Point de presse de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lana Zochiou (Athènes, 18.06.2026)

Point de presse de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lana Zochiou (Athènes, 18.06.2026)

Bonjour.

Question chypriote

Le ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, a rencontré hier, mercredi 17 juin, l'envoyée personnelle du Secrétaire général des Nations Unies pour Chypre, María Ángela Holguín Cuéllar.

La visite de l’envoyée personnelle s’inscrivait dans le prolongement de ses entretiens avec le président de la République de Chypre et le dirigeant chypriote turc.

M. Gerapetritis a exprimé le soutien de la Grèce aux efforts déployés par le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, en vue de trouver une solution globale, juste et durable à la question chypriote, sur la base d’une fédération bizonale et bicommunautaire et dans le cadre des décisions et résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies ainsi que de l’acquis communautaire.

Le ministre des Affaires étrangères a souligné l’importance de préserver la dynamique et la vitalité qui se sont développées autour de la question chypriote au cours des deux dernières années et demie. La Grèce, en concertation avec la République de Chypre, reste prête à contribuer de manière constructive aux prochaines étapes, dans le but de parvenir à la reprise des pourparlers, sur la base du cadre convenu, sous l’égide de l’ONU.

Iran

Nous saluons la signature du protocole d'accord d'Islamabad entre les États-Unis et l'Iran. Nous félicitons tous ceux qui ont contribué à cette avancée diplomatique particulièrement importante. Il s’agit d’une occasion majeure de rétablir la stabilité régionale et de renforcer l’économie mondiale.

La prochaine étape consiste à mener à bien les négociations sur les différents aspects de l’accord et à garantir sa mise en œuvre rapide, complète et efficace.

La priorité est le rétablissement sans condition de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, ainsi que la poursuite des efforts visant à consolider une paix durable, la sécurité et la stabilité régionale.

Libye

Le ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, a rencontré lundi 15 juin le commandant en second de l'Administration générale de l'Armée nationale libyenne, Saddam Haftar.

Il s'agit de la première visite de Saddam Haftar à Athènes, qui fait suite à la visite, deuxième d’affilée, du ministre des Affaires étrangères à Benghazi, le 28 mars, et confirme la volonté commune de renforcer encore la coopération et les canaux de communication avec l’est de la Libye.

La rencontre s’est déroulée dans une ambiance positive.

Les principaux points abordés ont été les suivants :

- La coopération économique et la promotion des investissements dans des secteurs tels que l’énergie et la construction. La liaison aérienne directe entre Benghazi et Athènes a également été évoquée lors de la réunion et une volonté commune a été exprimée de renforcer la coopération dans le domaine des transports.

- Concernant l’immigration irrégulière, ils sont convenus de travailler ensemble afin de réduire les flux vers la Crète et Gavdos. Ils ont également souligné l’importance de poursuivre les programmes de formation des cadres de la garde côtière libyenne en Grèce.

-Le rôle de la Grèce en tant qu’interlocuteur fiable au sein de l’Union européenne et du Conseil de sécurité des Nations Unies a été mis en avant. Le ministre des Affaires étrangères a réitéré la position de la Grèce en faveur d’une solution politique à la crise libyenne, sans ingérence de tiers.

- En ce qui concerne les zones maritimes, le ministre des Affaires étrangères a souligné que la priorité de la Grèce reste la délimitation d’une zone économique exclusive avec la Libye, en tant que véritable pays voisin disposant de côtes opposées, conformément au droit international de la mer.

En outre, la délégation grecque, conduite par la vice-ministre des Affaires étrangères, l’ambassadrice Alexandra Papadopoulou, s’est rendue le 10 juin à Tripoli pour le deuxième cycle de discussions techniques sur la délimitation de la zone économique exclusive. Les discussions ont été constructives ; la prochaine série de pourparlers se tiendra à Athènes. Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à poursuivre ce dialogue constructif sur la base du droit international, ainsi qu’à continuer de promouvoir la coopération bilatérale dans un large éventail de domaines d’intérêt commun.

L'ambassadrice Alexandra Papadopoulou a également rencontré le ministre des Affaires étrangères par intérim du gouvernement d'unité nationale libyen, Al Taher Salem Al Baour.

Le 11 juin, la vice-ministre des Affaires étrangères a eu un entretien, au ministère des Affaires étrangères, avec le Secrétaire général de l’administration générale de l’Armée nationale libyenne, le général Al-Tamimi.

