Conférence de presse conjointe à l’issue de la réunion de l’OCEMN (Thessalonique, 26 novembre 2010)

M. D. DROUTSAS : Permettez-moi de vous dire deux mots. La réunion de Thessalonique marque la fin de la Présidence de la Grèce de l’OCEMN entamée le 1er janvier de cette année.

Comme vous vous en souvenez, lors de la présentation faite en juin à Athènes tout au début de notre présidence, la promotion d’un modèle de développement vert a figuré tout en haut de notre agenda pour l’OCEMN et ses Etats membres et la devise choisie pour notre présidence a été : « Le mer noire devient verte ».

Aujourd’hui, six mois après, je suis en position d’affirmer que la présidence hellénique a été couronnée de succès. Tout d’abord, nous avons entre les mains une déclaration commune de tous les ministres des Etats membres de l’OCEMN par laquelle tous les ministres reconnaissent que la région de la mer Noire est vulnérable au changement climatique.

Nous convenons de consentir des efforts communs en vue de lutter contre le changement climatique et de mettre l’accent sur les projets de développement durable en faveur de l’entreprenariat innovateur et vert.

Cette déclaration sera soumise par la Grèce au nom de l’OCEMN et des Etats membres lors de la conférence de l’ONU sur le climat qui se tiendra au Mexique, à Cancun, le mois prochain.

Au cours de la présidence hellénique, s’est tenu un grand nombre de réunions entre les différents groupes de travail. Nous avons enrichi les domaines de coopération entre les membres de l’Organisation, nous avons également organisé deux réunions ministérielles très réussies dans les domaines de l’énergie et du tourisme. Force est de signaler que l’OCEMN est avant tout une Organisation économique qui met toujours l’accent sur le développement de l’esprit d’entreprise.

Le développement vert qui constitue la principale action de la présidence hellénique, offre de nouvelles opportunités pour la promotion des actions et des coopérations dans le domaine des affaires.

Dans ce contexte, le SEV sous l’égide de notre ministère, du ministère des Affaires étrangères, organise aujourd’hui en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OCEMN un forum d’affaires consacré aux différents aspects du développement vert et de l’esprit d’entreprise. La nombreuse participation des hommes d’affaires de la Grèce et de tous les pays membres de l’Organisation atteste de l’intérêt marqué à l’égard de cet objectif.

A ce stade, je voudrais évoquer ce que j’ai tout à l’heure affirmé lors de mon allocution d’ouverture lors du forum d’affaires. A l’époque de l’antiquité classique, la région de la mer Noire a été un espace économique uni, une région marquée par l’essor du commerce favorisant tant la circulation de produits que des idées. Les richesses produites par les hommes à travers ces échanges n’étaient pas seulement matérielles mais aussi spirituelles et tel est justement notre vision de l’OCEMN aujourd’hui.

Enfin, je voudrais souhaiter à la prochaine présidence roumaine tous le succès dans l’accomplissement de son œuvre. La Roumanie peut compter sur notre plein soutien. Permettez-moi en concluant mon allocution de remercier de tout mon cœur tous les participants, les ministres, les chefs des délégations et les représentants des observateurs de l’OCEMN pour leur participation constructive à l’œuvre de la présidence hellénique.

Et, bien entendu, permettez-moi de présenter mes remerciements chaleureux à tous les fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères et notamment à la Direction B2 des relations économiques, la Direction du Protocole ainsi que le Secrétariat général de l’Information pour son excellent travail dans l’organisation de la réunion ministérielle.

Et, enfin, permettez-moi avant de donner la parole au Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Spyros Kouvelis de lui adresser mes remerciements car c’était lui qui a assumé en effet toute la responsabilité de la Présidence de l’OCEMN. Et avant d’accorder la parole à la prochaine présidence, au ministre roumain des Affaires étrangères, je voudrais demander à M. Kouvelis de nous dire quelques mots à cet égard.

Merci.

