Propos recueillis par le journaliste, Christiane Schlötzer
Dans son interview accordée au journal de grande renommée Süddeutsche Zeitung, Nikos Kotzias, ministre des Affaires étrangères de la Grèce se dit favorable à une solution politique plutôt qu'à une solution juridique au différend sur les réparations allemandes. « Le Traité 2+4 sur la réunification allemande est un bon accord historique, mais la Grèce n'y avait pas participé. Je discuterais de cette question dans un cadre plutôt politique que juridique ».
Dans l'interview il est indiqué que l'Allemagne après la Seconde guerre mondiale était fortement endettée et en dépit de cela, les Américains lui ont octroyé deux prêts d'un montant considérable. Ainsi avait-été donnée à l'Allemagne la possibilité de se mettre de nouveau sur la voie de la croissance. « Nous n’avons pas les mêmes droits que les Allemands à l'époque? Les crimes commis par notre peuple sont plus sérieux que ceux commis à Dachau et à Auschwitz? », s'interroge-t-il le ministre grec des Affaires étrangères.
« Nous devons emprunter une autre voie, nous devons opter pour une politique de développement. Nous ne pouvons pas poursuivre cette politique néolibérale qui a détruit notre pays, nos familles et qui a brisé nos rêves et notre avenir. Nous avons besoin d'un débat rationnel ».
S'agissant de la question des réparations, le ministre grec des Affaires étrangères souligne: « Je pense que nous devons trouver les moyens qui nous permettront d'engager un débat rationnel avec l'Allemagne sur des problèmes bien précis ». Nikos Kotzias propose la mise en place d'une Commission conjointe composée de scientifiques des deux pays. « Nous devons trouver un dénominateur commun ».
S'agissant de la question des sanctions, il souligne qu'à cause des ces sanctions, la Grèce a perdu l'accès aux marchés. « Qui a accès aux marchés? La Turquie. Et je vous demande: Pourquoi l'UE l'autorise-t-elle? La réponse est que cette question est très complexe. Mais dans quelle mesure une réponse de ce genre pourrait m'aider à expliquer la raison pour laquelle nous ne pouvons pas vendre nos abricots, tandis que la Turquie qui connaît un essor économique peut le faire? ».
Nikos Kotzias qualifie la Chancelière Angela Merkel d’« une personne très logique qui pense à l'avenir de l'Europe ». « Au niveau des relations internationales la confiance y joue un rôle d'importance majeure. C'est pourquoi j'espère que nous allons avoir une meilleure connaissance et compréhension mutuelles. Il existe de nombreux malentendus. Nous devons dépasser les stéréotypes ».
Mars 23, 2015