Point de presse du porte-parole du MAE, M. G. Delavekouras, du 22 novembre 2012

G. DELAVEKOURAS : Bonjour. Avant de vous présenter l’agenda, je voudrais publiquement remercier deux fonctionnaires du service de l’information récemment mutés, Alexis Katsareas et Kypris Zerva, qui ont beaucoup contribué au travail que nous accomplissons tous, mais maintenant l’heure est venue pour eux de recevoir leur affectation pour poursuivre leur carrière diplomatique. Je voudrais les remercier publiquement car ils ont vraiment fait un travail admirable.

Je commence par l’agenda de la direction politique. Le mardi 27 novembre à 12h00, le ministre des Affaires étrangères s’entretiendra au ministère des Affaires étrangères avec le Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies, M. Downer. L’objet des discussions sera, bien évidemment, la question chypriote.

Le mercredi 28 novembre le ministre se déplacera en Albanie en vue de participer aux manifestations organisées à l’occasion du 100e anniversaire de l’indépendance du pays, suite à l’invitation du ministre des Affaires étrangères de l’Albanie. A l’occasion de cette rencontre, le ministre aura des rencontres avec la direction politique du pays.

Le jeudi 29 novembre à 12h00, le ministre assistera à une cérémonie de remise des lettres de créance des ambassadeurs du Panama, du Venezuela et de l’Indonésie au palais présidentiel.

Le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Kourkoulas effectuera une visite en Chine du 26 novembre au 1er décembre, à la tête d’une délégation grecque qui participera aux travaux du 11e Comité interministériel mixte Grèce-Chine. Le Secrétaire d’Etat sera accompagné par le Secrétaire général des Relations économiques internationales et de la Coopération au Développement, M. Mihalos. Pékin sera la première étape du voyage du Secrétaire d’Etat où le lundi 26 novembre il aura des rencontres avec des représentants des médias nationaux.

Le mardi 27 novembre il assistera à un séminaire portant sur les investissements avec la participation de l’organisation « Invest in Greece ».

Le mercredi 28 novembre le Secrétaire d’Etat participera, en tant que chef de la délégation grecque, aux travaux du 11e Comité interministériel mixte et effectuera des contacts bilatéraux

Le jeudi 29 novembre, le Secrétaire d’Etat visitera le forum d’affaires des produits grecs et continuera ses contacts bilatéraux, tandis que par la suite il se déplacera à Shanghai où le vendredi 30 novembre et le samedi 1er décembre il assistera au forum d’affaires organisé par le Consulat général de la Grèce avec la participation de l’organisation « Invest in Greece ». A Shanghai il aura bien évidemment des contacts bilatéraux avec des entités locales.

Le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Tsiaras prononcera, le mardi 27 novembre, une allocution à la conférence intitulée « Energy money conference » sur le thème : « La Grèce : un carrefour pour l’autonomie énergétique de l’Europe ». La Conférence se tient sous l’égide des ministères des Affaires étrangères, de l’Environnement, de l’Energie et du Changement climatique.

Le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, l’ambassadeur Kaskarelis le mercredi 28 novembre aura des consultations politiques sur des questions d’intérêt bilatéral et régional, avec la Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères de l’Allemagne, Mme Haber, dans le cadre de la visite de cette dernière en Grèce.

Enfin, le Secrétaire général des Relations économiques internationales et de la Coopération au Développement, M. Mihalos s’entretiendra aujourd’hui, 22 novembre à 12h30 avec l’ambassadeur de Chine.

C’est tout pour ce qui est de l’agenda. Je suis prêt à répondre à vos questions, s’il y en a.
K. FRYSSA : Ma question porte sur un article paru dans un magazine hebdomadaire d’après lequel les Allemands demandent à la Grèce d’accorder de nouveau la nationalité hellénique à 50 000 musulmans qui ont été expulsés. On aimerait écouter le commentaire du ministère des Affaires étrangères.