M. S. KOUVELIS : Merci beaucoup Dimitris pour tes propos aimables et pour me donner l’occasion de dire deux mots sur la présidence hellénique de l’OCEMN qui vient de s’achever.

La devise que nous avons présentée il y quelques mois quand nous avons assumé la Présidence, à savoir « Black Sea turns Green » (La mer Noire devient verte) a réussi à rassembler tous les pays de la mer Noire autour de cet effort.

Dans ce cadre, la présidence hellénique a promu l’organisation de groupes de travail thématiques et sectoriels au sein de l’OCEMN sur le thème de l’énergie, de l’environnement, des Petites et moyennes entreprises, des transports, etc., tout en assurant que ces thématiques continueront de figurer à l’ordre du jour de l’Organisation bien après la fin de la présidence hellénique.

L’événement marquant de la présidence hellénique a été l’élaboration de cette déclaration commune à laquelle s’est référé le ministre, à savoir la déclaration de Thessalonique sur la lutte contre le changement climatique. Cette initiative a été saluée par tous les participants lors de son adoption par le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’OCEMN.

Force est de signaler que lors de la discussion sur cette question engagée dans le cadre d’un débat ouvert, un représentant de la société civile, des Organisations non gouvernementales, m’a dit une chose qui m’a beaucoup impressionnée : « Etes-vous conscients qu’à travers cette déclaration vous tracez en effet la voie vers un nouvel avenir pour la mer Noire ? ». Je pense que les Organisations non gouvernementales nous aident à en prendre conscience et c’est pourquoi je pense que la présidence hellénique a marqué de son propre sceau le parcours de la mer Noire.

Dans cette déclaration est consacrée la volonté commune des Etats membres de l’OCEMN d’œuvrer ensemble en faveur de la promotion du développement vert. Cette déclaration sera bien entendu soumise par notre pays en tant que présidence en exercice de l’Organisation à la conférence internationale de l’ONU sur le changement climatique.

J’évoquerai très rapidement l’importance du forum d’affaires tenu aujourd’hui en coopération avec le SEV et le SEVE car il nous donne la possibilité de concrétiser cet objectif visant à l’élaboration d’une nouvelle politique de développement.

Ce sont les entreprises, ce sont les citoyens, ce sont les hommes, et parmi lesquels notre pays, qui donneront un élan à ce parcours de la mer Noire,

Enfin, je voudrais me référer au travail accompli par les organisations associées, l’Organisation de la mer Noire, le Centre international d’études sur la mer noire (DIKEMEP) qui est le think tank de l’Organisation. Il y a deux jours, cette enceinte a assuré encore une réussite puisque M. Steiner, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Président et directeur exécutif du programme des Nations Unies pour l’environnement est venu à Athènes.

Il a prononcé un discours devant le parlement hellénique et lors d’une manifestation excellente du DIKEMEP. Dans son discours il a décliné les raisons pour lesquelles le développement vert était la clé pour une région comme la mer Noire et a souligné l’importance des autres organisations associées, à savoir le Business Council, la Banque de développement et d’investissement en mer Noire et, bien entendu, l’importance de la coopération des parties parlementaires de la mer Noire en faveur du rapprochement des citoyens.

Je voudrais en guise de conclusion évoquer deux autres événements marquants de la présidence hellénique. La réunion des ministres de l’énergie des Etats membres de l’OCEMN qui s’est tenue à Nauplie le 12 octobre. Lors de cette réunion ont été présentées les grandes lignes de cette initiative en faveur de l’énergie verte, un dossier qui à ma grande satisfaction fera l’objet de discussions lors de la prochaine présidence roumaine. Le deuxième événement marquant a été la réunion des ministres du Tourisme à Athènes le 15 novembre. Lors de cette réunion ont été abordées des questions relatives à la simplification de la procédure d’octroi de visa et à la promotion de la coopération régionale.

