JOURNALISTE : Êtes-vous sur le point de conclure un accord avec des particuliers titulaires d’obligations et quels sont les principaux obstacles ?
S. DIMAS : Oui nous sommes sur le point de conclure un accord. Pendant les négociations, le gouvernement a dû parvenir au juste équilibre afin de garantir que les dispositions du contrat satisfassent les exigences afin que la Grèce puisse réaliser ses objectifs budgétaires, tout en garantissant dans le même temps la participation du secteur privé. Je pense que l'accord final constituera un pas important pur la stabilité et le rétablissement de la confiance en l'économie grecque.
JOURNALISTE : Est-ce que la Grèce peut éviter la faillite ?
S. DIMAS : Grâce à l’aide de nos partenaires européens et internationaux, la Grèce a évité la faillite et l’accord du 26 octobre a ouvert la voie à une reprise réussie. Ces deux dernières années ont été difficiles pour tout le monde, car la zone euro a dû relever l’un des défis les plus difficiles de son temps. D’importantes leçons ont été tirées pour la zone euro et un processus de réformes substantiel est d’ores et déjà en cours. Bien entendu, au niveau national, une série de changements structurels sont nécessaires, tant au niveau du secteur public, qu’au niveau de l’encaissement des taxes. Le gouvernement grec œuvre sans relâche dans ce sens et à tous les niveaux afin de stabiliser l'économie grecque.
JOURNALISTE : Que pensez-vous de la proposition Merkel en faveur d’une union budgétaire en Europe ? Est-ce que cette proposition sape la souveraineté nationale des pays membres de l'UE?
S. DIMAS : Saper la souveraineté nationale n’a aucun rapport avec l’intégration européenne. Cette dernière concerne la concession de compétences aux instances européennes sur une base convenue, afin de mieux garantir et de promouvoir les intérêts de l’UE et de ses Etats membres. Ce processus doit toujours se faire dans le respect des principes de l’égalité institutionnelle, de la cohésion économique et sociale et de la solidarité.
JOURNALISTE : Vous participez à la rencontre du Processus de Coopération en Europe du Sud-est à Belgrade. Comment estimez-vous le niveau actuel de coopération dans cette région ?
S. DIMAS : Le Processus de Coopération en Europe du Sud-est est un exemple de réussite de la coopération régionale dans les Balkans. Je suis convaincu que la présidence serbe poursuivra l'excellent travail qui a été fait jusqu'à aujourd'hui. Pour la Grèce, l'une des priorités les plus importantes est de voir tous les pays des Balkans occidentaux adhérer à l'UE.
JOURNALISTE : Est-ce que le premier ministre M. Papademos est prêt à rencontrer bientôt son homologue de l’ARYM, M. Gruevski suite à l'invitation de Skopje la semaine passée ? Et qu’attendez-vous de cette rencontre ?
S. DIMAS : La Grèce a montré systématiquement sa volonté de parvenir à une solution mutuellement acceptable et nous avons essayé activement d’organiser des rencontres avec des hauts fonctionnaires de Skopje. L’une des premières rencontres que j’ai eues lorsque j’ai assumé mes fonctions, était avec M. Poposki, tandis que la vice-premier ministre, Mme Arifi était récemment à Athènes pour des consultations très constructives. Des rencontres de ce genre peuvent être utiles, mais elles ne sauraient remplacer les négociations à l’ONU. Malheureusement, quelques jours avant les dernières rencontres à l'ONU, le premier ministre Gruevski a qualifié de perte de temps le processus à l'ONU. Quelques jours plus tard, un carnaval subventionné par l’Etat a mis en scène « les funérailles de la Grèce », en tant que principal thème, tandis que le drapeau grec a été brûlé, sans que personne à Skopje ne condamne cet acte provocateur. Nous sommes profondément préoccupés par le manque de volonté de la part de Skopje et nous l'invitons à changer cette attitude qui renversera la tendance négative et permettra la création d’un climat favorable dans nos relations qui fera progresser les négociations.
JOURNALISTE : Attendez-vous de Skopje d’obtenir le statut de pays candidat à l’adhésion au sommet de l’UE en mars, après le Conseil de février et comment la Grèce aidera-t-elle la Serbie à réaliser cet objectif? Pensez-vous que la Serbie pourrait commencer les négociations d'adhésion avec Bruxelles cette année encore?
S. DIMAS : Notre principale priorité à l’heure actuelle devra être l'octroi du statut de pays candidat d’adhésion pour la Serbie en mars. La Grèce a toujours été un fervent défenseur de l’adhésion de la Serbie à l’UE et nous pensons que le ralentissement du parcours de la Serbie serait une erreur stratégique pour l’UE. Dans l’intervalle, jusqu’au Conseil européen de mars, la Grèce continuera de défendre cette position, en soulignant, entre autres, les développements positifs en Serbie, y compris sa coopération avec le TPIY, ainsi que le rôle régional et son importance.
JOURNALISTE : Comment Athènes pense-t-elle résoudre le problème de la représentation régionale du Kosovo et quels sont les autres obstacles importants à l'octroi du statut de pays candidat à l’adhésion à la Serbie ?
S. DIMAS : Notre politique dans la région s'inspire de notre volonté de créer un environnement de prospérité, de paix et de stabilité pour tous les habitants des Balkans occidentaux. Par conséquent, pour nous la coopération régionale est la pierre angulaire de notre politique balkanique. Dans ce contexte, nous soutenons le dialogue en cours entre Belgrade et Pristina sur cette question, ce qui est dans l'intérêt du progrès de la région élargie. Nous pensons qu’une solution viable sera atteinte par le biais du dialogue entre les deux parties.
Février 2, 2012