Réunion extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la situation humanitaire à Gaza

À la demande de la Grèce et avec le soutien de tous les États membres élus du Conseil de sécurité des Nations Unies, se tiendra aujourd’hui, jeudi 18 juin, une séance extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la situation humanitaire dans la bande de Gaza et à la question palestinienne.

Dans son intervention, la représentante permanente de la Grèce, l’ambassadrice Aglaïa Balta, devrait réitérer que la priorité de la Grèce reste l’atténuation de la crise humanitaire à Gaza, grâce à l’acheminement massif, sans entrave et sans condition de l’aide humanitaire aux civils de la région.

Il est indispensable de passer à la deuxième phase du plan de paix et de la mettre pleinement en œuvre, conformément à la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Nous réaffirmons la position constante de la Grèce selon laquelle la paix dans la région n’est possible que par la relance d’un processus politique crédible et la création d’une perspective politique claire pour les Palestiniens, qui mènera à la solution à deux États, solution soutenue par l’écrasante majorité de la communauté internationale, qui aspire à un Moyen-Orient où ses habitants puissent vivre en paix et dans la dignité.

Balkans occidentaux

Le 12 juin, dans le prolongement de l'initiative qu'il a annoncée concernant les Balkans occidentaux, le ministre des Affaires étrangères s'est rendu en Serbie. Il y a rencontré son homologue serbe, Marko Đurić, et a été reçu par le président et le Premier ministre du pays, MM. Aleksandar Vučić et Đuro Macut, respectivement.

Les visites du ministre des Affaires étrangères ont pour objectif de :

- Réaffirmer le ferme engagement politique de la Grèce en faveur du processus d’adhésion des Balkans occidentaux, 23 ans après la conférence de Thessalonique, à la lumière notamment de la signature de la Déclaration de Delphes en avril 2026.

- Souligner l’engagement constant de la politique étrangère grecque envers cet objectif, notamment dans la perspective de la prise de la présidence du Conseil de l’Union européenne au cours du second semestre de 2027.

- Soutenir concrètement la perspective européenne des Balkans occidentaux, en apportant son savoir-faire afin de renforcer les efforts de réforme des partenaires de la région.

Türkiye

En marge du sommet du Processus de coopération en Europe du Sud-Est (SEECP), M. Gerapetritis a rencontré le ministre des Affaires étrangères de la Türkiye, Hakan Fidan.

Ils ont notamment abordé l’évolution des relations transatlantiques dans la perspective du sommet de l’OTAN prévu en juillet, les développements régionaux, en mettant l’accent sur la situation au Moyen-Orient au sens large et en Méditerranée orientale, ainsi que les évolutions liées à la question chypriote.

Les deux ministres ont également abordé des questions d’intérêt bilatéral et sont convenus de maintenir ouverts les canaux de communication.

Patriarche de Jérusalem

Le 8 juin, le ministre des Affaires étrangères a rencontré à Athènes Sa Sainteté le patriarche de Jérusalem, Mgr Théophile III. Au cours de cette rencontre, le ministre des Affaires étrangères a exprimé l’engagement de l’État grec à continuer d’apporter son soutien au Patriarcat et à œuvrer pour la protection des populations chrétiennes à Jérusalem et au Moyen-Orient, ainsi que du patrimoine culturel des Lieux Saints. Il a également souligné l’importance du maintien du statu quo à Jérusalem, insistant sur le fait que celui-ci doit être pleinement respecté par tous et en toutes circonstances.

Le ministre des Affaires étrangères a également souligné la nécessité d’une coopération avec le Patriarcat œcuménique, mais aussi entre les Anciens Patriarcats d’Alexandrie, d’Antioche et de Jérusalem, qui assument conjointement la responsabilité de préserver l’unité et de protéger les chrétiens orthodoxes.

Au cours de cette visite, un mémorandum de coopération a été signé entre le ministère des Affaires étrangères, le ministère de la Culture et le Patriarcat de Jérusalem en vue d’une coopération pour la protection et la conservation du patrimoine culturel matériel du Patriarcat.

Le 11 juin, le ministre des Affaires étrangères s’est entretenu par téléphone avec son homologue égyptien, Badr Abdelatty.  Au cours de cet entretien,  ont été abordés des questions relatives au partenariat stratégique entre les deux pays, ainsi que les développements régionaux au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Méditerranée orientale.

Le 5 juin, M. Gerapetritis s’est entretenu par téléphone avec le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani. Les discussions ont notamment porté sur des questions d’intérêt bilatéral, la crise dans l’ensemble de la région du Moyen-Orient, la liberté de navigation, ainsi que la sécurité des navires et des équipages dans la région du Golfe.