Enfin, le Fonds de développement hellénique de l’Organisation qui est financé par notre pays a mis à disposition 500 mille euros pour le financement des programmes pilotes en faveur du développement de l’esprit d’entreprise. Ce fonds est en train d’examiner actuellement ce genre de propositions en vue de réaliser ces objectifs.

Je voudrais également remercier tous les pays qui ont participé à l’OCEMN pour la coopération excellente tout au long de la présidence hellénique, le Secrétariat et les organisations associées.

Je tiens également à présenter mes meilleurs vœux et faire part de ma conviction que la présidence roumaine sera couronnée de succès. J’aimerais de tout mon cœur remercier Dimitris Droutsas car, bien que son rôle n’ait pas été aussi évident tout au long de la présidence, il a considérablement soutenu l’œuvre de la présidence hellénique.

M. D. DROUTSAS : Merci Spyros. Permettez-moi, de donner la parole à la prochaine présidence en exercice de la Roumanie et au ministre roumain des Affaires étrangères de ce pays, M. ?eodor Baconschi. Teodor vous avez la parole.

M. T. BACONSCHI : Merci beaucoup Dimitris. En ma qualité de président de la prochaine présidence de l’OCEMN, je voudrais féliciter la présidence actuelle de l’Organisation pour l’excellente organisation de la 23e réunion du conseil ministériel.

Avec M. Droutsas, nous nous sommes adressés aux participants du Forum d’affaires de la mer Noir tout en mettant l’accent sur la nécessité de conjuguer nos efforts dans la région élargie de la mer Noire.

Nous avons eu des discussions régulières et avons passé en revue l’état actuel de la coopération entre les Etats membres de l’OCEMN.

Nous avons également signé l’accord sur la coopération dans le domaine de la science et de la technologie avec les Etats Unis. Nous avons étendu le statut d’observateur et de partenaire au dialogue avec toute une série d’Etats et d’organisations. Nous avons également accueilli un nouveau partenaire au dialogue, la République de Corée. Nous saluons leur adhésion. Je suis convaincu que cette coopération sera au profit de deux parties.

Je me réjouis de constater l’intérêt accru à l’égard de l’OCEMN dans les autres régions du monde.

Nous avons également examiné les activités renforcées entreprises par les autres organisations associées de l’OCEMN. Je voudrais souligner l’importance de cette coopération multidimensionnelle.

Nous avons adopté le budget de l’OCEMN et avons eu un échange substantiel sur les fonds de développement, des projets concrets et sur d’autres modalités permettant d’améliorer l’efficacité de l’organisation.

L’adoption de la Déclaration conjointe sur la lutte contre le changement climatique dans la région élargie de la mer Noire atteste de la contribution concrète de notre organisation.

Dernier point mais non le moindre, nous avons discuté de l’interaction entre l’OCEMN et l’UE. A notre avis, l’Union est de par sa nature un partenaire de l’OCEMN et l’interaction de plus en plus importante de deux organisations sera au profit de tous les Etats membres de l’OCEMN.

Je voudrais souligner qu’outre les trois Etats membres de l’UE, notre organisation comporte des Etats ayant une relation spécial avec l’UE, des pays candidats et des pays candidats potentiels, tout comme les Etats faisant partie du Partenariat oriental. Nous encourageons la contribution constructive de tous les partenaires de l’OCEMN à cette interaction et nous attendons avec intérêt une attitude également préventive de la part de la Commission.

Bref, pour ce qui est maintenant de l’imminente présidence roumaine, permettez-moi d’utiliser la devise qui a été choisie pour guider notre activité : « Building Sustainability, Enhanced Commitments ». Cette devise reflète l’acronyme de l’OCEMN et atteste de notre ferme engagement à l’égard de l’organisation et de ses activités en vue de poursuivre ce processus de réflexion axé sur le consensus pour ce qui est des perspectives de notre organisation.