G. DELAVEKOURAS : Le ministère des Affaires étrangères ne dispose d’aucune information confirmant ledit article et telles sont les informations qui nous sont parvenues des ministères compétents. Quoi qu’il en soit, il existe la législation y relative qui régit les questions relatives à la nationalité et cette législation est appliquée en la matière. Je voudrais toutefois, à cette occasion, signaler une chose importante. La question des 50 000 musulmans expulsés ne se pose pas et elle ne s’est jamais posée. La Grèce n’a jamais pris des mesures de ce genre. Nous devons tous faire très attention pour ne pas créer des problèmes lorsqu’il n’y en a pas.
M. KOURBELA : *** [question hors micro sur les relations économiques avec la Chine et le cadre budgétaire de l’UE]

G. DELAVEKOURAS : Pour ce qui est de votre première question, nous devons tout d’abord évoquer les premiers résultats tangibles de la coopération gréco-chinoise. Je me réfère à l’exemple de Cosco et des investissements dans le port du Pirée. Il s’agit d’une coopération qui offre d’immenses possibilités et pourrait devenir encore plus rentable pour l’Etat grec et la partie chinoise.
Cet investissement constitue à mon avis un vote de confiance, une preuve attestant que la Grèce, grâce à sa position géopolitique et à ses infrastructures, a les avantages comparatifs par rapport aux autres pays de la région et peut servir de point de référence pour développer le commerce, les investissements et la coopération économique avec tous les pays de la région et devenir une porte d’entrée sur le marché européen pour les investisseurs étrangers qui souhaitent investir dans notre région.
Nous nous attendons à ce qu’une très bonne coopération soit établie lors des contacts qu’aura le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Kourkoulas, dans le cadre justement du Comité interministériel mixte qui constitue le forum dans lequel nous explorons toutes les possibilités de coopération et cherchons à trouver de nouveaux champs de coopération avec la partie chinoise.
Le déplacement du Secrétaire d’Etat à Shanghai sera également important. Il aura l’occasion de présenter avec l’organisation “Invest in Greece” les possibilités offertes actuellement dans le cadre de ces développements importants qui s’opèrent  en Grèce, avec le programme d’investissement en cours de réalisation que nous avons adopté en vue d’attirer des investisseurs et créer ainsi des conditions favorables à la croissance économique ce qui aidera notre pays à sortir de la crise.
Pour ce qui est de votre deuxième question, je dois vous dire qu’une négociation très importante et difficile à la fois vient d’être entamée. Il existe de profondes divergences entre les instances de l’Union européenne, mais aussi entre les Etats membres eux-mêmes de l’Union européenne. Notre point de départ est difficile non seulement en raison de la situation financière mais aussi en raison des changements induits par le dernier élargissement de l’Union européenne et de la façon dont cet élargissement influe sur les fonds communautaires pour la cohésion et le budget de l’Union européenne.
Le Premier ministre se trouve à Bruxelles, dans le cadre de la réunion au sommet qui est en cours. Les positions de la Grèce sont connues de tous. Tous doivent comprendre que le budget de l’Union européenne doit fonctionner actuellement en tant qu’instrument de croissance car tel est son rôle.
Nous ne devons pas adopter une approche en faveur de coupes et de réductions dans le budget communautaire car cela irait à l’encontre des priorités fixées par l’Union européenne elle-même en matière de croissance, de création d’emploi, d’innovation, de recherche et de technologie et de toutes les questions qui pourront renforcer le marché européen face à la concurrence internationale, en une période très difficile qui, apparemment, deviendra encore plus difficile.
Μ. KOTOVSKA: During the press conference in *** Mathew Nimetz stressed the importance of how important is to respect the judgments of the International Court of Justice and, so what does this message mean to the Greek Government? Thank you.

G. DELAVEKOURAS : Je voudrais à l’occasion de votre question vous dire tout d’abord que le ministère des Affaires étrangères examinera dans un esprit constructif les idées présentées par M. Nimetz lors de la récente rencontre à New York et nous déciderons, en coopération avec lui, des prochains pas à suivre.
Nous pensons que l’initiative de la Grèce concernant la signature d’un protocole d’accord entre les deux parties a servi de catalyseur et a d’ores et déjà insufflé un nouvel élan au processus de l’Organisation des Nations Unies ce qui a été par ailleurs notre objectif.

Nous prendrons position sur le fond à l’égard des idées de M. Nimetz une fois que ces dernières seront examinées en détail, comme je l’ai tout à l’heure affirmé. Vous êtes au courant des positions de la Grèce, celles-ci sont détaillées dans notre proposition, tel est le cadre dans lequel nous participons au processus.