Création d’un poste de Secrétaire d’État permanent au ministère des Affaires étrangères

Parmi les événements de la semaine dernière, nous retenons la création d’un poste de Secrétaire d’État permanent au ministère des Affaires étrangères, conformément au quatrième alinéa du paragraphe 1 de l’article 81 de la Constitution, ainsi que la nomination à ce poste de Mme l’ambassadrice Alexandra Papadopoulou, dont la renommée n’est plus à faire et qui possède une longue expérience ainsi qu’une connaissance approfondie des questions de politique étrangère.

Il s’agit là d’une revendication constante et de longue date du corps diplomatique, qui garantit la continuité institutionnelle et renforce le prestige du service diplomatique.

D’ailleurs, l’Association des fonctionnaires diplomatiques a salué, dans un communiqué officiel, cette initiative législative des dirigeants politiques visant à promouvoir cette réglementation institutionnelle particulièrement importante.

Je vous remercie.

Questions

M. NIKOLAIDOU : Bonjour, Myrna Nikolaidou, journal ESTIA. Je souhaiterais poser une question concernant l’entretien entre M. Gerapetritis et M. Fidan : la question du fameux projet de loi sur la « patrie bleue » a-t-elle été abordée, et y a-t-il une possibilité qu’une rencontre entre M. Gerapetritis et M. Fidan ait été envisagée dans le cadre du sommet de l’OTAN qui se tiendra le mois prochain en Türkiye, ou s’il y a des préparatifs en vue d’une rencontre entre M. Mitsotakis et M. Erdogan, là encore en marge du sommet de l’OTAN.

Et sur le même sujet, je voudrais vous demander si vous disposez d’informations concernant une éventuelle visite de M. Trump ou d’un autre haut responsable américain en Grèce avant ou après le sommet de l’OTAN. Merci beaucoup.

L. ZOCHIOU : En ce qui concerne votre question sur les discussions qui ont eu lieu lors de la rencontre du ministre des Affaires étrangères avec son homologue turc, M. Gerapetritis a indiqué à ce sujet qu’une tension injustifiée s’était installée entre la Grèce et la Türkiye. Il a réaffirmé que les actions unilatérales et contraires au droit international menées par des États sur des questions pour lesquelles le droit international exige ou prévoit expressément une concertation bilatérale sont dépourvues de tout fondement juridique, et, par conséquent, elles ne produisent aucun effet juridique.

En ce qui concerne l’OTAN, aucune réunion n’a été fixée, du moins en ce qui concerne le ministre des Affaires étrangères. Pour ce qui est du Premier ministre, vous serez informés à ce sujet par le porte-parole du gouvernement. Quant à la visite d’un responsable américain en Grèce, il n’y a aucun arrangement officiel.

Ch. KRATSI : Christina Kratsi, chaîne de télévision ALPHA. M. Gerapetritis a fait ces déclarations au sujet du projet de loi. Qu’a dit le ministre turc des Affaires étrangères ? A-t-il confirmé l’existence de ce projet de loi ? A-t-il confirmé que son contenu pourrait poser des problèmes ? Quelle a été sa réaction ?

L. ZOCHIOU : Pour les questions concernant le ministre turc des Affaires étrangères, je vous prie de vous adresser au ministère des Affaires étrangères de la Türkiye.

K. MARGARITIS : Konstantinos Margaritis, AXIA. Avant-hier, lors du rapport annuel du Parlement européen, l’extension à 12 milles marins a été reconnue par le biais d’amendements, la violation de l’espace aérien a été condamnée, ainsi que les manœuvres illégales. En tant que ministère des Affaires étrangères, avons-nous l’intention d’étendre notre zone à 12 milles marins ?

L. ZOCHIOU : Tout d’abord, une remarque générale concernant le rapport du Parlement européen. Nous estimons qu’il reflète correctement la situation actuelle en Türkiye. En ce qui concerne la question de la zone côtière, vous savez qu’il s’agit d’une question qui concerne exclusivement la Grèce.

Il s’agit d’un droit inaliénable d’un État souverain découlant du droit international, que la Grèce a déclaré qu’elle exercerait au moment et à l’endroit de son choix.

M. MARGARITIS : Je m’en tiens aux amendements qui ont été votés et qui nous donnent carte blanche. Allons-nous tirer parti de ces amendements votés au Parlement européen ou allons-nous rester les bras croisés et attendre ?

L. ZOCHIOU : Je m’en tiendrai à ce que j’ai dit précédemment.

K. BALIS : Passons à un autre sujet. Je voudrais vous demander : le gouvernement grec se félicite-t-il de l’accord conclu avec l’Iran ? Au-delà des félicitations, est-il disposé à agir pour la mise en œuvre de cet accord ?

