Déclaration du ministre des Affaires étrangères, Nikos Dendias au journal « Ta Nea Savvatokyriako » (28.05.2022)

Ces dernières semaines, et malgré les assurances données par la partie turque, nous avons assisté à une escalade de la rhétorique agressive turque, ainsi qu'à des actions sans précédent contre notre souveraineté et nos droits souverains.

Notre réponse à ces défis repose sur trois paramètres constants.

Premièrement, nous réagissons avec prudence et calme. Nous ne nous laissons pas emporter par une rhétorique extrême au-delà de la mer Égée. Nous choisissons comment et quand nous répondons. Il est évident que l'agression turque ne se limite pas à notre pays. Les rumeurs d'une invasion turque imminente du nord de la Syrie, la forte réaction à la perspective de l'adhésion de la Suède et de la Finlande à l'OTAN, sont des signes de nervosité, que nous devons affronter avec vigueur et maturité. En même temps, c'est une preuve supplémentaire de l'attitude révisionniste de la Turquie.

Deuxièmement, nous respectons et promouvons les positions de principe sur lesquelles nous avons fondé notre politique étrangère : Le respect du droit international et la protection de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de tous les États. Nous appliquons ces principes dans le cas de l'Ukraine, mais aussi à l'égard de la Turquie. La Grèce n'est pas un « neutre évasif ». Elle adhère pleinement aux valeurs des démocraties. Elle ne pratique pas le « chantage ».

Elle attend de ses partenaires et alliés qu'ils ne cèdent pas à leur tour au chantage, quel que soit le « manteau » dont ils sont entourés. Sur la base de ces principes, nous répondons à toutes les allégations turques non fondées et sans fondement. Comme récemment avec la lettre au Secrétaire Général de l'ONU. Nous avons rejeté avec des arguments juridiques solides le défi sans précédent de la souveraineté sur les îles de la mer Égée.

Je pense que la politique de crédibilité de la Grèce porte ses fruits. La position internationale de notre pays a été considérablement améliorée. Nos partenaires comptent sur la Grèce comme force de stabilité en Méditerranée orientale, dans les Balkans et, bien sûr, en Europe. La visite très réussie du Premier ministre aux États-Unis en est la preuve.
Troisièmement, nous n'avons pas et ne cherchons pas à avoir une politique étrangère centrée sur la Turquie qui réagit simplement aux actions de notre voisin. Nous avons clairement défini le cadre dans lequel nous proposons de discuter de notre différence unique. Cependant, nous devons saisir les opportunités qui s'ouvrent et relever les défis d'aujourd'hui et, surtout, de demain, avec des pays qui partagent les mêmes principes. Nous avons créé un réseau de compréhension et de partenariats stratégiques en Méditerranée. Nous sommes un modèle dans les Balkans. Nous ouvrons des horizons avec les puissances mondiales émergentes en Asie, comme l'Inde et le Japon. Nous sommes en train de construire un réseau de coopération en Afrique. Sans oublier, bien sûr, nos partenaires européens. Dans ce contexte, je vais accueillir mon homologue allemande à Athènes dans quelques jours. Pour examiner ensemble la situation en Méditerranée orientale, en Ukraine, mais aussi pour discuter de notre avenir européen commun.

Malgré les changements fondamentaux de l'environnement géopolitique, la Grèce ne se définit pas par des éléments hexogènes. Elle mène une politique de valeurs et protège vigoureusement les intérêts nationaux.

Mai 28, 2022