mardi 22 mai 2012
greek english french
Accueil arrow Actualité arrow A la Une arrow Déclarations du ministre des Affaires étrangères, M. Dimas et du Secrétaire général de l'OTAN, A.F. Rasmussen à l'issue de leur rencontre

Déclarations du ministre des Affaires étrangères, M. Dimas et du Secrétaire général de l'OTAN, A.F. Rasmussen à l'issue de leur rencontre

jeudi, 16 février 2012

Déclarations du ministre des Affaires étrangères, M. Dimas et du Secrétaire général de l'OTAN, A.F. Rasmussen à l'issue de leur rencontre

S. DIMAS: C'est avec un grand plaisir que nous accueillons à Athènes, le Secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen. Sa visite coïncide avec le 60e anniversaire de l'adhésion de la Grèce à l'Alliance. Cette visite nous a toutefois offert l'occasion de discuter des grands défis auxquels est confrontée actuellement l'Alliance, en vue aussi de la réunion au sommet qui se tiendra à Chicago au mois de mai.

Pendant toutes ces 60 annees de sa participation a l'Alliance nord-atlantique, la Grece, l'un des plus anciens membres de l'OTAN, a eu toujours une presence dynamique dans le cadre des operations menees par l'OTAN, a travers sa participation et la mise a disposition des ses infrastructures militaires. Vu aussi la position geostrategique de la Grece, situee dans l'une des regions les plus sensibles de la planete, sa participation a l'OTAN devient un facteur de puissance tres important et offre une valeur ajoutee a notre politique etrangere et de defense.

Toutefois, personne ne peut négliger les grands défis auxquels est confrontée la Grèce au niveau national, des défis qui, malheureusement, n'ont pas été relevés à travers notre participation à l'Alliance. Hier, de nouvelles menaces ont été lancées contre Chypre. Il y a eu de nouveau des survols, il y eu des contestations des droits souverains de la Grèce. Cette attitude ne convient pas à un membre de l'alliance. C'est une attitude qui doit cesser. La Grèce défend ses droits. Malheureusement, au lieu de parler de ce qui nous unit, nous sommes confrontés à des provocations qui sapent les perspectives d'amélioration de nos relations.

Au cours de ces 60 années qui se sont écoulées, l'environnement international dans lequel l'OTAN est appelé à accomplir sa mission, a dramatiquement changé. Il va de même pour la notion de la menace. En dépit de cela, l'Alliance réussit à s'adapter avec succès aux nouveaux défis. La contribution personnelle du Secrétaire général à cet effort est décisive et jouit de tout le soutien de la Grèce.

Dans quelques mois, se tiendra a Chicago la reunion au sommet. Nos allies seront appeles a repondre a des questions pressantes, telles que le processus de transfert de la responsabilite de la securite de l'ISAF aux autorites afghanes. Le renforcement des liens de cooperation entre l'OTAN et les autres entites de la communaute internationale, ainsi que la mise en place de l'initiative "Defense intelligente" (Smart Defense), une initiative dont l'objectif est de trouver, dans cette conjoncture economique internationale difficile, la meilleur facon de developper les moyens et les capacites de l'OTAN.

Les économies des pays membres de l'OTAN, sont confrontées une crise économique sans précédent dans leur histoire. Par conséquent, nous devons trouver les moyens qui nous permettront de fonctionner plus efficacement avec moins de ressources. L'adoption du nouveau concept stratégique de l'OTAN, sous la direction du Secrétaire général, constitue la nouvelle feuille de route de l'Alliance pour franchir le seuil de cette nouvelle ère. Le nouveau concept stratégique comporte des principes très importantes, telles que le maintien de la règle de l'unanimité dans la prise des décisions, le respect des principes des Nations Unies et des règles du droit international, la reconnaissance du caractère stratégique de la coopération de l'Alliance avec la Russie, le renforcement de ses relations avec l'Union européenne et l'importance de l'intégration progressive des pays des Balkans occidentaux aux structures euro-atlantiques, ce qui constitue d'ailleurs un objectif stratégique de la Grèce, toujours dans le cadre des critères et des modalités, parmi lesquels figure, entre autres, le respect des relations de bon voisinage. Nous avons parlé de toutes ces questions et nous poursuivrons nos discussions lors du déjeuner.