L. ZOCHIOU : Concernant quel sujet ?

K. BALIS : Disons, envoyer un navire quelconque dans le détroit d’Ormuz pour apporter tout type de soutien, d’aide ou de déminage.

L. ZOCHIOU : L’ouverture du détroit d’Ormuz et le rétablissement sans condition de la liberté de navigation constituent une priorité absolue. La Grèce, comme vous le savez, soutient l’initiative franco-britannique et souhaite y jouer un rôle actif. En tout état de cause, comme vous le savez d’après la déclaration commune du 14 juin, à laquelle la Grèce s’est associée, il est explicitement indiqué qu’une telle mission aura pour objectif de garantir la liberté de navigation et qu’elle revêtira un caractère purement défensif. Elle sera mise en œuvre lorsque les conditions le permettront, bien entendu en pleine coopération avec les parties concernées. Pour les questions opérationnelles, je vous renvoie au ministère de la Défense nationale compétent.

S. RISTOVSKA : Puisque vous ne nous avez pas communiqué le programme du ministre, avons-nous des informations précises concernant la visite en Macédoine du Nord ? Et la visite au Monténégro et en Bosnie est-elle toujours prévue pour demain ?

L. ZOCHIOU : Vous avez raison. Demain, comme cela a été annoncé, le ministre des Affaires étrangères se rendra au Monténégro et en Bosnie-Herzégovine. En ce qui concerne les autres partenaires des Balkans occidentaux, des communiqués seront publiés à ce sujet.

A. TELOPOULOS : Telopoulos, EFIMERIDA TON SYNTAKTON et iefimerida. Il est évident que le contenu de la réponse, s’il y en avait une, du ministre turc ne peut être divulgué ici. Le ministère des Affaires étrangères, après cette rencontre, en ce qui concerne le projet de loi et les rumeurs, est-il plus inquiet, moins inquiet ou davantage inquiet après la rencontre entre les deux ministres ?

L. ZOCHIOU : Concernant ce projet de loi en cours dont on parle sur la base de fuites, je répète que lorsque celui-ci sera publié et que nous aurons une vision complète de la situation, nous réagirons en conséquence. D’ailleurs, je le répète encore une fois, nous nous préparons à tous les scénarios possibles et nous demeurons vigilants.

M. TSILINIKOU : Maria Tsilinikou, SKAI et CNN Greece. Pourriez-vous, si possible, me donner votre avis sur l’interview de Kaja Kallas concernant sa déclaration selon laquelle ils s’efforcent de trouver un équilibre avec la Türkiye, qu’ils ne sont pas d’accord avec la Türkiye, qu’ils savent que les États membres ont des problèmes et qu’ils ont l’intention de les soulever auprès de leur voisin ? Merci.

L. ZOCHIOU : Nous souhaitons nous aussi qu’il y ait une stabilité et une sérénité absolues en ce qui concerne la Türkiye, mais une partie de cet équilibre doit nécessairement passer par le fait qu’elle ne menace pas de guerre les États membres de l’Union européenne et qu’elle s’aligne, en tant que pays candidat, sur les orientations de la politique étrangère de l’Union européenne. Tant les conclusions du Conseil européen que les rapports pertinents du Parlement européen sont tout à fait clairs et ne laissent place à aucune contestation.

S. RISTOVSKA : Je voudrais vous poser une question concernant le système d’entrée-sortie. Outre les communiqués publiés par le ministère de la Protection des citoyens, le ministère des Affaires étrangères a-t-il pris une décision visant à exempter certains États de ce système lorsqu’ils entrent en Grèce, comme nous l’avions lu il y a quelques mois dans la presse étrangère ? Merci.

L. ZOCHIOU : Il n’y a aucune marge de manœuvre permettant de s’écarter des principes fondamentaux du règlement européen. Le système d’entrée-sortie a été instauré par un règlement de l’Union européenne ; son application est donc obligatoire pour les États membres participant à l’espace Schengen.

Il implique en effet la collecte de données biométriques, ce qui, comme on peut le constater, entraîne manifestement certains retards lors des contrôles des passeports, notamment en période de forte affluence touristique. Les autorités grecques, conscientes de l’importance de maintenir et de renforcer le flux touristique vers le pays, prendront les mesures nécessaires, en tirant toujours parti des possibilités offertes par la législation de l’Union, mais bien sûr toujours dans le respect dudit règlement européen.