Nous espérons que le gouvernement de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine saisira cette occasion et participera de manière constructive au dialogue afin de parvenir à une solution. Une solution qui nous permettra de valoriser le potentiel de nos relations bilatérales, qui contribuera de manière décisive à la stabilité régionale et donnera un nouvel élan à la perspective européenne et euro-atlantique du pays voisin. Un parcours que la Grèce a soutenu avec constance et à la condition bien évidente que les modalités y relatives adoptées à l’unanimité par les Etats membres de l’OTAN et de l’Union européenne soient remplies.

S’agissant de cette question que vous avez soulevée, force est de signaler que la décision de la Cour se réfère explicitement à la nécessité pour les deux parties d’axer leurs efforts sur les négociations dans le cadre du processus de l’Organisation des Nations Unies, en vue de régler la question du nom. Comme je l’ai tout à l’heure affirmé, telle est la substance : le problème constitue une entrave à la promotion, au renforcement, à l’approfondissement des relations entre les deux pays ainsi qu’un obstacle en général pour la stabilité régionale. Nous devons y faire face. Telle a été la décision de la Cour et c’est en fonction de celle-ci que nous devons agir. Par conséquent, les deux parties doivent s’asseoir autour de la table des négociations tout en faisant preuve d’une attitude constructive en vue de parvenir à une solution mutuellement acceptable. Telle a été la demande formulée par la communauté internationale, tout en reconnaissant qu’il s’agit d’une question internationale et nous espérons que nous pourrons réaliser des progrès.

S. RISTOVSKA: Monsieur le porte-parole une question concernant la proposition portant sur la signature d’un protocole d’accord  envoyée par M. Avramopoulos à M. Popovski. M. Avramopoulos a affirmé lors d’une visite qu’il a effectué en Bulgarie qu’ils avaient bien reçu une lettre de la part de M. Popovski, mais pas de réponse. Je voudrais votre commentaire, à savoir qu’attendiez-vous de cette réponse, de cette lettre de M. Popovski, attendiez-vous quelque chose de précis ? Est-ce que M. Avramopoulos répondra à la lettre de M. Popovski ?
G. DELAVEKOURAS : Je pense que le ministre des Affaires étrangères a très bien décrit la réalité. La réalité est que la Grèce a fait une proposition bien précise et l’objectif de cette proposition a été de donner un nouvel élan au processus, afin de pouvoir parler et convenir du cadre spécifique, des paramètres spécifiques pour le règlement de la question. A cet égard, nous n’avons en effet reçu aucune réponse. Nous avons reçu une lettre dans laquelle sont décrites différentes choses mais sans qu’une réponse soit apportée sur le fond. Nous pensons que ce processus traîne depuis un grand nombre d’années sans apporter de résultats. Cela, bien évidemment, provoque de la fatigue et une frustration qui vient aussi peser lourdement sur les perspectives globales. Nous voulons changer cette situation. Nous avons dans le passé aussi fait des pas tangibles, nous avons prouvé à la table des négociations l’attitude constructive de la Grèce et son intention de parvenir à une solution mutuellement acceptable. La proposition que nous avons avancée par le biais de la lettre du ministre des Affaires étrangères, M. D. Avramopoulos, va justement dans ce sens, à savoir insuffler un nouvel élan au processus de l’ONU et parvenir à un point de référence commun pour les deux parties qui définira le cadre dans lequel nous pourrons parvenir à une solution. Nous espérons voir des progrès se réaliser dans la période à venir. Telle est la volonté de la Grèce.
S. RISTOVSKA : Une question concernant l’Union européenne. Le commissaire M. Füle exerce de plus en plus de pressions afin que nous obtenions une date pour le lancement des négociations d’adhésion. Quelle sera la position de la Grèce ? Il y a un mois environ, si je ne m’abuse pas, vous avez dit que la Commission avait élaboré le rapport et que la décision définitive reviendrait à l’ensemble des Etats membres. Par conséquent, quelle serait la position de la Grèce à cet égard ?
G. DELAVEKOURAS : Tout d’abord, j’aimerais faire une remarque sur quelque chose que vous avez affirmé. M. Füle est membre de la Commission européenne. Il n’est pas question que M. Füle exerce des pressions, au moins pas sur la Grèce. Toutefois, ce que nous devons retenir est – je l’ai affirmé dans le passé aussi –  que la Commission a un rôle bien précis à jouer dans ce processus, un rôle bien important. Cela dit, les décisions sont prises par les Etats membres dans le cadre du Conseil et en fonction de l’évaluation qu’ils font. Ce débat se poursuivra apparemment jusqu’au mois de décembre date à laquelle se réunira le Conseil. Nous voulons voir des progrès se réaliser et je pense que toute l’Union européenne veut voir des progrès. Elle l’a demandé de manière claire par le biais des décisions unanimes successives du Conseil des ministres ces dernières années et il doit être clair que, pour aller de l’avant, les critères et modalités fixés de façon unanime par le Conseil doivent être respectés. Bien évidemment, le respect des relations de bon voisinage est en tête de liste des modalités et critères y relatifs.
P. PAPATHANASSIOU : M. le porte-parole, que signifie le lendemain de la trêve à Gaza pour la diplomatie grecque au Moyen-Orient ? Est-ce que la coopération avec Israël, politique et militaire, se poursuivra sans heurt ? Je rappelle également le Conseil supérieur de coopération qui nous a été annoncé dans le passé. D’un autre côté, la relation avec les pays arabes, comme le Qatar, qui maintiennent une voie de communication avec le Hamas, pouvez-vous nous dire quelle sera leur marge de manœuvre ? Merci beaucoup.

