Interview accordée par le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, E. Vénizélos à l’agence de presse italienne ANSA

Interview accordée par le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères à l’agence de presse italienne ANSA et au journaliste Patrizio Nissirio dans le cadre de sa visite à Rome.

Titre: « Déplacement du vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la Grèce, E. Vénizélos à Rome- Importantes initiatives européennes prises en coopération avec l’Italie »

Un agenda européen ambitieux et la restauration de l’égalité entre les Etats membres, un agenda commun pour l’Italie et la Grèce pour 2014 comportant de nombreux plans et des propositions communes. Dans son interview accordée à l’agence Ansamed, le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la Grèce, Evangelos Vénizélos, dans le cadre de sa visite à Rome, explique les liens étroits entre le cas grec et européen ainsi que la façon dont les énormes sacrifices sans précédent consentis par le peuple grec devraient apporter des résultats qui ne sont pas seulement financiers.

« Il est du devoir institutionnel de l’Italie et de la Grèce de coordonner les deux présidences » explique-t-il, «  mais au niveau bilatéral aussi nous avons l’intention de mener de concert beaucoup d’actions, en prenant d’importantes initiatives politiques. Nous sommes des pays de l’Europe du sud, ayant les mêmes intérêts en Méditerranée et sommes confrontés aux difficultés de la crise économique ». Parmi les questions d’intérêt pour Rome et Athènes, figure l’immigration qui, «  avec la sécurité des frontières constitue l’une des priorités de notre présidence. L’occasion exceptionnelle m’est offerte de me trouve ici afin de discuter avec mon homologue et le ministre des Affaires européennes, les modalités de notre coopération dans le cadre des programmes européens et bilatéraux. L’Italie et la Grèce sont une voie de passage vers l’Europe en conséquence de quoi nous nous trouvons dans une position différente et très particulière par rapport aux autres pays ».

Toutefois, comme E. Vénizélos a exercé les fonctions de ministre des Finances au cours de la période la plus cruciale de la crise, il s’impose d’évoquer le parcours d’Athènes et le prix qu’ont payé et continuent de payer les Grecs pour sortir de la crise : « c’est le seul moyen de surmonter la crise, à travers des mesures très douloureuses et au prix d’énormes sacrifices consentis par nos citoyens », signale le ministre. Mais, actuellement, après six années marquées de récession et quatre ans de crise évidente, nous avons l’occasion de présenter le principal résultat budgétaire, ledit excédent primaire, pour la première fois après de nombreuses années. C’est la preuve la plus tangible de nos efforts.

Par ailleurs, notre objectif est de procéder à des changements structurels qui sont indispensables et déterminants pour transformer l’économie réelle de la Grèce dans le but de renforcer la compétitivité de nos entreprises et du secteur public. Toutefois, il s’agit d’une réponse axée sur des chiffres et des données financières, le problème principal étant la situation de la société, la crise de la société grecque et les  taux de chômages inacceptables. Il faut préserver la cohésion sociale et émettre des messages d’espoir et de perspective. Il ne faut pas parler seulement de chiffres mais aussi de l’économie réelle, de la société réelle et examiner la capacité de compréhension de l’état d’esprit de la famille grecque. Tel est le problème réel, à savoir établir une nouvelle relation de confiance entre le système politique et la société grecque ».

« En dépit de la nécessité de poursuivre les réformes », signale le ministre « il est impossible d’envisager de nouvelles mesures horizontales financières, ni de nouvelles coupes dans les salaires et les pensions. Au cours de la période 2010-2012, les salaires des Grecs ont baissé  de plus de 35%, ce qui est inacceptable et une première en période de paix ».

Selon les estimations, la Grèce atteindra un niveau d’excédent primaire au cours du premier semestre de 2014 : «  le retour à la normalité est difficile, mais maintenant nous sommes prêts à franchir la dernière étape du parcours. A titre symbolique, il ne reste plus qu’à achever la cinquième partie de cet effort difficile commun, les quatre autres parties ayant été achevées ». Et Evangelos Vénizélos de souligner : «  La Grèce peut afficher le plus grand excédent primaire du budget au sein de la zone euro, à hauteur de 2% du PNB ».

Le cas européen est lié au cas grec car le vieux continent a été touché par la crise, sur le plan des perspectives aussi : « Après cette expérience, signale E. Vénizélos, nous devons de nouveau engager le grand débat sur l’avenir et la perspective européenne. Nous devons protéger et créer de nouveau les conditions d’égalité entre les Etats membres, nous devons débattre du déficit démocratique, sous un angle différent.

On ne peut accepter qu’il existe des gouvernements ayant le pouvoir de prendre des décisions et d’autres pays ayant l’obligation d’appliquer ces décisions pour éviter  la faillite ou les catastrophes pour l’économie et les banques. Il nous faut de nouvelles formes de solidarité, de nouvelles formes de répartition au sein de la zone euro.

«Toutefois, c’est un débat difficile. Ce n’est pas un problème entre gouvernements, mais entre économies nationales. Le premier obstacle au renforcement de l’Europe est le rôle des nouvelles formes de nationalismes économiques et il est très difficile concilier les objectifs européens élevés et les perspectives électorales nationales. Très personnellement, je respecte nos partenaires, la solidarité européenne, les emprunts de la zone euro et le FMI, car ils jouent non seulement un rôle crucial pour la reconstruction de l’économie grecque, mais du point de vue politique il est plus que nécessaire d’engager de nouveau le débat sur les institutions démocratiques européennes et l’instauration de l’égalité entre les Etats membres».

Septembre 17, 2013