J’ai tout à l’heure souligné la notion de la durabilité et la nécessité de continuer les efforts consentis par les présidences précédentes. Pour renforcer l’efficacité de l’organisation, nous essayerons d’adopter une approche qui sera plus axée sur les projets de l’OCEMN et par le biais d’engagements accrus nous voulons entreprendre des actions communes qui sont plus efficaces que les actions entreprises individuellement.

C’est la troisième fois que la Roumanie a l’honneur de diriger l’OCEMN depuis que celle-ci est devenue une organisation à part entière. J’espère que tous nous partenaires nous soutiendront dans cette mission visant à renforcer la mission économique de l’organisation tout en mettant l’accent sur les échanges et les investissements au niveau régional.

Etant donné l’importance et le rôle de l’OCEMN dans la coopération régionale, nous pensons également que l’année prochaine nous offrira une excellente opportunité d’entamer un processus de réflexion avec tous les pays de l’OCEMN sur l’avenir de l’organisation et ses objectifs stratégiques.

La Roumanie veut renforcer le parcours démocratique et européen de son voisinage de l’Est, car les deux pays partagent la même langue, la même culture et la même histoire. Dans ce contexte, la Roumaine, en tant qu’Etat membre de l’UE, supportera tous les gouvernements élus par la voie démocratique lesquels promeuvent de manière soutenue non seulement théoriquement la mise en place des réformes en vue d’accélérer la réalisation de l’objectif de l’intégration européenne.

Enfin, deux mots sur le budget de l’OCEMN. Nous sommes préoccupés par la situation financière du Secrétariat international permanent de l’OCEMN. Nous avons également reconnu les efforts consentis par le pays d’accueil en vue de soutenir le fonctionnement approprié du Secrétariat en 2010 et nous espérons qu’une décision de justice sera bientôt rendue dans l’affaire de l’ancien comptable.

En tant que la prochaine présidence de l’organisation, nous invitons les Etats membres de l’OCEMN à verser leur contribution annuelle obligatoire à l’avance pour l’année prochaine et sur la base des engagements assumés par certains de mes collègues pendant cette réunion, nous pensons que toutes les conditions préalables seront réunies en vue d’assurer l’opération sans heurts de l’organisation pendant notre présidence et les présidences à venir.

Pendant notre mandat, nous continuerons d’examiner toutes les mesures de précaution nécessaires, y compris celles de nature juridique, en vue d’éviter des situations aussi regrettables à l’avenir. Merci.

M. D. DROUTSAS : Merci Teodor. Et puisque nous sommes ici en tant que Troïka, puis-je demander à la précédente présidence en exercice de l'OCEMN, la Bulgarie, de dire quelques mots. M. le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères de la Bulgarie, Dimitar Tsanchev, vous avez la parole.

M. D. TSANCHEV: Merci M. le ministre. Messieurs les ministres, chers collègues. Je serais bref. J’aimerais remercier la présidence grecque en exercice pour son accueil chaleureux, les efforts déployés axés sur le développement vert. Ces efforts ont été couronnés de succès et ont donné lieu à la déclaration conjointe sur la lutte contre le changement climatique dans la région élargie de la mer Noire. Cette déclaration conjointe reflète la capacité de l’Organisation à prendre des positions communes sur les questions mondiales et régionales et représente une contribution notable à la conférence de Cancun sur le changement climatique.

J’aimerais relever avec satisfaction la continuité entre nos deux présidences en exercice et vous assurer que la prochaine présidence roumaine en exercice, dont le mot d'ordre est la durabilité, sera aussi tout aussi réussie que la présidence grecque. J’aimerais souhaiter à mes collègues roumains que leurs efforts soient couronnés de succès, les assurer de notre soutien et leur garantir que nous serons des membres responsables de notre organisation, comme nous l’avons été jusqu’à présent. Je vous remercie encore.

M. D. DROUTSAS : Merci beaucoup. J'aimerais maintenant passer la parole au Secrétaire général de l'OCEMN du Secrétariat international permanent, l'Ambassadeur Leonidas Chrysanthopoulos.