G. DELAVEKOURAS : Je saisis l’occasion de votre question pour vous rappeler que ces dernières semaines où les conditions de sécurité se sont largement empirées dans la région élargie du Moyen-Orient, la Grèce a pris toute une série d’initiatives afin que nous puissions contribuer à la création de conditions de stabilité dans notre région, qui revêtent une importance cruciale pour le maintien de la sécurité internationale.

Dans ce contexte, le ministre des Affaires étrangères, M. Avramopoulos a présenté des propositions précises pour le développement des relations de l’Union européenne avec le monde arabe, qui joue un rôle de catalyseur dans la gestion de la crise et aussi pour le resserrement des relations de l’Union européenne avec l’Egypte.

Nous estimons que l’Egypte est un partenaire stratégique dans la région du Moyen-Orient, un pays très important qui, après la révolution, acquiert de nouveau son rôle dans le système d’équilibre de la région élargie, un rôle très important pour la création des conditions de stabilité dont je viens de vous parler. Pour cette raison, il y a des contacts très fréquents avec la partie égyptienne : je me réfèrerais aux deux visites effectuées par le Premier ministre en Egypte au cours de ces deux derniers mois, à la visite du Président de la République et à sa rencontre avec le Président d’Egypte, M. Morsi, mais aussi la communication téléphonique hier entre les deux ministres des Affaires étrangères, tout de suite après l’annonce de la conclusion d’un accord pour la trêve à Gaza.

Nous nous trouvons dans une phase cruciale à l’heure actuelle. La trêve a été possible après des négociations difficiles, des pourparlers difficiles et nous devrons tout mettre en œuvre pour maintenir cette trêve. Cela suppose bien entendu, avant tout, qu’Israéliens et Palestiniens fassent preuve de modération et respectent strictement les règles définies par l’accord pour la trêve.

Nous ne saurons bien entendu ignorer les dangers existants et qui influencent la région de manière globale. La situation en Syrie est très mauvaise, ce sont des conditions de guerre civile, avec de nombreuses victimes parmi les civils. La crise humanitaire est immense, tout comme le risque direct de propagation de la crise à l’extérieur, aux pays voisins de la Syrie.

Pour cette raison, la Communauté internationale et particulièrement l’Union européenne doivent – et la Grèce continuera d’œuvrer d’arrache-pied dans ce sens – accorder toute l’aide nécessaire afin de désamorcer la crise et les tensions. Dans ce contexte, nous voulons à nos côtés nos partenaires arabes et c’est pourquoi l’initiative dont je vous ai parlé est importante pour le renforcement des consultations politiques de l’UE avec la Ligue arabe et l’Egypte, outre la coopération dans des domaines comme l’économie que nous développons en tant qu’Union européenne.

