"Une série de questions est liée à la destruction de l'arsenal chimique de la Syrie sur la base de la résolution du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques étant chargée de l'exécution de cette opération. Ladite organisation, comme vous le savez siège à La Haye et est une entité relevant du système des Nations Unies.
L'UE n'a aucune compétence en la matière et il n'est pas possible qu'un pays membre de l'ONU ou de l'OIAC mette du veto. Seulement les membres permanents du Conseil de sécurité peuvent mettre un veto. A cet égard, la Commission européenne, tout comme les autres pays tels que l'Allemagne, le Danemark, la Norvège, la Finlande, finance l'opération dont le coût est relativement bas, mais cela se fait dans le cadre de la résolution du Conseil de sécurité qui est juridiquement contraignante pour tous les Etats membres et toutes les organisations internationales.
L'ONU donc et l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques agissent en fonction de la Convention internationale sur l'interdiction des armes chimiques. Ladite Convention interdit explicitement le rejet de n'importe quel matériel ou déchet en mer et il est évident que l'OIAC elle-même respecte ce processus.
Nous, en tant que pays - je parle maintenant en ma qualité nationale - voulons et nous avons toujours voulu que l'opération à travers la technique de l'hydrolyse à bord d'un navire soit menée en dehors de la Méditerranée, dans l'océan et de préférence dans l'océan atlantique qui est une mer ouverte. Il y a eu aussi cette offre de la part du Portugal qui a mis à disposition le port des Açores, mais puisque, comme vous le savez, d'autres pays, comme l'Italie qui a mis à disposition le grand port commercial de Calabre, Gioira Tauro, et la Croatie qui met également à disposition son port pour soutenir cette opération, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques a finalement décidé d'opter pour la Méditerranée, vu que la Syrie est un pays méditerranéen et que les armes chimiques sont évacuées par le port de Lattaquié qui est un port méditerranéen, et, quoi qu'il en soit, c'est la Méditerranée qui est exposée au risque lié aux armes chimiques syriennes et il est urgent que ces armes soient évacuées et détruites.
Comme vous le savez, l'évacuation a commencé depuis déjà un certain temps. Toutes les informations sont publiées en détail sur le site web de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. Toutes les informations y figurent avec tous les détails Tous les gouvernements participant à cette opération technique, les Etats-Unis, le Danemark qui a mis à disposition un navire, le Norvège, des pays ayant des sensibilités écologiques, ont fourni toutes les informations techniques nécessaires à travers des téléconférences avec des pays comme la Grèce laquelle a été briefée par voie officielle, avec des ONGs, telles que Greenpeace qui a été appelée afin d'être briefée, et il y a, bien évidemment, des entreprises privées dans des pays comme la Finlande et l'Allemagne, qui vont exploiter les déchets industriels.
Une partie de cet arsenal chimique est détruite sans utiliser la technique de l'hydrolyse et ce processus est déjà en cours. Les transports sont faits au moyen de deux navires mis à disposition par le Danemark et la Norvège. Ces navires qui mouillent souvent dans les ports méditerranéens, l'exemple le plus marquant étant le port de Lattaquié où le Président chypriote a visité deux fois le navire norvégien et une fois le navire danois. Il s'y est rendu une fois seul et une autre fois il a été accompagné par la Premier ministre du Danemark. En outre, il est évident que cette opération, si elle est menée, sera menée dans les eaux internationales. Les eaux territoriales internationales ne relèvent de la compétence d'aucun Etat, c'est pourquoi elles sont appelées eaux internationales. Le navire est considéré comme étant le territoire du pays sous le pavillon duquel il navigue.
Une opération militaire de protection et de surveillance à grande échelle sera également menée à laquelle nous voulons tous, conformément à la résolution du Conseil de sécurité, que la Russie continue de participer, indépendamment de la crise en Ukraine. La Grèce a mis à disposition un sous-marin de sa flotte, en vue de surveiller et de protéger le navire allemand à bord duquel aura lieu l'opération à travers la technique de l'hydrolyse, de suivre de près le processus et de contrôler le fond marin. C'est pourquoi nous avons choisi de participer à cette opération avec la mise à disposition d'un sous-marin.
En outre, on sait que l'Organisation des Nations Unies veut que l'évacuation de l'arsenal chimique syrien soit achevée dans les plus brefs délais car, d'après des articles parus dans la presse, l'utilisation des armes chimiques se poursuit et des armes chimiques sont utilisées pour fabriquer des bombes à baril. Cela est très important et nous devons faire preuve de solidarité à cet égard.
Maintenant, il y a des questions en suspens pour la Grèce et nous voulons que la participation de l'UE soit claire, au moins au niveau des garanties et j'ai mis cette question sur la table en ma qualité de ministre des Affaires étrangères de la Grèce, au Conseil des Affaires étrangères.
Mais cela ne relève pas de la compétence de l'UE, ni de la compétence du Conseil des Affaires étrangères et malheureusement ni de celle du Parlement européen. Nous agissons au niveau de l'Organisation des Nations Unies. Maintenant, supposons que l'ONU elle-même et l'OIAC elle-même, en coopération avec des scientifiques, des Etats qui ont des sensibilités à cet égard, des gouvernements, des parlements, des ONGs violent le traité qu'ils sont en train de surveiller, tout sera bouleversé dans l'ordre juridique international, dans le système d’organisation international de la société. Nous devons avoir un minimum de confiance dans l'ONU et l'OIAC.
La Grèce a visité et examiné en coopération avec un scientifique grec le navire "Cape Ray". Il y a un candidat grec au poste de Directeur de vérification de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, les hauts fonctionnaires compétents en la matière du Laboratoire chimique public qui est l'autorité nationale en Grèce, ont été briefés, mais tous les pays méditerranéens doivent avoir les mêmes sensibilités. Pourquoi seulement la Grèce? Pourquoi cela n'est-il pas un problème suscitant l'inquiétude de toute la région méditerranéenne? Notamment les pays européens de la Méditerranée. A cet égard, comme vous le savez, je ne parle pas au nom du Conseil ou de la Présidence, je parle au nom du gouvernement grec et de la société grecque qui accordent une très grande importance au respect de ce Traité sur l'interdiction des armes chimiques.
Nous n'avons aucune raison de considérer que le Traité sera violé par l'Organisation sur l'interdiction des armes chimiques, mais, bien évidemment, il existe toujours le risque d'un accident dans une mer fermée et nous voulons être sûrs que toutes les mesures indispensables soient prises. Et on verra quelle sera la réaction après la discussion d'aujourd'hui que je tiens pour la nième fois. Je soulèverai également cette question mercredi lors de la réunion des ministres des affaires étrangères de la Méditerranée.
Avril 15, 2014