M. L. CHRYSANTHOPOULOS : Je vous remercie M. le ministre. Ce fut une très bonne présidence qui, soit dit en passant, n’est toujours pas terminée. Ne croyez pas avoir terminé tous les dossiers, nous avons encore un mois devant nous et beaucoup de travail à Cancun.

Effectivement, la rencontre d’aujourd’hui était très importante, notamment, comme l’ont affirmé les ministres, pour la déclaration sur la lutte contre le changement climatique. Cette déclaration est importante pour deux raisons. C'est avant tout une petite contribution de l’OCEMN pour le sauvetage de notre planète et de l'humanité.

En deuxième lieu, c’est une première contribution de l’OCEMN à l’ONU, une contribution réelle qui aura lieu par le biais de la présidence grecque, qui n’a pas eu lieu et je souligne cette importance.

D’autres questions abordées et qui n’ont pas été mentionnés par les intervenants précédents a été l’accord signé avec les Etats-Unis – le ministre roumain des Affaires étrangères l’a mentionné – qui est un accord de coopération scientifique et technologique qui permettra de débloquer davantage de fonds des Etats-Unis vers les pays de l’OCEMN.

Nous avons également abordé les questions liées à l’Union européenne, où l’UE doit déployer un plus gros effort pour renforcer ses relations avec l’OCEMN et une autre décision prise aujourd’hui qui a été la prorogation des permis de passage OCEMN pour les camions. Il s'agit d'un plan original que nous appliquons, nous octroyons aux sept pays participant des permis OCEMN, qui en fait remplacent les permis bilatéraux pour les pays participants et permettant à un camion de partir par ex. d’Ankara et de traverser les pays de l'OCEMN en ayant en sa possession un seul papier au lieu de 7.

Et bien entendu pour moi ce sera la deuxième présidence de la Roumanie. Pendant la première présidence, un pas très important a été fait pour l’OCEMN, autrement dit les réformes de l’OCEMN ont été accomplies et ont produit des résultats, comme nous le constatons aujourd’hui; ce qui a commencé en 2006 a abouti aujourd’hui à une rencontre de la Commission des hauts fonctionnaires qui a été rapide et efficace et de manière générale l’OCEMN fonctionne bien mieux qu’avant depuis que vous avez procédé aux réformes.

J’aimerais remercier la présidence grecque pour l’organisation de cette excellente présidence, qui a fait preuve d’efficacité et a permis à l’OCEMN de se mettre en avant. Je vous remercie beaucoup.

M. D. DROUTSAS : Merci beaucoup M. l’ambassadeur. Avez-vous des questions.

JOURNALISTE
: J’aimerais poser la question suivante. Est-ce que la présidence grecque entend engager rapidement une coopération régionale dans le but de promouvoir le développement vert des sources d’énergie renouvelables, etc.

Et une question pour M. Droutsas. Vous avez été attaqué aujourd’hui par M. Samaras concernant l'initiative sur la conférence au sommet avec la Turquie. Cette question est différente, mais comme vous l’avez déclaré publiquement, pouvez-vous y répondre ?

M. S. KOUVELIS
: Concernant la question de la coopération régionale et la mise en œuvre de ces engagements, la Grèce a créé le Fonds hellénique de développement, qui finance de tels projets.

Il existe, à mon sens, un très grand champ de coopération, et nous avons commencé cette coopération au niveau bilatéral avec de nombreux pays ainsi qu’une série de programmes qui examinent la possibilité de développer l’énergie verte dans la région. Nous commençons progressivement à mettre en œuvre ces projets.

A cet égard, j’aimerais dire que la Banque de développement et d’investissements de la mer Noire a déclaré aujourd’hui avoir augmenté sa capacité de crédit, cela est un outil très important pour pouvoir financer des travaux d'infrastructure.

