JOURNALISTE : Les dirigeants européens se réuniront à Bruxelles dans le cadre d'une réunion extraordinaire consacrée à la crise en Libye afin d’essayer de s’accorder sur les mesures qu’ils sont prêts à prendre pour arrêter Mouammar Kadhafi. Ses forces gagnent du terrain au détriment des opposants au régime et les bombardements des régions prises d’assaut par les rebelles semblent s’intensifier. La France est le premier pays à reconnaître les rebelles libyens qui occupent Benghazi comme le seul représentant du peuple libyen. Il est même dit que le Président Sarkozy aurait été jusqu’à proposer des frappes aériennes sur la Libye. Que faut-il faire pour que Kadhafi quitte le pouvoir? Le gouvernement grec a des contacts avec son régime. Nous avons en ligne le ministre grec des Affaires étrangères, Dimitris Droutsas. Bonjour.
D. DROUTSAS : Bonjour depuis Bruxelles.
JOURNALISTE : Pouvez-vous nous parler des contacts et des discussions que le gouvernement grec a eus avec le régime libyen ?
D. DROUTSAS : Tout d’abord hier un envoyé libyen est arrivé à Athènes. Nous l'avons reçu suite à la concertation et la coordination avec l'UE et la Haute Représentante pour la politique étrangère de l’Union européenne, Catherine Ashton. Notre objectif était, premièrement, d'avoir un aperçu clair de la situation dans la région et des demandes formulées, mais aussi d'envoyer un message très clair, à savoir que la violence doit immédiatement cesser et que la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies doit être respectée. Telle était notre intention. Mais je peux dire que les nouvelles n'étaient pas bonnes. De manière générale, l'envoyé libyen a dit la même chose que le Colonel Kadhafi lors de ses déclarations officielles et des nombreuses interviews qu'il accorde aux médias internationaux.
JOURNALISTE : L‘envoyé libyen est arrivé en Grèce suite à l’initiative du gouvernement libyen. Pensez-vous que le régime libyen soit prêt à négocier une sortie ?
D. DROUTSAS : Permettez-moi tout d’abord de souligner que cet envoyé spécial n’a pas seulement visité Athènes, mais d'autres capitales de l'UE et de la Méditerranée. Il ne s’agit pas d’une visite à Athènes seulement. Comme je vous l’ai dit, nous avons reçu l’envoyé spécial afin de voir quelles étaient leurs intentions et envoyer nos messages. Je pense que nous pouvons dire qu'il y a, de la part du régime, une certaine volonté de discuter avec l'autre partie, mais l'UE et la communauté internationale doivent prendre les mesures nécessaires afin que tout le monde comprenne, que le régime Kadhafi comprenne que le recours à la violence doit immédiatement cesser.
JOURNALISTE : Mais je me demande, vous parlez de volonté d’engager des discussions, mais d’après vos dires on pourrait conclure que Kadhafi ne partirait que s'il en est forcé. Pensez-vous que cela soit valable ?
D. DROUTSAS : Nous devons toujours être réalistes en politique extérieure et dans le domaine des relations internationales. Je pense que la communauté internationale doit prendre des mesures plus convaincantes pour que Kadhafi et son régime comprennent que le glas a sonné pour eux et qu’ils doivent quitter le pouvoir.
JOURNALISTE : Par conséquent, vous pensez que les autres pays doivent suivre l'exemple de la France qui a reconnu les forces qui occupent Benghazi?
D. DROUTSAS : Je pense qu’il est prématuré d'entreprendre des pas de ce genre. Nous devons d’abord voir qui sont ces personnes, qui est l’opposition, nous devons entrer en contact avec eux et engager un dialogue de suite, en tant qu’Union européenne, mieux les connaître et par la suite entreprendre les actions nécessaires. Je pense que c’est l’une des propositions qui sera examinée aujourd'hui au Conseil européen. Comme vous le savez, le sommet européen sera consacré aux développements en Libye et notre objectif est de pouvoir établir des contacts directs avec ces personnes pour voir exactement quelle est la situation.
JOURNALISTE : Très bien, M. Droutsas, je vous remercie beaucoup.
D. DROUTSAS : Je vous remercie également.
Mars 11, 2011