Interview du porte-parole du ministère des Affaires étrangères G. Delavekouras lors d’une émission de la chaîne télévisée NET «ΝΕΤ STA GEGONOTA»

G. DELAVEKOURAS : Bonjour.

M. MICHELIDAKIS : Nous savons qu’il y a une rencontre imminente en Turquie entre M. Samaras et M. Erdogan et aujourd’hui, à quelques jours de cette rencontre, il y a cette action de la part de la Grèce. Dites-nous exactement ce qui s’est produit.

G. DELAVEKOURAS : La Turquie avait, au printemps 2012, délivré des autorisations de recherche dans des régions du plateau continental grec. Tout de suite après, la Grèce a fait des démarches auprès de la partie turque et a informé…

G. KOUVARAS : En juillet, si je ne m’abuse, nous avions fait cette démarche.

G. DELAVEKOURAS : Exactement et l’UE ainsi que l’OTAN en ont été informées. Nous avons ensuite officiellement informé l’Organisation des Nations Unies à cet égard ainsi que ses organes compétents et de cette façon la communauté internationale, ainsi que les Etats partis à la Convention sur le droit de la mer, ont pété informés des positions grecques et nous sauvegardons de cette façon les droits souverains de notre pays.

G. KOUVARAS : Monsieur Delavekouras, c’était la seule façon que nous avions en réalité pour sauvegarder nos droits souverains compte tenu de la position de la Turquie ?

G. DELAVEKOURAS : C’est une action qui garantit les intérêts de la Grèce et ses droits souverains. La carte la plus forte que détient la Grèce est qu’elle est tout à fait conforme à la Convention sur le droit de la mer, au droit coutumier, qui doit être appliquée au niveau universel par tous les pays et que doit respecter la Turquie.

M. MICHELIDAKIS : Nous avons eu la visite à Athènes de M. Hollande, qui a affirmé être aux côtés des Grecs concernant la proclamation de la zone économique exclusive en Egée et ce qui allait se passer à partir de maintenant et au même moment nous avions une frégate turque en Mer Egée, entrant dans nos eaux, c’est pourquoi nous avons en quelque sorte lié les deux événements. Bien entendu, il y a aussi cette rencontre des deux hommes, ces prochains jours, et nous imaginons que cette action a pour objectif de garantir le champ dans lequel vont évoluer les discussions, pour ne pas qu’il y ait de zones grises ?

G. DELAVEKOURAS : Tout d’abord, les positions de la Grèce sont tout à fait claires et je pense que nul ne peut les contester. Nous souhaitons des relations de coopération, de bon voisinage avec la Turquie et nous pouvons parvenir à ce résultat. Telle est la volonté de la Grèce. Mais il faut que ces relations se développent dans le cadre défini par le droit international. Un respect mutuel est nécessaire.

G. KOUVARAS : Monsieur Delavekouras, la position de la Grèce est acquise, nous la connaissons et elle est telle que vous la décrivez, mais comment expliquez-vous le fait que la Turquie choisit la voie de la provocation à quelques jours du conseil des ministres des deux pays à Ankara ? Est-ce que cette position peut avoir un impact sur la réalisation de ce Conseil tout d’abord ?

G. DELAVEKOURAS : La question est de pouvoir avancer et pour ce faire, il faudra, comme je l’ai dit tout à l’heure que les deux pays se respectent mutuellement et qu’ils respectent le droit international qui est le principal cadre des règles de comportement pour la communauté internationale sur le plan des relations extérieures. Nous pouvons y parvenir s’il y a une volonté politique mutuelle, s’il y a une certaine constance dans ce qui est prévu par le droit international. C’est pourquoi les positions de la Grèce sont aussi claires que puissantes. Et les membres de la communauté internationale s’accordent avec ces positions. On parle de la Convention sur le droit de la mer qui a été ratifiée par 162 pays dans le monde entier. Donc la question…

G. KOUVARAS : Je ne pense pas que les droits grecs soient contestés. Ici nous essayons de comprendre, d’expliquer pourquoi les Turcs insistent dans cette attitude provocatrice. Tout d’abord, j’aimerais savoir si la partie grecque avait prévu cette provocation, est-ce que vous avez été surpris ? Est-ce que cette attitude provocatrice peut être liée à la volonté de la Grèce de proclamer une zone économique exclusive qui a été soumise à débat et à l’occasion également de la visite Hollande à Athènes ?

G. DELAVEKOURAS : Comme je vous l’ai tout à l’heure dit, la Turquie a délivré ces autorisations, jusqu'à présent elle n’a pas entrepris les recherches et j’aimerais croire qu’elle ne le fera pas. J’espère qu’elle respectera le droit international. Pour notre part, nous avons fait clairement savoir que cette région fait partie du plateau continental grec, c’est une région sur laquelle la Grèce exerce des droits souverains, des intérêts économiques et cela doit être respecté.

M. MICHELIDAKIS : Très bien. Nous vous remercions et vous souhaitons une bonne journée.

G. KOUVARAS : Bonne journée Monsieur Delavekouras.

Février 22, 2013