JOURNALISTE : La Grèce a de l’expérience dans le passage d’un régime autoritaire à un système démocratique. Quelle est la meilleure façon d'aider les Etats arabes ?
D. DROUTSAS : Nous espérons qu’un véritable processus de démocratisation se mettra en place dans la région. La Grèce peut jouer un rôle dans ce processus pour deux raisons : nous sommes les voisins directs et avons des liens traditionnellement étroits avec le monde arabe. Nous sommes dotés d’une voix crédible dans la région. D’un autre côté – et à ce stade je parle en termes symboliques et les symboles sont très importants lorsque de tels événements se produisent – Athènes est le berceau de la démocratie. Pour cette raison, nous voulons créer en Grèce un centre visant à promouvoir de nouvelles personnalités et partis politiques qui émergent des mouvements démocratiques de la région.
JOURNALISTE : Une sorte d’école démocratique ?
D. DROUTSAS : L’idée n’est pas de patronner ces peuples ou de leur montrer ce qu’ils doivent faire, en suivant les normes occidentales. Il s’agit d’une coopération, d'une offre. Nous constatons un très fort enthousiasme, parmi les jeunes notamment, ce qui devrait toutefois avoir un résultat positif. C’est pourquoi nous devons faire ce qui est juste au bon moment, à savoir offrir une coopération, non seulement de la part de la Grèce, mais de l’Europe tout entière.
JOURNALISTE : Allez-vous présenter ce projet au Conseil des ministres ?
D. DROUTSAS : Certes. Je présenterais nos projets relatifs à ce centre. J’ai eu l’occasion d’aborder cette question avec mon collègue britannique, William Hague ainsi que le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki Moon. Leur réaction a été très positive. Il nous reste maintenant à définir ce projet. Une autre proposition grecque concerne la création d’une Banque pour la méditerranée selon le modèle de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement qui soutient depuis 1991 les pays de l'ancien bloc soviétique.
JOURNALISTE : Les ministres des Affaires étrangères (qui se réunissent lundi à Bruxelles, ndlr) doivent-ils décider de geler les actifs égyptiens à l’UE ?
D. DROUTSAS : Nous devons trouver une solution positive. Le gel des comptes est une mesure que nous devons prendre. La question ne se pose donc pas. Mais nous devrons en outre consentir des efforts afin que nous puissions convenir d'un ensemble de mesures qui comprendra des aides financières et un soutien politique.
Février 21, 2011