Point de presse de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lana Zochiou (Athènes, 03.06.2026)

Point de presse de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lana Zochiou (Athènes, 03.06.2026)

Bonjour.

Commençons par l'Ukraine :

À la suite de la transmission au ministère des Affaires étrangères du rapport officiel d’enquête concernant le drone de surface repéré à Leucade, le ministre des Affaires étrangères a pris les mesures suivantes :

- Il a informé la Haute Représentante des résultats du rapport d'enquête.

- À ce sujet, il a pris contact avec le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte

- Il a abordé cette question en personne avec son homologue ukrainien en marge de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne « Gymnich » à Limassol.

- Les jeudi 28 et vendredi 29 mai, une démarche officielle de protestation a été effectuée, à la fois oralement et par écrit, à Athènes et à Kiev, dans laquelle sont soulignés les éléments suivants :

• Le drone de surface repéré dans les eaux territoriales grecques a mis gravement en danger la circulation maritime et aurait pu causer la mort de civils innocents. De plus, il aurait pu causer des dommages environnementaux incalculables.

• Le transfert des opérations militaires en Méditerranée, loin du véritable front de la guerre, met en péril notre sécurité nationale et porte un coup décisif à notre économie nationale.

• Le droit de l'Ukraine à la légitime défense ne saurait justifier de telles actions.

• La Grèce exprime sa vive opposition à la présence illégale du drone de surface armé dans les eaux territoriales grecques et appelle l’Ukraine à s’abstenir de toute action similaire à l’avenir et de tout transfert injustifié d’opérations militaires en Méditerranée.

Liban

Les derniers développements ont donné lieu à la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies, le lundi 1er juin, qui avait été demandée, entre autres, par la Grèce.

Le ministère des Affaires étrangères exprime sa profonde inquiétude face aux conflits qui se poursuivent au Liban. La récente prise du château stratégique de Beaufort et de la crête environnante marque une escalade dangereuse et sans précédent.

Nous appelons à la pleine application du droit international, à la cessation immédiate des hostilités et à la relance des efforts en vue d’un règlement diplomatique durable. La mise en œuvre intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies et le strict respect de tous les engagements de cessez-le-feu par toutes les parties restent indispensables.

Nous soutenons la poursuite des pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington et exhortons les parties à y participer de manière constructive et de bonne foi, en vue d’un accord global de cessez-le-feu, susceptible de contribuer à une paix durable dans la région.

Les derniers développements militaires dans le sud du Liban risquent de provoquer de nouveaux déplacements de population, aggravant ainsi une crise humanitaire déjà grave.

La Grèce soutient la stabilité, la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban.

Elle a déjà organisé l’envoi d’une mission nationale de 3 tonnes d’aide humanitaire à Beyrouth et prévoit d’organiser d’autres actions. Nous finalisons également l’octroi d’une contribution financière importante par l’intermédiaire de l’Organisation mondiale de la santé, dans le but de soutenir le Liban dans le domaine de la santé, et plus particulièrement l’hôpital Saint-Georges de Beyrouth.

La Grèce continuera à soutenir les efforts du président Joseph Aoun et du gouvernement libanais.

Nous appelons toutes les parties à revenir sur la voie de la diplomatie et du dialogue en cette période si critique et à prendre des mesures concrètes en faveur d’une désescalade.

Le Liban mérite un avenir de paix, de sécurité et de dignité, et la Grèce se tiendra à ses côtés dans cette entreprise.

Nous restons au Moyen-Orient.

Lundi 8 juin, le ministre des Affaires étrangères recevra au ministère des Affaires étrangères le patriarche de Jérusalem, Sa Béatitude Théophile III, dans le cadre de sa visite à Athènes.

Les thèmes abordés seront la coopération entre la Grèce et le Patriarcat, le soutien concret apporté par la Grèce au Patriarcat, ainsi que la présence et l’héritage chrétiens.

