Interview accordée par le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, E. Vénizélos au journaliste Samia Abbas de l’agence de presse MENA (05.09.2013)

Le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la Grèce, E. Vénizélos lors de sa visite au Caire, jeudi 5 septembre 2013, a souligné que sa présence dans ce pays était motivée par le renforcement ultérieur des relations bilatérales, politiques et économiques traditionnellement bonnes qui unissent les deux pays.

«Les Egyptiens et les Grecs sont unis depuis longtemps par des liens étroits d'amitié, par le biais de la communauté grecque d’Egypte et du Patriarcat d’Alexandrie. De plus, ils sont animés par une volonté commune de coopérer et d'instaurer la paix en Méditerranée. Par conséquent, ma visite ici me permet de transmettre un message d'amitié et de volonté politique en faveur d'une coopération ultérieure. Le développement de bonnes relations bilatérales est le souhait commun de nos peuples et contribue à la paix, à la coopération et, bien entendu, à la stabilité dans la région de la Méditerranée».

En ce qui concerne la situation actuelle en Egypte, il a souligné que le rôle du gouvernement de transition était tout aussi difficile que crucial. « Nous le comprenons bien plus que quiconque autre pays, je dirais. La Grèce estime qu’il est important d’accorder du temps à l’Egypte, afin que soit rétablie la stabilité et le rôle régional et international qu’elle mérite. Nous voulons qu’une aide soit apportée au gouvernement de transition du Caire, afin de garantir l’application de la feuille de route».

M. Vénizélos a insisté sur le fait que la violence devait cesser et a indiqué qu’il fallait éviter des actions visant à saper la paix sociale.

«Tant la Grèce, que l’UE considèrent l’Egypte comme un pays-clé dans la région, jouant un rôle de premier plan sur des questions liées à la sécurité en Méditerranée, au processus de paix au Moyen-Orient et aux évolutions, non seulement dans le monde arabe, mais aussi en Afrique et dans les pays du Maghreb. Plus particulièrement, la Grèce a un intérêt sincère pour la stabilité en Egypte. Il est manifeste que nous souhaitons le maintien de canaux de communication ouverts, afin que la Grèce et l’Egypte, puissent, ensemble, promouvoir la stabilité dans la région et en Méditerranée».

En ce qui concerne la coopération bilatérale entre l'Egypte et la Grèce, M. Vénizélos a souligné que la présence économique de la Grèce en Egypte s’est considérablement accrue ces dernières années puisque les investissements grecs ont atteint la somme importante des trois milliards de dollars. « La Grèce est le cinquième plus gros investisseur en Egypte, offrant du travail à près de 125 000 familles égyptiennes. Mais le plus important est que nous restons en Egypte au moment où de nombreux autres pays la quittent. Il existe une coopération exceptionnelle avec le secteur privée égyptien et la Grèce est l'un des rares pays à avoir créé un Conseil d'affaires avec l'Egypte. Il existe manifestement de grandes opportunités de développement ultérieur de cette coopération, apportant des bénéfices mutuels. J’aimerais également souligner le rôle du Patriarcat d’Alexandrie et de la communauté grecque en Egypte, qui constituent un trait d’union entre nos deux peuples».

«Bien évidemment, je tiens à souligner tout particulièrement l’importance de notre coopération économique et commerciale bilatérale. Nous nous réjouissons du fait qu’au mois de juin a été signée à Athènes une série d’accords promouvant, entre autres, nos relations commerciales et la coopération entre les ports du Pirée et d’Alexandrie».

«Nous pensons qu’il faut accorder plus de temps au gouvernement de transition afin que ce dernier puisse mettre en œuvre la Feuille de Route. La Grèce peut contribuer à la stabilité en Egypte. Nous avons des contacts continus avec le gouvernement égyptien et nous voulons lui offrir notre assistance, si besoin est ».

Le chef de la diplomatie grecque a qualifié la situation en Syrie particulièrement inquiétante. « Le recours aux armes chimiques est inacceptable et condamnable. Par ailleurs, l’atteinte d’une solution politique revêt une importance vitale en vue de faire avancer l’initiative Genève II ».

En commentant la position du parlement européen à l’égard des évolutions en Egypte, M. Vénizélos a expliqué que la condamnation du recours à la violence en général, y compris, bien entendu, la violence visant les églises chrétiennes, était une chose évidente. La paix religieuse et sociale doit être sauvegardée en Egypte et en général au Moyen-Orient, où on assiste à une recrudescence des tensions ethniques et religieuses. Les chrétiens d’Egypte font partie de la richesse du pays et des ressources humaines ainsi que partie intégrante de l’identité historique et culturelle de ce pays. Bien évidemment, la Grèce, a un intérêt particulier en raison de la présence en Egypte des communautés grecques et du Patriarcat orthodoxe grec d’Alexandrie. A ce stade, je tiens à souligner que nous avons une confiance totale aux autorités du pays lesquelles feront, comme d’habitude, de leur mieux en agissant dans ce sens ». 

En évoquant les informations relatives à la suspension de l’accord sur la liaison électrique entre la Grèce et l’Egypte, M. Vénizélos a signalé que «  la liaison électrique entre l’Egypte et la Grèce demeure un objectif commun et que l’accord y relatif n’a pas été encore signé. Pour ce qui est des perspectives positives des prospections d’hydrocarbures en Méditerranée du sud-est, M. Vénizélos a affirmé que ces perspectives, au lieu de créer des alliances et d’exclure d’autres pays, pourraient constituer encore un facteur pour le développement de la coopération régionale. La participation de l’Egypte aux initiatives en matière d’énergie avec les pays voisins de la région serait la bienvenue».

Septembre 6, 2013