J'aimerais encore une fois remercier le Secrétaire général qui est venu aujourd'hui à Athènes pour célébrer avec nous le 60e anniversaire de l'adhésion de la Grèce à l'OTAN.

Je vous remercie beaucoup.

A.F. RASMUSSEN: Monsieur Dimas, je vous remercie pour vous paroles bienveillantes. Nous avons eu ce matin une discussion très positive et nous poursuivrons nos discussions cet après-midi.

Tout d'abord, je voudrais a l'occasion du 60e anniversaire de l'adhesion de la Grece a l'OTAN, adresser mes felicitations a vous-memes et a la Grece. Je voudrais vous remercier pour votre engagement ferme a l'egard de notre alliance et des relations interaltantiques. Je voudrais exprimer notre reconnaissance pour votre importante contribution aux operations de l'OTAN l'annee derniere, a cette operation tres reussie qui a ete menee dans le but de proteger la population civile de la Libye. Vous avez egalement eu une contribution tres importante a nos operations menees au Kosovo et en Afghanistan. Mais, au niveau politique aussi, la Grece a joue un role d'importance vitale, un role qu'elle jouera aussi dans l'integration euro-atlantique des pays des Balkans occidentaux. Et ma volonte est que tous les pays des Balkans occidentaux adherent aux structures euro-atlantiques, a l'OTAN et a l'UE, et je pense que la Grece peut jouer un role important en facilitant ce processus.

J'effectue cette visite a un moment ou le gouvernement s'emploie a mettre de l'ordre a son economie et la reformer. A mon avis, la securite et l'economie sont etroitement liees, car, lorsque les economies sont marquees par des deficits enormes et par une dette galopante, elles deviennent plus vulnerables. Par consequent, les bonnes politiques fiscales sont aussi des solides politiques en matiere de securite. Dans ce cadre, l'OTAN offre a la fois une bonne economie des ressources ainsi qu'une solide securite. Une solide securite car nous devenons plus puissants quand nous nous aidons mutuellement, une bonne economie des ressources car nous pouvons assurer une utilisation plus efficace de nos ressources quand nous cherchons a parvenir a des solutions multinationales, au lieu des solutions purement nationales. Par consequent, lorsqu'il y a une assistance reciproque, nous devenons plus puissants. Telle est d'ailleurs la raison d'etre de notre alliance.

L'OTAN est une famille de nations qui partagent les memes valeurs, une famille ou tous les membres s'aident mutuellement. Cette question importante figure par ailleurs a l'agenda de la reunion au sommet de l'OTAN a Chicago. Nous discuterons des modalites qui nous permettront d'assurer une defense puissante a l'avenir, des moyens qui nous permettront d'acquerir les capacites necessaires, en depit de la crise economique et de la reduction des depenses militaires. Et le chemin que nous devons suivre est celui de la "defense intelligente", a savoir une facon plus intelligente d'utiliser les ressources dans le domaine de la defense et pour ce faire, la facon la plus intelligente est d'unir et de partager nos ressources et de parvenir a des solutions multinationales. Lors de nos entretiens aujourd'hui, avec les membres du gouvernement grec, ces derniers m'ont assure de l'intention de la Grece de participer a une cooperation multinationale de ce genre.

Enfin, lors de la reunion au sommet a Chicago, nous discuterons egalement de notre cooperation avec des pays a travers le monde. J'aimerais souligner a cette occasion, nos partenariats avec les pays de l'Afrique du nord et du Moyen-Orient. Au lendemain du Printemps arabe, je pense que nous devons saisir l'occasion presentee et renforcer nos synergies avec les pays de cette region, ce qui est dans notre interet strategique, voir c'est-a-dire la liberte et la prosperite se consolider en Afrique du nord et au Moyen-Orient et voir la Mediterranee se transformer en une mer de paix, en un centre de prosperite et de developpement economique. Cela sera au profit de la Grece, mais aussi au profit de l'Europe tout entiere et de la region euro-atlantique, et j'ose esperer que lors de la reunion au sommet de l'OTAN des decisions importantes seront prises au sujet du renforcement de nos synergies avec les pays de l'Afrique du nord et du Moyen-Orient.