Ces derniers temps, la Grèce, en collaboration avec le Patriarcat, promeut diverses actions à Jérusalem et dans la région relevant de sa juridiction, axées sur le Patriarcat et les lieux saints. La Grèce s’engage à continuer de soutenir le Patriarcat. La question de la présence chrétienne à Jérusalem et au Moyen-Orient a été et reste pour la Grèce un sujet d’une importance capitale.

Concernant la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne « Gymnich », à Limassol, le 28 mai

Le ministre des Affaires étrangères a eu l’occasion d’échanger des points de vue avec ses partenaires européens ainsi qu’avec les ministres des Affaires étrangères de l’Inde et de l’Arabie saoudite sur une série de questions d’intérêt commun.

Nous entretenons des relations stratégiques avec l’Inde et l’Arabie saoudite et accordons une grande importance à la coopération interrégionale et à la connectivité, comme en témoignent les relations entre l’UE et le Conseil de coopération du Golfe, UE-Inde ainsi qu’au corridor économique IMEEC, qui peut constituer un axe central de stabilité, de développement et de prospérité.

La discussion a porté sur les développements dans la région élargie du Moyen-Orient et sur les répercussions de la guerre sur la liberté de navigation, ainsi que sur les conséquences déjà visibles à l’échelle mondiale : sur le transport maritime, l’énergie, le commerce et les chaînes d’approvisionnement.

Nous espérons que le cessez-le-feu se poursuivra et qu’une nouvelle escalade sera évitée. Nous soulignons la nécessité de soutenir la diplomatie, voie indispensable vers une paix durable.

Parmi les thèmes abordés figurait le fait que la guerre en Ukraine, la crise à Gaza et la guerre dans la région élargie du Moyen-Orient rendent impérative la promotion du débat sur la sécurité, la compétitivité et l’élargissement de l’Union européenne.

Il apparaît que la dépendance dans des domaines stratégiques, tels que la production de défense, l’énergie et les chaînes d’approvisionnement, peut nous rendre vulnérables.

Par conséquent, la transition vers l’autonomie stratégique, tout en préservant le rôle géopolitique fort de l’Europe dans le monde, constitue une condition nécessaire.

Élargissement – Balkans occidentaux

En ce qui concerne l’élargissement, l’intégration européenne des Balkans occidentaux constitue une priorité stratégique de l’UE.

La Grèce, en tant que plus ancien membre de l’Union européenne dans la région, reste un fervent défenseur de la perspective européenne des Balkans occidentaux, sur la base des principes de conditionnalité et de mérite, sans aucune dérogation à l’obligation de respecter l’État de droit, le droit international et les relations de bon voisinage.

En ce qui concerne les récents incidents en Albanie,

Le ministère des Affaires étrangères a exprimé dans un communiqué sa vive inquiétude face aux incidents survenus samedi le 30 mai, à Zvërnec en Albanie, lors d’une manifestation de riverains pour leurs droits de propriété, parmi lesquels se trouvait un citoyen grec qui a été blessé.

L'ambassade de Grèce à Tirana a pris toutes les mesures nécessaires afin de lui fournir toute l'assistance consulaire et médicale requise, tout en effectuant les démarches nécessaires auprès des autorités albanaises, afin d’exiger que toute la lumière soit faite sur cet incident et que les responsabilités soient établies. Nous prenons note de la première réaction des autorités albanaises à ce sujet.

Toutefois, nous soulignons la nécessité du respect intégral de l'État de droit, y compris la protection des droits et des biens des membres de la minorité nationale grecque, ainsi que l'importance d'une protection efficace des zones environnementales protégées, dans le cadre de l'alignement sur l'acquis communautaire, dont le respect constitue une condition préalable à l'avancement du processus d'adhésion.

Dans le cadre de l'initiative grecque visant à promouvoir la perspective européenne des Balkans occidentaux,

Le ministre des Affaires étrangères se rendra en Serbie le 12 juin, puis en Bosnie-Herzégovine et au Monténégro le 19 juin.

