JOURNALISTE : ... Stavros Lambrinidis, ministre des Affaires étrangères de la Grèce qui est en ligne avec nous. M. le ministre bonjour.
S. LAMBRINIDIS: Bonjour.
JOURNALISTE: Pensez-vous que nous atteignions le point où l'on doit faire preuve de plus d'honnêteté sur les options existantes? Et l'une de ces options est-elle la décote de la dette, ce que, dans une certaine mesure, nous attendons tous et qui permettra le déblocage de l'autre aide pour la Grèce ?
S. LAMBRINIDIS : Non ce n’est pas le cas. Les options sont sur la table et elles sont très efficaces si elles sont appliquées. Nous sommes sur le point de les appliquer, comme vous l'avez si correctement dit tout à l'heure. En d’autres termes, la Grèce doit mettre en œuvre un vaste programme portant sur les réformes structurelles et la consolidation fiscale. Elle l’a fait durant l’année passée et avec beaucoup de succès si l’on se réfère aux rapports de la Troïka et autres. La Grèce a été l'unique pays d’Europe, voire du monde, à s’embarquer dans une telle entreprise et à réaliser des changements aussi importants en si peu de temps.
JOURNALISTE : Mais il semblerait qu'ailleurs en Europe il y ait le sentiment que même si vous avez beaucoup fait – et je ne pense pas que l'on puisse insinuer que vous n'avez pas fait des choses et véritablement changé votre approche économique - cela n'est pas suffisant.
S. LAMBRINIDIS : Vous avez raison et nous devons composer avec ce sentiment. Et je dirais qu’en grande partie ce sentiment n'a rien à voir avec ce que fait la Grèce ou ne fait pas, mais ce que l'Europe fait ou ne fait pas. Le 21 juillet, les premiers ministres européens ont décidé qu’un nouveau train de mesures s’appliquerait à la Grèce et à la zone euro de façon plus élargie, des mesures concernant la prolongation du délai de remboursement des dettes, la réduction du taux d’intérêt, la possibilité pour le mécanisme mis en place en Europe d’acheter des obligations sur le marché secondaire, tout un ensemble de points qui apporteront une bouffée d’air à la Grèce, au Portugal, à l’Ireland et autres pays et leur permettront de mettre en place ces changements difficiles. Maintenant, lorsque cela sera adopté par tous les parlements nationaux, la discussion sur les défauts de paiement cessera. Dans la mesure où nous donnons l'impression de retarder le processus, nous encourageons ceux qui brossent un tableau noir de la situation à le faire davantage. Mais le gros risque ici c’est toujours que les prophéties s’auto-réalisent. L’économie c’est aussi de la psychologie et en fait les craintes que vous décrivez, et dans la mesure où ces craintes transparaissent dans le monde entier dans des articles et analyses, peuvent être problématiques. L’Europe détient le remède à ces problèmes. Il ne lui reste qu’à l’appliquer et la Grèce doit continuer à appliquer très strictement et sans relâche les mesures nécessaires pour changer son économie.
JOURNALISTE: Merci M. Lambrinidis pour cet entretien.
Octobre 5, 2011