Déclaration du ministre des Affaires étrangères Giorgos Gerapetritis à la chaîne de télévision ERT et au journaliste Nikos Meletis, à l'issue de sa rencontre avec le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres (New York, 28.10.2026)

Déclaration du ministre des Affaires étrangères Giorgos Gerapetritis à la chaîne de télévision ERT et au journaliste Nikos Meletis, à l'issue de sa rencontre avec le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres (New York, 28.10.2026)
Πηγή/Photo Credits: Υπουργείο Εξωτερικών-Ministry of Foreign Affairs / Μάριος Αϋφαντής-Marios Ayfantis

J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, au sujet de l’évolution de l’Organisation, mais aussi de toutes les grandes crises qui secouent actuellement le monde. Nous avons eu l’occasion d’évoquer l’Ukraine, le Moyen-Orient et l’Afrique. Nous sommes parvenus à la conclusion commune que, à l’heure actuelle, nous nous trouvons à un tournant plus critique que jamais depuis la Seconde Guerre mondiale pour la paix et la prospérité mondiales. Des décisions courageuses devront être prises afin de tenter de désamorcer les crises, de mettre fin aux guerres, de trouver une issue aux crises énergétique et alimentaire, et de permettre aux peuples de travailler en paix.

D’autre part, il est essentiel que l’Organisation des Nations Unies reste à l’avant-garde des efforts en faveur de la paix mondiale. L’Organisation des Nations Unies a été créée après la Seconde Guerre mondiale dans le but de permettre aux peuples de se rencontrer et d’éviter qu’un nouveau conflit de grande ampleur ne se produise jamais, et nous devons toujours garder cela à l’esprit. Le règlement pacifique des différends reste le bien le plus précieux que nous ayons acquis après la Seconde Guerre mondiale.

Nous avons eu l’occasion, avec le Secrétaire général, d’aborder d’autres sujets, tels que la question chypriote, qui est en pleine évolution. Les circonstances exigent que s’engagent des discussions, plus officielles cette fois, sur le fond de la question chypriote. Il ne faut pas laisser passer l’élan qui s’est construit au cours du mandat d’António Guterres. Nous devons en profiter. Les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies sont contraignantes et doivent être respectées par tous afin que l’île puisse enfin être réunifiée.

Par ailleurs, nous avons abordé des questions relatives à la sécurité maritime. J’ai notamment évoqué les problèmes liés aux délimitations illégales. Nous devons tous prendre conscience que les mers et les océans ne constituent ni un privilège ni un terrain privé appartenant à quiconque. Il existe des règles qui régissent les relations entre pays riverains, et ces règles doivent être respectées. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les règles relatives au droit international de la mer sont celles auxquelles ont adhéré la plupart des États membres de l’Organisation des Nations Unies. Le respect de ces règles est une condition sine qua non de la paix et de la prospérité.

En ce qui concerne la Grèce, je tiens à être tout à fait clair : la Grèce ne tolérera aucune illégalité en matière de zones maritimes. Nous resterons fidèles au droit international, que nous considérons comme le seul moyen de résoudre les différends. La Grèce a toujours insisté sur le fait que les pays voisins doivent collaborer entre eux pour résoudre leurs différends. Cela ne signifie toutefois pas que l’on puisse tolérer des actions agressives et contraires au droit international.

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, des entretiens téléphoniques ont eu lieu aujourd’hui entre vous et votre homologue égyptien, ainsi qu’entre Hakan Fidan et son homologue égyptien. Que pensez-vous des fuites et des informations selon lesquelles la Turquie tenterait de rallier l’Égypte à sa cause, après avoir tenté de faire de même avec Haftar ?

G. GERAPETRITIS : Tout d’abord, je tiens à souligner les relations très solides, stratégiques et fraternelles que nous entretenons avec l’Égypte, et qui continuent de se développer dans tous les domaines. Il est extrêmement important que le représentant permanent de l’Égypte auprès des Nations Unies se soit tenu à mes côtés ici à New York lorsque nous avons fait la déclaration concernant le mémorandum turco-libyen qui est illégal, nul et non avenu. Nous partageons avec l’Égypte une vision commune très forte quant à l’application universelle du droit international. Nous devons tous comprendre que les zones maritimes ne sont pas un terrain d’enchères. Il s’agit d’un domaine dans lequel le droit international doit prévaloir. Sinon, nous aboutirons à une situation intenable qui sera extrêmement préjudiciable, non seulement pour les pays riverains de la Méditerranée ou d’autres mers, mais aussi pour le commerce mondial, la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique et la protection des océans.

Je vous remercie.

Octobre 28, 2026