L'objectif principal de ces visites est de réaffirmer le soutien de la Grèce au parcours européen des Balkans occidentaux et d'encourager des progrès tangibles en matière de réformes, ainsi que la fourniture d’expertise dans des domaines d’intérêt commun, en mettant l’accent sur l’avancement du travail de réforme et l’intégration de l’acquis communautaire.

Le 10 juin, le ministre des Affaires étrangères se rendra à Sofia, en Bulgarie, où il participera au sommet et à la réunion ministérielle du Processus de coopération en Europe du Sud-Est (SEECP). Les discussions porteront sur le renforcement de l'interconnectivité régionale, de la sécurité et de la coopération économique, une coordination plus étroite sur des questions fondamentales d'intérêt commun dans le contexte des défis géopolitiques actuels, ainsi que la perspective européenne des Balkans occidentaux.

Concernant la Libye,

À la suite de la visite du ministre des Affaires étrangères à Tripoli, en Libye, le 27 avril 2026, et de l’annonce du deuxième cycle imminent de discussions techniques sur la délimitation des zones maritimes entre la Grèce et la Libye, la délégation grecque, conduite par la vice-ministre des Affaires étrangères, l'ambassadrice Alexandra Papadopoulou, se rendra à Tripoli le 10 juin.

La délimitation des zones maritimes avec la Libye est une priorité pour la Grèce. Le 27 avril, la Grèce et la Libye, en tant qu’États aux côtes adjacentes, sont convenus de poursuivre les discussions sur la délimitation de la zone économique exclusive, sur la base du droit international de la mer.

Il convient de rappeler que l'annonce du lancement des discussions techniques par le ministre des Affaires étrangères et le ministre des Affaires étrangères par intérim du gouvernement d'union nationale de Libye, Al Taher Salem Al Baour, ainsi que la première réunion des commissions techniques, ont eu lieu à Athènes en septembre 2025.

En ce qui concerne le programme de demain du ministre des Affaires étrangères, M. Gerapetritis recevra demain, 4 juin, au ministère des Affaires étrangères, son homologue panaméen, Javier Eduardo Martínez-Acha Vásquez, dans le cadre de la visite à Athènes du président du Panama, José Raúl Mulino.

Les relations entre la Grèce et le Panama connaissent une dynamique particulièrement positive ces dernières années, notamment depuis l'ouverture de l'ambassade de Grèce au Panama, en décembre 2023.

Les thèmes qui seront abordés sont le renforcement des relations bilatérales et de la coopération dans les domaines du commerce, des investissements, du transport maritime, de l’énergie et des technologies environnementales.

Nos mandats au Conseil de sécurité de l’ONU coïncident avec ceux du Panama ; par conséquent, la réunion portera sur la coordination des actions dans le cadre de l’Organisation.

De plus, en tant que nations maritimes, la Grèce et le Panama accordent une grande importance à la sécurité maritime et à la garantie de la liberté de navigation.

En ce qui concerne le programme de la vice-ministre des Affaires étrangères, l’ambassadrice Alexandra Papadopoulou, la vice-ministre participera le 15 juin au Conseil des affaires étrangères et le 16 juin au Conseil des affaires générales de l’UE à Luxembourg.

En ce qui concerne le programme du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Haris Theocharis, du 5 au 7 juin, M. Theocharis se rendra à Erbil et à Souleimaniye, en Irak, où il aura des entretiens bilatéraux avec des représentants du gouvernement régional du Kurdistan irakien.

Le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Yannis Loverdos, se rendra du 14 au 17 juin à Berlin et à Dresde, où il aura des réunions avec des organisations de la diaspora.

