue un effort visant à unifier et à renforcer la politique de promotion de l'internationalisation de l'économie et des entreprises grecques.
Le ministère des Affaires étrangères, comme vous le savez, constitue l'entité nationale du pays à travers laquelle nous exerçons notre politique étrangère dont la diplomatie économique fait partie. Par ce terme nous entendons tant l'exercice de la diplomatie économique nationale, que la promotion et le soutien des actions en faveur de l'internationalisation des entreprises grecques. Le ministère des Affaires étrangères est conscient de l'importance de la diplomatie économique pour la promotion de la politique étrangère car à l'époque actuelle les Etats comme la Grèce ne risquent pas d'être affectés par des conflits armés, mais plutôt par des crises économiques comme celle que nous sommes en train de traverser.
Dans ce cadre, le ministère des Affaires étrangères met à disposition, outre le réseau politique des missions de l'étranger (ambassades et consulats), le réseau spécial des Bureaux des Affaires économiques et commerciales lequel dispose aujourd'hui de 59 bureaux implantés dans 50 pays.
Nos missions diplomatiques jouent un rôle de protagoniste dans cet effort visant à l'amélioration de l'image du pays à l'étranger. Elles mettent en avant l'image d'un pays qui est en train de sortir de la crise, qui honore ses promesses et améliore sa compétitivité. Il est important de signaler qu'aujourd'hui on ne parle plus, comme on le faisait il y a 2-3 ans, de la sortie de la Grèce de la zone euro, ce qui sapait toute perspective d'investissement.
Ce réseau des Bureaux des Affaires économiques et commerciales est le seul service du secteur public de la Grèce qui est certifié selon la norme ISO, ce qui nous permet de recueillir, depuis un bon nombre d'années, la satisfaction des entrepreneurs grecs qui ont recours à son assistance. Il est le seul service public à être certifié par ce système de contrôle de qualité. Par conséquent, durant la période 2011- 2012, 95% d'entrepreneurs grecs ont exprimé leur satisfaction à l'égard des services fournis par le réseau des Bureaux des Affaires économiques et commerciales. Et cette satisfaction provient d'un très grand nombre - qui est en constante évolution - de demandes soumises auprès de ce service. En effet, en 2011 les demandes soumises aux Bureaux des Affaires économiques et commerciales ont atteint 11.700, soit une hausse de 37% par rapport à 2010, tandis qu'en 2012, elles ont enregistré une hausse supplémentaire de 30,5%, en s'élevant à 15.300. Cela est lié, comme l'a également affirmé le ministre, à l'ensemble des exportations et à l'intérêt marqué des entrepreneurs grecs à l'égard de nouveaux marchés à l'étranger. Et, comme je l'ai tout à l'heure signalé, le taux de satisfaction a enregistré un pourcentage particulièrement élevé, à savoir 95%.
Par ailleurs, en 2012, le ministère des Affaires étrangères qui, tout au long de cette période, a axé ses efforts sur la diplomatie économique et l'internationalisation, a déployé les activités suivantes : il a planifié et mené des missions commerciales et des études et il a élaboré des rapports annuels et des guides entrepreneuriaux.
Je ne saurais omettre de mentionner les Comités interministériels mixtes avec certains pays tiers qui nous intéressent tout particulièrement : le Comité avec Russie, le Kazakhstan – qui s’est tenu hier – et celui avec l’Inde qui se prépare. Ces comités s’intéressent non seulement à des questions ayant trait au commerce extérieur, mais à l’ensemble des relations économiques, à savoir les transports, le développement agricole, le tourisme, la coopération technologique et autres questions économiques.
Malheureusement, les effectifs des Bureaux des Affaires économiques et commerciales du ministère des Affaires étrangères ont été réduits de 25%, de 2007 à nos jours. Et à ce titre j’aimerais signaler que les employés ne couvrent pas seulement les besoins des entreprises grecques ouvertes à l’internationale, dans le pays d’exportation. Ils couvrent également d’autres questions importantes ayant trait à la diplomatie économique, comme l’énergie, le tourisme et les transports. Aujourd’hui, ces effectifs s’élèvent à 150 personnes, dont 90 sont affectés à l’étranger (nos ambassades à l’étranger) et 60 au service central du ministère des Affaires étrangères.