En ce qui concerne le rôle de la Grèce plus précisément, la Grèce suit une politique de principes, tant au Moyen-Orient que dans la région élargie, une politique de respect du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. Tel est le principal axe de notre politique et tous nos partenaires le savent bien, tant la partie arabe – et notamment palestinienne – que la partie israélienne. Pour cette raison, la Grèce est un interlocuteur fiable qui peut contribuer de manière constructive à rechercher des compromis et des solutions, qui à l’heure actuelle sont absolument nécessaires.

Grâce à nos initiatives, grâce aux contacts que nous avons – et je rappelle ici qu’il y a deux semaines nous avons eu la visite du ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne – grâce à nos contacts aussi bien avec Israël, qu’avec nos partenaires arabes, nous essayons d’apporter notre aide pour trouver des points de référence communs, un terrain d’entente, et faire ces pas en avant qui sont nécessaires pour instaurer la paix et la sécurité dans notre région, sans pour autant oublier les conditions difficiles qui prévalent à l’heure actuelle.

J. TASEVSKA: *** Natasha, from the State News Agency ***. There are two weeks until the European Council. I guess the Greek Government has a stand already on this issue. Can you tell me how Athens looks *** again for getting the date for starting negotiations with the EU? Thank you.

G. DELAVEKOURAS : J’aimerais rappeler que l’Union européenne, le Conseil des ministres de l’Union européenne se sont positionnés là-dessus. Le Conseil des ministres de l’Union européenne a souligné à plusieurs reprises dans des décisions à l’unanimité la nécessité de résoudre la question du nom, ce pour quoi la Grèce œuvre de façon systématique. Tel est le contexte actuel et, comme je l’ai dit tout à l’heure, la Grèce est dans un esprit constructif, elle souhaite le progrès, elle veut résoudre cette question pour que nous puissions parvenir à tous nos objectifs dans nos relations internationales, la sécurité régionale et la perspective européenne de notre région tout entière.

C’est dans cet esprit que s’intègre la politique étrangère de la Grèce comme le témoigne le niveau des négociations menées dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies et l’atteste notre récente initiative en faveur de la signature du protocole d’accord entre les deux pays. Il faudra néanmoins – et on ne doit jamais l’oublier – que tous ces critères soient respectés, ainsi que toutes les conditions et modalités définies par l’Union européenne. C’est un principe fondamental dans le processus d’élargissement qui est bien entendu appliqué dans ce cas.

D. KONSTANTAKOPOULOS : Je vous voulais savoir, Monsieur le porte-parole, concernant la question de…. Selon des informations recueillies, des représentants d’Eglises chrétiennes en Syrie se sont adressés au gouvernement grec. Comme vous le savez mieux que moi, les populations chrétiennes, les Kurdes, les Arméniens s’inquiètent énormément de l’évolution des choses et de l’éventuelle chute du régime Asad. Les informations dont je dispose font état de l’absence d’une contribution pratique de la part du gouvernement grec. J’espère que ces informations sont totalement infondées, mais j’aimerais savoir ce que pense faire Athènes, quelles initiatives seront prises en vue de soutenir les populations chrétiennes et autres qui doivent être protégées du point de vue logique et humanitaire.

G. DELAVEKOURAS : Comme vous l’avez dit aussi, ces allégations sont infondées, elles sont totalement infondées et à titre indicatif, j’aimerais dire que le ministère des Affaires étrangères et personnellement le ministre des affaires étrangères, M. Avramopoulos, sont en contact direct avec le Patriarche d’Antioche. Par ailleurs, je souligne que pour la Grèce la protection des droits des minorités est un paramètre fondamental et une priorité absolue dans le cadre de tout effort de résolution de la crise en Syrie. A l’heure actuelle, la situation est difficile et il va de soi que les communautés chrétiennes, comme toutes les communautés en Syrie, sont fortement préoccupées car elles sont plongées au milieu d’une guerre civile qui, comme je vous l’ai dit, fait de nombreuses victimes.

Pour cette raison, nous avons toujours, auprès de toutes les organisations auxquelles participe la Grèce, fixé comme priorité absolue la garantie de la protection des droits des minorités, et notamment de la minorité chrétienne en Syrie.