JOURNALISTE: Je voudrais adresser une question au ministre grec des Affaires etrangeres, M. Dimas. Que pensez-vous du recent communique du ministere turc des Affaires etrangeres et, plus particulierement, des menaces directes de la Turquie concernant le deuxieme tour d'octroi d'autorisations dans la zone economique exclusive de Chypre?

S. DIMAS: Je commencerai en citant les paroles du Secretaire general: La Mediterranee, la Mediterranee orientale doit se transformer en une mer qui unit, en une mer de paix. Au lieu de lancer des menaces, la Turquie devrait respecter le droit international et la convention des Nations Unies et le droit de la mer, tel qu'il est d'ailleurs souligne dans les conclusions du Conseil de l'Union europeenne de decembre dernier. En refusant de normaliser ses relations avec la Republique de Chypre, la Turquie entrave les negociations visant au reglement de la question chypriote, des negociations qui ne sont pas du tout liees a l'exercice des droits souverains de la Republique de Chypre. Comme nous l'avons, a maintes reprises, souligne au passe, la Grece et Chypre n'ont pas l'intention d'adopter l'attitude de la Turquie qui consiste a lancer des menaces et a recourir a des provocations. La Grece soutient pleinement la Republique de Chypre pour ce qui est de l'exercice des ses droits souverains et de sa zone economique exclusive, ce qui est par ailleurs reconnu par la communaute internationale dans son ensemble, a l'exception de la Turquie. La Grece et Chypre ont une cooperation continue pour coordonner leurs actions.

M. BENEDICT: Je vous remercie. Martin Benedict, de l'Associated Press. Une question pour le Secretaire general de l'OTAN. Dans quelle mesure etes-vous surs qu'un accord de paix sera atteint en Afghanistan, auquel seront aussi impliques les Talibans? Dans quelle mesure etes-vous preoccupes par les declarations de l'Iran au sujet de son programme nucleaire?

A.F. RASMUSSEN: Tout d'abord, s'agissant de l'Iran et de son programme nucleaire, je voudrais souligner que l'OTAN est une alliance qui n'est pas impliquee dans le dossier iranien. Ce sont les pays allies a titre individuel qui y sont impliques, et nous suivons de pres la situation. Cette question, bien entendu, pourrait a long terme, avoir des incidences sur la securite. Nous soutenons les efforts internationaux visant a l'atteinte d'une solution politique et diplomatique a cette question. Nous encourageons le gouvernement iranien a se conformer a ses obligations internationales, y compris les resolutions y relatives des Nations Unies. Je n'ai pas a ma disposition d'informations permettant d'evaluer les declarations de l'Iran. Pour ce qui est de l'Afghanistan, je ne sais pas dans quelle mesure est-il possible de parvenir a une solution aux conflits dans ce pays a travers des negociations. Mais ma position est tout a fait claire. S'il existe une possibilite de parvenir a une solution politique a travers des negociations, je pense que cette possibilite doit etre exploree une fois que certaines conditions seront reunies.

Premiere condition est que les Afghans eux-memes doivent etre en tete de ce processus. Ainsi, le gouvernement afghan doit se mettre au volant. Telle est la premiere condition. La deuxieme condition, a mon avis, est que les groupes et les personnes impliquees dans ce processus de reconciliation se conforment et appliquent la constitution democratique afghane, y compris les droits des femmes, ainsi que tous les autres droits de l'homme. Et, enfin, une autre condition est que ces groupes rompent toute relation avec les organisations terroristes. Des lors que ces conditions sont remplies, je pense que nous devrons consentir des efforts dans ce sens. Maintenant, je ne peux savoir dans quelle mesure cela est possible. Toutefois, je ne peux vous dire qu'une chose. Plus on fait monter la pression militaire sur les Talibans, plus apparait probable que les Talibans realisent qu'ils n'atteindront pas leurs objectifs par la voie militaire, et decident qu'il serait mieux pour eux de s'asseoir a la table des negociations. Par consequent, ce que je veux dire est que nous continuerons d'exercer des pressions militaires, ce qui facilitera egalement l'atteinte d'une solution politique.
(…): Je vous remercie beaucoup.

You need to upgrade your Flash Player
Rejoignez-nous sur Facebook Voir nos photos sur Flickr Suivez-nous sur Twitter Voir nos vidéos sur YouTube
RSS 2.0