Je terminerais cette brève réponse en disant que parallèlement aux forces endogènes de la région de la mer Noire, il existe un intérêt particulier de la part de partenaires tiers qui souhaitent participer à ce processus. Et je dirais que les Etats-Unis eux-mêmes et le Japon qui a envoyé un représentant de Tokyo à cette rencontre d'aujourd'hui, mais aussi d'autres pays comme la Corée qui aujourd’hui fait partie des pays associés ayant le statut d’observateur à l’OCEMN, veulent participer à cette mise en œuvre.

Nous avons donc ouvert la voie et je pense que très bientôt nous verrons les résultats.

M. D. DROUTSAS : Je vous répondrais très brièvement, même si je ne souhaite pas mélanger les questions que nous abordons aujourd’hui avec la présidence hellénique de l’OCEMN avec les politiques et conflits internes. Vous avez dit que nous avions été attaqués par le chef de l’opposition. Personnellement, j’aimerais que concernant des questions de politique étrangères nous n’utilisions pas de tels mots.

J’ai toujours été un homme de dialogue. Il est bien connu que le gouvernement exerce une politique étrangère caractérisée par le respect des positions fermes de la Grèce, nous exerçons une politique étrangère avec de nouvelles pensées et idées. Nous sommes ouverts au dialogue et soyez certains que chaque nouvelle pensée, chaque nouvelle idée, nous l'aborderons devant le parlement et le conseil national de politique étrangère. C'est notre approche et soyez certains que la politique étrangère exercée par ce gouvernement est toujours guidée par la sauvegarde et la promotion des intérêts de la Grèce

Je suis un homme de dialogue, de consensus et des mots comme « attaques » en matière de politique étrangère ne me plaisent pas.

JOURNALISTE
: J’ai pu entendre au début de la réunion et dans le discours de M. Chrysanthopoulos qu’un Etat membre ne payait pas sa contribution et le ministre roumain a souligné que l’OCEMN pouvait saisir la justice dans de tels cas. J’ai pu constater une certaine préoccupation au sujet des finances de l’Organisation. Y a-t-il un problème ?

M. L. CHRYSANTHOPOULOS: A cause de la crise économique qui affecte la région, un Etat membre ne pouvait verser la contribution obligatoire qui est de 250 mille euros environ. Cela a causé un problème au niveau du fonctionnement, car le budget prévoit d'utiliser toutes les contributions des Etats membres, mais ce problème a été résolu grâce aux économies du Secrétariat.

C’était le principal problème que nous avons eu et il a été résolu, dans le sens où jusqu’à la fin de l’année nous nous en sortirons et l’année prochaine les autres Etats membres apporteront rapidement leur contribution. Maintenant si d’autres Etats membres commencent à ne pas payer, alors il y aura un problème de fonctionnement. Merci.

JOURNALISTE : Une précision s’il vous plait, quel est le budget total, est-ce que chaque membre paye la même somme et quel pays ne peut payer sa contribution ?

Par ailleurs, j’aimerais demander s’il y a des projets précis qui pourraient être financés par le fonds créé par la présidence hellénique, dont le capital est de 500 mille euros environ.

Ensuite, dans quelle mesure la devise « la mer Noire devient verte » a été concrétisée dans le domaine de l’énergie et du tourisme ?

Et concernant l’intérêt manifesté par les Etats-Unis et la Corée, est-ce que cet intérêt porte sur des domaines particuliers? Est-ce qu'il s'agit juste d'un intérêt en faveur d'une coopération ou bien de projets bien précis? Merci.

M. S. KOUVELIS : Permettez-moi de commencer par dire deux mots sur le Fonds hellénique de développement qui est financé par l’Etat grec, comme je l’ai dit. Ce fonds de développement grec a été fondé l’année dernière en 2010 et a reçu ce financement de 500 mille euros.