D. KONSTANTAKOPOULOS : Une autre question, concernant la Syrie, si la question se pose bien entendu – car il y a quelques semaines, vous avez exprimé au nom du ministère des Affaires étrangères la solidarité envers la Turquie concernant l’incident qui s’est produit – si demain Ankara demande l’activation de l’article 5 ou 6, de la charte sur l’autodéfense, est-ce que la Grèce ignorera le fait que la Turquie est une force d’occupation à Chypre et menace la Grèce elle-même par la guerre ? Car il va de soi que dans certaines conditions on peut avoir une solidarité, mais on ne peut faire fi de toutes les autres réalités.

G. DELAVEKOURAS : Aussi bien la menace de guerre continue de la part de la Turquie, que l’occupation du territoire de la République de Chypre par les forces armées turques sont inacceptables et nous avons à plusieurs reprises appelé la Turquie à retirer les forces armées, à retirer cette menace et à voir enfin nos relations sous un autre angle, où la coopération et le progrès en commun seront la principale caractéristique des relations. Jusqu’à ce moment, néanmoins, il va de soi que la Grèce prendra toutes les mesures nécessaires en vue de garantir son intégrité et sa souveraineté.

S’agissant de l’incident que vous mentionnez, où des tirs de roquette ont été tirés sur des régions de la Turquie, il est clair – et cela était une prise de position de l’OTAN – que l’Alliance a exprimé sa solidarité à la Turquie qui avait été la cible de cette attaque. Cela étant, aucune discussion n’a eu lieu sur l’activation de l’article 5. Les discussions qui se déroulent actuellement ont lieu sur la base de l’article 4 et nous espérons – et nous œuvrons dans ce sens – que nous réussirons à désamorcer la crise. C’est notre principal souci, car dans le cas contraire c’est toute la région du Moyen-Orient qui est menacée par une escalade des tensions, ce qui est un danger pour la stabilité et la paix.


Μ. KOURBELA : Nos relations avec l’Amérique latine n’ont pas produit de résultats très tangibles. Hier, M. Avramopoulos a inauguré une nouvelle page, dans le domaine économique surtout. Que pouvons-nous attendre, quelles sont les priorités dans la région de la Grèce ? Merci beaucoup.

G. DELAVEKOURAS : Le souhait du ministre des Affaires étrangères est que notre politique étrangère ouvre de nouvelles voies de coopération, notamment avec des régions et des pays qui offrent des perspectives de développement de cette coopération, une coopération qui ne s’est pas développées à sa juste valeur en raison des possibilités existantes, mais aussi des relations que nous entretenons avec les peuples de ces pays. En ce qui concerne l’Amérique latine, comme vous le savez, nous parlons d’une région avec des communautés grecques très actives, avec des sentiments réels d’amitié qui remontent à des décennies et des siècles et qui offre de bonnes perspectives de coopération ultérieure. Par exemple, depuis l’année dernière, les exportations de la Grèce vers l’Argentine – dont il est maintenant question, vu qu’hier le ministre des Affaires étrangères a eu la rencontre – ont été multipliées par cinq. Il y a donc de grandes possibilités, encore faut-il créer le cadre et les conditions nécessaires pour le développement ultérieur de cette coopération économique. Au niveau politique, bien entendu, vous devez savoir que la Grèce entretient de très bonnes relations avec ces pays, il y a une très bonne coordination et coopération dans le cadre des organisations internationales dont nous faisons partie. L’importance qu’accorde le ministre des Affaires étrangères au développement des relations avec les pays d’Amérique latine se reflète dans sa volonté de participer au sommet UE – pays d’Amérique latine qui se tiendra au Chili en 2013.

P. PAPATHANASSIOU : Monsieur le porte-parole, la récente loi 4093/2012 prévoit un séjour de vingt ans minimum avant le départ à la retraite. Comme vous avez pu être informé, cela a suscité de vives préoccupations auprès de la minorité grecque de l’Epire du nord qui prennent la retraite grâce à un régime spécial de l’OGA (Organisme des Assurances agricoles). En tant que ministère, comptez-vous prendre une initiative, quelle qu’elle soit, concernant cette question sensible ? Merci.

G. DELAVEKOURAS : Nous sommes au courant de cette question que nous essayons de traiter de façon appropriée.

Merci beaucoup.

Novembre 22, 2012