QUESTIONS

T. BALODIMAS : Concernant le premier sujet que vous avez abordé, la question ukrainienne et les démarches que vous avez entreprises. Avons-nous reçu une réponse, officielle ou informelle, de Kiev à ce sujet ? Que s'est-il passé exactement ? Une assurance qu’une telle action ne se reproduira pas ? Et quelle sera la suite des opérations pour Athènes, concrètement, c’est-à-dire s’il y aura, en concertation avec le ministère de la Défense ou celui de la Marine marchande, des mesures de surveillance supplémentaires.

L. ZOCHIOU : Nous attendons la réponse officielle de Kiev. En ce qui concerne les mesures à prendre, il n’appartient évidemment pas au ministère des Affaires étrangères de décider des mesures qui seront prises sur le terrain. Mais en ce qui concerne notre position vis-à-vis de l’Ukraine, nous soutenons les efforts visant à instaurer une paix juste et durable en Ukraine. En tout état de cause, tous, sans exception, doivent respecter le droit international, la souveraineté nationale, les vies humaines et l’environnement marin. La Grèce soutient la cessation des hostilités. Et, comme l’a dit le ministre des Affaires étrangères, une guerre ne prend pas fin en s’étendant.

M. MELISSOPOULOS : Melissopoulos, Vradini et Agence de presse athénienne. Je voudrais tout d'abord savoir, si vous pouvez nous le dire, si la partie ukrainienne a reconnu que le drone lui appartenait. A-t-elle reconnu la « propriété » du drone ? C'est la première question.

La deuxième concerne les événements survenus en Albanie et la position de notre pays vis-à-vis des perspectives d'adhésion de l'Albanie. Au vu des événements récents, mais aussi compte tenu de la position de longue date du Premier ministre Edi Rama à l’égard de la communauté grecque, qu’il s’agisse des Grecs de l’Épire du Nord en Albanie du Sud ou de la Grèce, à propos de laquelle nous l’avons entendu à maintes reprises tenir des propos désobligeants, méprisants et ironiques, et tout récemment, lors de l’interview qu’il a accordée, il a tenu des propos qui n’ont pas été rapportés ici, mais qui étaient tout à fait désobligeants et méprisants. Il a reproché beaucoup de choses à notre pays. Compte tenu de toute cette attitude, la position de notre pays reste-t-elle fermement favorable ? Ou y a-t-il au moins une réserve, une mise en garde ou une possibilité de voir les choses sous un angle différent ?

L. ZOCHIOU : En ce qui concerne l’Ukraine, nous disposons désormais du rapport officiel de l’enquête. Pour le reste, nous attendons la réponse officielle de la partie ukrainienne.

En ce qui concerne l'Albanie, l'intégration européenne des Balkans occidentaux est un choix stratégique pour l'Union européenne. Pour la Grèce, c'est une question de principe. Depuis 2003, la Grèce reste un pays moteur pour la perspective européenne des Balkans occidentaux. Bien entendu, le processus d’élargissement suit une méthodologie établie et des conditions spécifiques doivent être respectées : le respect de l'acquis communautaire et le principe des mérites propres. En ce qui concerne plus particulièrement l'Albanie, son parcours vers l'adhésion passe par le respect et la sauvegarde des droits de la minorité ethnique grecque.

CH. MAZANITIS : Mazanitis, ANT1 et enikos.gr. En ce qui concerne les conclusions, a-t-on déterminé d'où le drone avait décollé et quelle était sa destination finale ? Et quant au fait qu’il ait été retrouvé à Leukada, était-ce parce qu’il y avait une cible à proximité ou simplement parce qu’il y a eu une perte de communication entre le pilote et le drone ?

L. ZOCHIOU : Notre rapport nous a été transmis par l’état-major de la défense nationale. Je vous prie donc de bien vouloir vous adresser a l’état-major de la défense nationale pour en connaître le contenu. Je n'ai pas d'autre réponse à vous donner.