Ce fonds fonctionne sur la base d’invitation à soumettre des propositions. Depuis l’année dernière, des propositions sont soumises. Ces propositions portent sur l’énergie verte, les sources d’énergie renouvelables et la protection énergétique de bâtiments et autres unités d’utilisation d’énergie.

Jusqu’à présent, cette invitation à soumettre des propositions a recueilli, si ma mémoire est bonne, 5 à 6 propositions qui font l’objet d'une évaluation à l'heure actuelle. L'intervention de l'Etat grec qui a financé ce fonds consistait à garantir la mise en œuvre sans heurts de tous les programmes ayant été approuvés ainsi que le « value for money » (rapport qualité-prix. NdT.) - pardonnez-moi mais le mot me vient en anglais - autrement dit s'assurer que chaque euro mis à disposition soit bien investi.

C’est la raison pour laquelle nous sommes en contact permanent avec le directeur du Fonds hellénique de développement, non pour l’évaluation, mais pour le mode de fonctionnement, afin que ce qui puisse être fait puisse produire une valeur ajoutée pour le travail de développement fait de la part de la Grèce.

Ces propositions sont soumises principalement en coopération avec différentes entités et plusieurs pays et cela constitue un succès car nous avons une plateforme de coopération entre les pays de la mer Noire.

Votre deuxième question porte sur la concrétisation d’une vision en faveur du développement vert. Je dirais que pour le moment nous avons la base de ces coopérations. Nous avons soulevé la question de la coopération en matière d'énergie, dont a parlé le ministre roumain, mais aussi de nombreux intervenants lors de cette réunion des ministres des Affaires étrangères.

Il y a aussi la question des transports. Nous avons la question de la protection des ressources aquatiques mais aussi celle de la valorisation et de la gestion des déchets résiduels afin de protéger l’environnement maritime.

A cet égard, nous examinons également l'éventualité de soumettre d’autres propositions par le biais du Fonds hellénique de développement, il en va de même pour les autres organisations associées, je me suis référé tout à l’heure au DIKEMEP, autrement dit le Think Tank de l’Organisation de la mer Noire, qui fournit un savoir faire et une orientation sur les actions à accomplir

Nous coopérons aussi avec le Business Council et la Banque d’investissements afin de faire avancer certains projets.

Pour les questions de budget, je pense que le Secrétaire général est plus compétent pour vous répondre.

M. L. CHRYSANTHOPOULOS
: Merci M. le ministre. Nous avons trois catégories de pays, les grands, qui sont au nombre de quatre et qui contribuent à hauteur de 270 mille euros, les pays moyens qui contribuent environ à hauteur de 50 mille euros et la troisième catégorie qui est de 30 mille euros.

Je ne voudrais pas vous dire lequel de ces grands pays n’a pas apporté de contribution. L’un d’entre eux n’a pas apporté sa contribution pour les raisons que j'ai expliquées. J’espère qu’à l’avenir il pourra la verser. Ce n’était pas la Grèce. Je peux vous l’assurer. La Grèce avait la présidence.

JOURNALISTE
: Quels pays appartiennent à ce groupe.

M. L. CHRYSANTHOPOULOS: C’est comme si l’on jouait maintenant. Ces pays sont la Grèce, la Turquie, la Roumanie et l’Ukraine. En ce qui concerne les Etats-Unis, cet accord ouvre de grandes perspectives de coopération. Jusqu'à présent nous avions organisé deux séminaires qui portaient sur le cofinancement des Etats-Unis. L'un portait sur la protection de l'environnement, il y a deux ans, l'autre portait sur le terrorisme à Istanbul, la lutte contre le terrorisme. Ces deux séminaires ont été un succès.

Mais les Etats-Unis ne pouvaient donner l’argent provenant du budget du State Department. Cet accord permet à d’autres ministères et agences américaines de participer au financement de manifestations ou de projets ou d’investissements. Je pense avoir répondu à toutes vos questions. Merci.

M. D. DROUTSAS
: Merci beaucoup.

Novembre 29, 2010