F. PAPATHANASSIOU : Nous avons en ligne M. Grigoris Delavekouras, porte-parole du ministère des Affaires étrangères qui se trouve actuellement à Chypre. Bonjour Monsieur Delavekouras.
L. KLITOU : Bonjour.
G. DELAVEKOURAS : Bonjour.
F. PAPATHANASSIOU : Vous êtes à Chypre avec le ministre des Affaires étrangères, M. Avramopoulos pour participer au conseil informel des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne.
G. DELAVEKOURAS : C’est exact.
F. PAPATHANASSIOU : Hier, M. Avramopoulos a effectué un déplacement en Egypte avec son homologue d’Italie, de Chypre, Mme Marcoullis et de Malte, en vue d’avoir une rencontre importante avec le Président de l’Egypte. Quels ont été les messages qu’ont transmis l’Union européenne et M. Avramopoulos à la partie égyptienne ?
G. DELAVEKOURAS : Comme vous l’avez-vous aussi affirmé, il s’agit d’une initiative très importante qui a été prise par les ministres des Affaires étrangères des pays européens qui voisinent directement avec l’Egypte dans le but d’effectuer ensemble un déplacement en Egypte et de s’entretenir avec ses dirigeants, en plein milieu de ce processus de transition et du parcours de l’Egypte vers la démocratie. Le message qu’ont voulu transmettre les ministres des Affaires étrangères de la Grèce, d’Italie, de Malte et de Chypre est que l’Union européenne sera aux côtés du peuple égyptien tout au long de ce processus de transition, tandis que ce dernier se fraye un chemin vers la démocratie et que la Méditerranée est une mer qui unit et dans ce cadre les ministres ont souligné qu’il y avait un grand nombre de possibilités et d’opportunités de coopération.
Nos pensons que l’Union européenne doit avoir une présence dynamique à l’heure de ces évolutions qui s’opèrent au Moyen-Orient. Nous ne pensons pas que cette présence doit avoir la forme d’une aide mais plutôt d’un investissement que l’Europe doit faire dans l’intérêt de sa propre stabilité et de son développement. Le ministre des Affaires étrangères, M. Avramopoulos, lors de sa rencontre avec le président de l’Egypte, a justement souligné que la Grèce était un pays qui entretenait de longue date des relations d’amitié, de respect et de solidarité avec le peuple égyptien et qu’elle serait aux côtés de l’Egypte tout au long de ce processus.
L. KLITOU : Bon. Permettez-moi maintenant de soulever une autre question, celle de l’immigration clandestine. Un incident tragique s’est produit au large de Smyrne faisant 60 victimes. Quelles actions entreprend le ministère dans ce sens ?
G. DELAVEKOURAS : Ce n’est pas seulement un incident tragique mais plutôt un crime dont les auteurs seront punis de la façon la plus sévère. Les trafiquants sont des marchands d’esclaves modernes et tous les pays de la région doivent faire face à ce phénomène de manière décisive. Malheureusement la région de la Méditerranée orientale est tourmentée actuellement par des conflits et notamment la situation en Syrie…
F. PAPATHANASSIOU : Monsieur Delavekouras, bien évidement les évolutions en Syrie suscitent de vives préoccupations.
L. KLITOU : Bien évidemment.
F. PAPATHANASSIOU : Est-ce des mesures spéciales sont prises au niveau politique ? Bien évidement lors du Conseil informel à Chypre, auquel participeront tous les ministres ainsi que M. Avramopoulos, cette question sera abordée.
G. DELAVEKOURAS : C’est l’une des principales questions et c’est exactement ce que je vous disais concernant la situation en Syrie qui malheureusement ne cesse de s’empirer. Nous sommes désormais en situation de guerre civile. Chaque jour, il y a de plus en plus de victimes parmi les civils et par conséquent le nombre de personnes qui quittent le pays pour fuir les conflits ne cesse d’augmenter. Plus de 200.000 réfugiés ont quitté la Syrie en direction des pays voisins, comme la Jordanie, le Liban, la Turquie et l’Irak. Avant-hier le Président de la République chypriote était en Jordanie et le gouvernement jordanien a indiqué que le pays subissait de grosses pressions à l’heure actuelle. Nous pensons que l’Union européenne doit faire face au problème de manière globale.
F. PAPATHANASSIOU : Et permettez-moi de dire M. Delavekouras que si cela n'est pas résolu, s'il n'y a pas une intervention plus dynamique en faveur du renforcement de la coopération avec la Turquie, quoi que fasse l’autorité portuaire, la question ne pourra être résolue.
G. DELAVEKOURAS : Cela est vrai. Comme je vous le disais. Au niveau de l’Union européenne, les ministres des Affaires étrangères auront l’occasion de débattre de la situation en Syrie et la question de la crise humanitaire et des réfugiés seront très certainement au cœur des débats. Bien entendu, une meilleure coopération avec la Turquie est nécessaire, non seulement au niveau bilatéral conventionnel, où il existe, comme vous le savez, un accord de réadmission Grèce - Turquie depuis 2002, mais aussi au niveau européen, accord qui malheureusement n’a pas encore été adopté de la part de la Turquie. Nous pensons que cela devra avancer très rapidement. Dans le même temps, la partie grecque entreprend des actions et la planification nécessaires pour pouvoir faire face aux situations qui pourraient se produire. Nous sommes en coordination avec nos partenaires européens et la République chypriote car notre pays est situé à proximité de la région et cette question nous préoccupe encore plus.
F. PAPATHANASSIOU : Très bien, M. Delavekouras. Nous vous remercions beaucoup.
L. KLITOU : Nous vous remercions. Bonne journée.
G. DELAVEKOURAS : Merci à vous aussi.
Septembre 7, 2012