CH. MAZANITIS : J'insiste, car si le drone a, par exemple, décollé d'Italie, l'Italie est également impliquée ; s'il a décollé de la zone maritime de l'Albanie, l'Albanie est également impliquée. S'il a décollé exclusivement de Grèce, alors c'est exclusivement l'affaire de la Grèce. Donc, en ce qui concerne le point de départ du drone, en tenons-nous compte ?

L. ZOCHIOU : Je vais encore une fois répéter. Je vous renvoie à l'autorité qui a publié les conclusions de l'enquête.

CH. MAZANITIS : Oui, mais n’avez-vous pas demandé l’aide d’autres pays au cas où il aurait décollé d’ailleurs ? C’est ce que je veux dire. S’il a décollé d’un autre pays que la Grèce, vous auriez logiquement dû demander l’aide de ce pays-là aussi.

L. ZOCHIOU : Je ne peux pas en dire plus.

D. KRIKELAS : Bonjour. Dimitris Krikelas, flash.gr. Il y a aujourd’hui un article en une dans le journal KATHIMERINI qui fait référence au report, par Ankara, du dépôt du projet de loi dit « patrie bleue ». J'aimerais avoir un commentaire du ministère des Affaires étrangères. S'il s'agit d'un sujet que vous avez également à l'esprit ou, si vous le souhaitez, si des démarches ont été entreprises de la part d'Athènes pour obtenir au moins ce report ou cette accalmie estivale. Merci.

M. TSILINIKOU : Maria Tsilinikou, SKAI et CNN Greece. Y a-t-il eu des contacts entre les deux ministres des Affaires étrangères au sujet de ce projet de loi ?

L. ZOCHIOU : Rappelons qu’en ce qui concerne le projet de loi turc en cours d’élaboration, nous en sommes encore au stade des informations journalistiques. Il n’y a pas encore eu de prise de position officielle de la part de la Türkiye sur son contenu. Et bien sûr, comme nous l’avons déjà dit, nous nous sommes préparés à tous les scénarios possibles et nous agirons en conséquence lorsque nous disposerons de la version officielle.

Par ailleurs, il n’y a pas eu de communication entre les deux ministres des Affaires étrangères. Toutefois, les canaux de communication restent ouverts et actifs à plusieurs niveaux. Notre objectif constant est de préserver la stabilité et de développer des relations de bon voisinage.

K.TSAMOURI : Katerina Tsamouri,  STAR, PARAPOLITIKA et APOGEVMATINI. Ma question comporte deux volets : le premier est de savoir si ces informations journalistiques sont fondées, si le ministère des Affaires étrangères considère cette initiative d’Ankara comme un apaisement, c’est-à-dire qu’elle a compris le message que nous avons envoyé ces derniers jours. Et la deuxième question est la suivante : est-il vrai que nous allons créer des parcs marins dans l’Égée oriental ? Merci.

L. ZOCHIOU : Vous comprenez qu’il s’agit d’informations journalistiques, sur lesquelles nous ne pouvons pas nous prononcer. De plus, nous ne tirons pas de conclusions sur la base d’informations journalistiques. En ce qui concerne le deuxième point, je vous renvoie au ministère de l’Environnement compétent.

P. MICHOS : Bonjour. Panagiotis Michos, TO MANIFESTO. Y a-t-il une réponse à la question que j’avais posée la dernière fois, concernant l’accord évoqué par un autre média, et non le nôtre ?

L. ZOCHIOU : Dans la mesure où vous faites référence à l’accord concernant la technologie de défense, celui-ci ne relève manifestement pas de la compétence du ministère des Affaires étrangères – je vous renvoie au ministère compétent.

P. MICHOS : Donc, en effet, il y a eu un accord entre la Grèce et l’Ukraine lors de la dernière visite du président ukrainien, qui a été conclu entre les deux dirigeants et n’a pas été rendu public. C’est celui concernant la technologie de défense. N’est-ce pas ?

