Interview du ministre des Affaires étrangères, Nikos Kotzias à la chaîne de télévision publique italienne RAI TRE

Nous vous communiquons ci-dessous le texte de l’interview accordée par le ministre des Affaires étrangères, Nikos Kotzias à la journaliste Maria Cuffaro, interview qui a été diffusée par la chaîne de la télévision publique italienne, RAI TRE lors du journal télévisé.

Introduction : Trois jours nous séparent du référendum que toute l’Europe attend et sur lequel tous les dirigeants de la zone euro ont pris position. Tandis qu’au ministère des Affaires étrangères, le travail continue, M. Kotzias, le ministre des Affaires étrangères, vient de recevoir son homologue belge.

«Les référendum sont l’exercice de la démocratie. Dimanche nous serons appelés à nous prononcer sur un accord qui, à mon avis, est inacceptable pour les Grecs. Nous sommes contraints de voter dans des conditions extrêmement difficiles, avec la banque centrale européenne qui a suspendu les liquidités, nous contraignant ainsi à fermer nos banques ».

Question : Oui, mais lundi, serez-vous en mesure de les rouvrir ?

Ministre des Affaires étrangères : « Je pense que l’Europe doit arrêter de jouer avec nous. Nous avons besoin de liquidités pour ouvrir nos banques, nous ne pouvons les ouvrir sans une nouvelle injection de liquidités. J’espère que personne en Europe n’a intérêt à ce que la Grèce se retrouve dans une situation de chaos. Nous traversons une situation géopolitique très complexe. Il y a la crise en Libye, celle de l’Ukraine ».

Question ; Vous venez juste de signer un accord avec M. Poutine.

Ministre des Affaires étrangères : «Nous avons signé un accord commercial. Mais si mon ami M. Gentiloni se rend à Moscou ou bien si M. Fabius rencontre Poutine, ils sont bons et intelligents. Même lorsque Mme Merkel rencontre M. Poutine, c’est un ange. Mais moi je suis considéré comme un diable si je vais à Moscou signer un accord. Les Allemands ont signé un accord similaire au nôtre concernant le pipeline North Stream et personne ne s’est plaint ».

Question : Avez-vous discuté avec le président Obama ?

Ministre des Affaires étrangères : « Les Américains nous ont aidé à expliqué aux Européens le cadre géopolitique. Et je sais qu’ils sont les seuls à pouvoir intervenir auprès du Fonds Monétaire International. Ils peuvent utiliser leur droit de veto au niveau interne».

Question : Pensez-vous que l’implication du Fonds Monétaire International était une erreur ?

Ministre des Affaires étrangères : « C’était un problème, mais ce qui était une erreur c’était de ne pas avoir restructuré (haircut) une partie de la dette en 2010 et d’avoir imposé des mesures d’austérité inadmissible. A la fin, les banques allemandes et françaises ont été sécurisées, mais pas la Grèce ».

Question : Que se passera-t-il lundi ?

Ministre des Affaires étrangères : « Nous attendons la reprise des négociations et la solidarité de l’Europe ».

Juillet 3, 2015