A cette fin, le ministère des Affaires étrangères a l’intention de doter en personnel les Bureaux des Affaires économiques et commerciales, même si aujourd’hui le règlement du ministère ne prévoit pas de nouveaux recrutements, en engageant des cadres selon des critères stricts et au moyen de concours et dans le même temps il procède à une restructuration de ces bureaux à l’étranger. Dans ce cadre, le Bureau de Vienne a rouvert ses portes, certains bureaux régionaux d’importance mineure avec une faible participation aux résultats ont été supprimés et de nouveaux bureaux sont créés dans des marchés plus dynamiques, comme le Qatar et le Kuweit, tout en augmentant les Bureaux en Russie (Saint Petersburg) et au Mexique.
Nous espérons qu’un pôle puissant et fiable sera ainsi créé à l’intérieur du pays, non seulement en vue d’attirer des investissements, mais aussi de promouvoir les exportations. Le ministère des Affaires étrangères continuera de coopérer étroitement avec le ministère du Développement et le nouvel organisme pour une gestion plus efficace et dynamique des questions liées à l’internationalisation des entreprises et une meilleure représentation du pays à l’étranger par le biais du ministère des Affaires étrangères. Pour cette raison, un certain nombre d’employés des Bureaux des Affaires économiques et commerciales du ministère des Affaires étrangères, seront détachés pour une certaine période, au ministère du Développement, tel que prévu par le projet de loi de l’Organisme pour l’internationalisation des entreprises grecques. Ils serviront de liaison et seront mis à la disposition de la Société d’investissements et d’exportations. Dans le même temps, un certain nombre de ces employés pourront être détachés à l’étranger au sein des Bureaux des Affaires économiques et commerciales.
Pour ma part, j’aimerais exprimer à la direction politique du ministère du Développement tous mes vœux de succès et affirmer que le ministère des Affaires étrangères appuiera les efforts des Organismes, que la responsabilité incombe au ministère du Développement, comme aujourd’hui, ou à d’autres ministères et services, en vue de la promotion de l’internationalisation de l’économie grecque».
Réponse à une question de journaliste au sujet du transfert des Bureaux des Affaires économiques et commerciales.
Pour éviter tout malentendu, les Bureaux des Affaires économiques et commerciales restent au ministère des Affaires étrangères. La décision de transférer les Bureaux des Affaires économiques et commerciales du ministère du Commerce au ministère des Affaires étrangères avait été prise en 2002 et, de l’avis général, il s’agit d’une bonne décision. Elle garantit une incorporation plus efficace des ces bureaux dans nos missions diplomatiques. Les organismes commerciaux, les hommes d’affaires vous le confirmeront, qui plus est aujourd’hui dans ce contexte de crise et de mondialisation où il est inimaginable de séparer la diplomatie classique de la diplomatie économique. Le projet de loi prévoira la possibilité de détacher un nombre de personnels des Bureaux des Affaires économiques et commerciales, du ministère des Affaires étrangères au nouvel organisme, au ministère du Développement. Concernant la question du recrutement des effectifs des Bureaux des Affaires économiques et commerciales : les statuts du ministère des Affaires étrangères ne prévoient pas de recrutements. Les postes au sein des Bureaux des Affaires économiques et commerciales sont intuitu personae et tendent à disparaître progressivement. Nous estimons, en raison de l’importance particulière que nous accordons à la diplomatie économique, qu’il y a un besoin impérieux de recruter de nouveau. Cela n’a aucun rapport avec le nouvel organisme du ministère du Développement et c’est pourquoi nous allons prévoir un cadre législatif et des procédures transparentes. Dans le passé, le personnel des Bureaux des Affaires économiques et commerciales était recruté par le biais de l’Ecole de l’Administration publique et nous réfléchissons à l’éventualité de procéder à des recrutements par le biais de l’Académie diplomatique, nous en discutons. Le ministère des Affaires étrangères n’a pas recruté de personnel des Bureaux des Affaires économiques et commerciales depuis 7 ans maintenant.
Octobre 16, 2013