L. ZOCHIOU : Je comprends que vous faites référence à celui-là.

D. KRIKELAS : J'aimerais poser une petite question sur la Libye.

Si j’ai bien compris, le 10 juin, Mme Papadopoulou se rendra à Tripoli pour un nouveau tour de discussions visant à délimiter les zones maritimes. Près de dix mois se sont écoulés depuis la réouverture des canaux de communication avec Tripoli. Je voudrais savoir si le ministère des Affaires étrangères est satisfait de l’évolution de la situation jusqu’à présent. On a l’impression que, en termes diplomatiques, certaines choses se sont déroulées très rapidement. Et une remarque d’ordre général : comment allons-nous procéder à partir de maintenant ? Pouvons-nous, ne serait-ce que dans le temps, situer quelque peu l’ensemble de cette discussion ? Merci.

L. ZOCHIOU : Depuis l’été 2025, les contacts entre les parties grecque et libyenne se sont intensifiés. Nous nous réjouissons d’avoir établi une relation de travail avec les deux parties libyennes, Tripoli et Benghazi. En très peu de temps, moins de 12 mois, le ministre des Affaires étrangères a effectué deux visites et a eu des contacts avec les deux parties. Bien sûr, de nombreux responsables libyens se sont également rendus à Athènes au cours de cette période. Nous restons vigilants. Certaines questions nous préoccupent, telles que la délimitation des zones maritimes et l’immigration irrégulière.

En ce qui concerne ce dernier point, nous restons vigilants. Nous sommes en contact avec le ministère compétent de l’Immigration et de l’Asile et, bien sûr, nous travaillons avec la partie libyenne afin d’éviter la consolidation d’une nouvelle route migratoire. Je fais référence plus particulièrement à la route Tobrouk-Crète-Gavdos.

Pour résumer, nous sommes satisfaits des progrès actuels, nous avançons pas à pas et nous continuons en conséquence, en attendant également les résultats de la visite prévue en juin

P. MICHOS : Les démarches auprès de la partie ukrainienne ont eu lieu les 28 et 29 mai – tant orales qu’écrites – comme vous nous l’avez indiqué aujourd’hui. Après la localisation du drone ukrainien, l'ambassadeur de Grèce à Kiev a eu des entretiens avec le bureau de la présidence ukrainienne et avec le département compétent du ministère ukrainien des Affaires étrangères, dirigé par l'ancien ambassadeur d'Ukraine en Grèce, Sergii Shutenko. Là-bas, avant que le rapport d’état-major de la défense nationale ne soit finalisé, c'est-à-dire il y a deux semaines, les Ukrainiens, selon des informations parfaitement corroborées, ont fait part de leurs griefs à l'ambassadeur grec. Ils ont exprimé leur mécontentement quant au fait que la Grèce ait soulevé la question au Conseil de sécurité et ne l'ait pas abordée directement avec eux. Ils ont donc, en substance, pris leurs responsabilités. Quelle réponse officielle attendons-nous désormais de Kiev après ces démarches ?

L. ZOCHIOU : La différence notable entre nos actions des 28 et 29 mai réside dans le fait que la Grèce, par le biais de ces démarches, a formulé de la manière la plus officielle qui soit sa protestation concernant la détection d’un drone naval armé dans ses eaux territoriales.

P. MICHOS : La partie ukrainienne a-t-elle demandé la restitution du drone ?

L. ZOCHIOU : Je n'ai rien d'autre à ajouter à ce sujet.

CH. MAKRI : Puis-je poser une question – bien sûr, je n’étais pas là depuis le début. Vous avez mentionné un monastère à Zvërnec, en Albanie, qui serait menacé par cet investissement ? Avez-vous des informations à ce sujet ? Et j’aimerais poser une autre question, concernant la Libye. Un calendrier de fin des travaux techniques a-t-il été fixé, c’est-à-dire que le processus devrait être achevé dans un an, ou dans deux ans ? Un tel calendrier a-t-il été établi et communiqué ?

L. ZOCHIOU : Je vais commencer par la fin. Le calendrier des discussions techniques avec la Libye a été abordé lors de la visite du ministre à Tripoli. Aucun calendrier de fin n’a été fixé.

En ce qui concerne la question du monastère : Nous suivons la situation et sommes en contact avec les autorités ecclésiastiques et autres autorités compétentes. À l'heure actuelle, il n'y a pas de question particulière à soulever concernant le monastère.

TH. BALODIMAS : Sur un sujet peut-être similaire à celui de l’Ukraine. À Posidonia, dans le cadre d’un congrès qui s’y est tenu, l’un des armateurs les plus connus, M. Marinakis, a soulevé la question de l’efficacité des sanctions sur le carburant russe. En substance, si je retranscris bien ses propos, tous les autres marchés achètent à bas prix (comme la Chine ou l’Inde) et l’Union européenne se retrouve à acheter à des prix exorbitants. Il a donc soulevé la question de l’efficacité. Mais sur le plan politique également, Dora Bakoyannis, qui siège également au Conseil économique et social européen (CESE), soutient que, dans le cadre d’une Realpolitik, nous devons réexaminer la question et rouvrir les canaux de communication avec Moscou.

Il semble donc que tout cela fasse l’objet de discussions dans divers milieux. Sommes-nous dans une phase de réorientation de la tactique vis-à-vis de la Russie, peut-être dans le but d’établir certains contacts par l’intermédiaire du Conseil de sécurité ?

L. ZOCHIOU : Écoutez, si quelque chose change au niveau de l’Union européenne, je vous en informerai. Au niveau bilatéral et en ce qui concerne les relations entre la Grèce et la Russie, je tiens à souligner que la Grèce respecte et reconnaît les liens historiques, culturels et religieux qui la relient à la Russie. Le fait que nos relations bilatérales aient été affectées est clairement imputable à la partie russe, à la suite de la guerre contre l’Ukraine. Lorsque, bien sûr, les conditions le permettront, nous chercherons également à rétablir ces relations.

X. MAZANITIS : Un an s’est écoulé depuis l’affaire de l’année dernière concernant le monastère du Sinaï en Égypte. Quelles sont les évolutions ? Où en sommes-nous aujourd’hui ?

L. ZOCHIOU : Concernant le monastère du Sinaï, un accord préliminaire a été conclu entre les parties grecque et égyptienne. Il a été soumis à l’examen de la communauté sinaïte à Sainte-Catherine. Et c’est elle qui a le dernier mot.

S. RISTOVSKA : Concernant la visite du ministre dans les Balkans occidentaux. Se rendra-t-il en Macédoine du Nord ? Car rien n’a été mentionné à ce sujet.

L. ZOCHIOU : Lorsque cela sera finalisé, lors d’une prochaine étape, les annonces correspondantes seront faites.

M. MOURELATOU : Je voudrais poser la question suivante : à l’approche du sommet de l’OTAN à Ankara, comment nous préparons-nous ? Quels sont les objectifs de la Grèce ? D’après ce que j’ai compris, le ministre y participera. Et si nous avons des nouvelles concernant le dialogue stratégique Grèce-États-Unis, s’il s’agit de quelque chose qui peut avoir lieu avant le sommet de l’OTAN, ou si c’est quelque chose que nous pouvons attendre au cours de l’été. Merci.

L. ZOCHIOU : En ce qui concerne Ankara et le sommet de l’OTAN, le ministre des Affaires étrangères y participera effectivement.

En ce qui concerne le dialogue stratégique, il n’y a pas encore eu d’accord officiel sur son déroulement ici à Athènes.

M. MOURELATOU : Quel est l’ordre du jour à l’OTAN et quels sont nos objectifs ? À quoi nous attendons-nous ?

L. ZOCHIOU : Il est encore trop tôt pour évoquer l'ordre du jour. De toute façon, il s'agit d'un sommet, donc les informations seront communiquées par les responsables.

Je vous remercie beaucoup.

Juin 3, 2026