A. FOTAKI : Alexandra Fotaki, in.gr. Je voudrais poser une question concernant les discussions techniques avec la Libye : y a-t-il eu des avancées, avons-nous trouvé un point de départ, qu’est-ce qui a été discuté concernant le mémorandum turco-libyen, ce sujet a-t-il été abordé, sur quelle base se sont déroulées les discussions avec Benghazi en matière de délimitation, étant donné que le gouvernement grec a déclaré que cela ne pouvait se faire qu’avec un gouvernement libyen internationalement reconnu. Et s’il existe une réflexion sur une formule permettant à la Libye orientale de participer également à ces discussions. Merci.

L. ZOCHIOU : Notre position a été exprimée lors de toutes les réunions concernant le mémorandum turco-libyen de 2019, qui est illégal, sans fondement et nul, qui viole le droit international et, par conséquent, ne produit absolument aucun effet juridique. Les discussions techniques avec la Libye se déroulent à Tripoli, comme vous le savez. Ces discussions, tant lors du premier que du deuxième tour, ont réuni les mêmes participants. Toutefois, lors des contacts du ministre des Affaires étrangères et de la vice-ministre avec des responsables de Benghazi, ces derniers ont été informés des développements. En ce qui concerne votre question sur un format précis, s’il y a du nouveau, cela sera annoncé.

M. GASIAMIS : Gasiamis, MEGA et TA NEA. Première question : y a-t-il une date précise pour la venue des Libyens à Athènes ?

Et la deuxième est : quelles sont les attentes d’Athènes concernant cette réunion extraordinaire du Conseil de sécurité de l’ONU ?

L. ZOCHIOU : En ce qui concerne les discussions techniques, je dirais qu’il est probable qu’elles aient lieu dans un avenir proche.

En ce qui concerne nos attentes vis-à-vis du Conseil de sécurité, nous estimons que la Grèce, en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, doit soulever les questions qui préoccupent la communauté internationale, d’autant plus lorsque celles-ci ont des répercussions sur son voisinage au sens large et sur la stabilité régionale. L’une des priorités de la Grèce lors de sa présidence du Conseil de sécurité, en mai 2025, était la protection des civils dans les conflits armés. La crise humanitaire à Gaza fait rage. Nous estimons qu’il est impératif de soulever des questions qui, selon nous, méritent l’attention de la communauté internationale.

P. MICHOS : Panagiotis Michos, TO MANIFESTO et businessdaily.gr. Comme je n’ai pas bien compris, et pour faire suite à la question de ma collègue : Athènes négocie-t-elle uniquement avec Tripoli au sujet des zones maritimes ou mènera-t-elle également des négociations distinctes avec Benghazi, comme vous l’aviez indiqué ici lors de précédentes réunions d’information destinées aux rédacteurs diplomatiques ? C’est le premier point. Le deuxième point : Lors des discussions en cours, au cours des deux tours, des responsables de Benghazi ont-ils participé à la délégation de Tripoli en tant qu’observateurs ? Et troisièmement, quel a été le contenu de la rencontre entre Mme Papadopoulou et le général libyen ? Merci

L. ZOCHIOU : Tout d’abord, en ce qui concerne la question des pourparlers techniques à Tripoli : aucun responsable de Benghazi n’a participé aux pourparlers à Tripoli. La commission technique est composée de représentants du gouvernement internationalement reconnu et, par conséquent, elle représente la Libye. Lorsque nous parlons du maintien et du renforcement des canaux de communication, nous faisons référence aux deux parties, et cela inclut également cette question. Et bien sûr, comme je vous l’ai dit, lors des entretiens du ministre des Affaires étrangères et de Mme Papadopoulou, les responsables de Benghazi en ont été informés.

En ce qui concerne le contenu de la discussion entre la vice-ministre des Affaires étrangères et M. Al-Tamimi, l’accent a été mis sur la coopération bilatérale, la lutte contre l’immigration clandestine et les zones maritimes. Le rôle de la Grèce au sein de l’Union européenne et de l’Organisation des Nations Unies en ce qui concerne la question des avoirs gelés est également régulièrement mis en avant.

P. MICHOS : Je ne comprends pas. Concrètement, discutons-nous des zones maritimes avec la partie de Benghazi ? Ou bien les informons-nous des résultats de nos discussions sur les zones maritimes que nous menons avec Tripoli ?

L. ZOCHIOU : Je pense avoir été claire, Monsieur Michos, dans ce que je vous ai dit.

P. MICHOS : C'est-à-dire ? Je n'ai pas compris la réponse.

L. ZOCHIOU : Ils en ont été informés lors de leurs contacts avec le ministre des Affaires étrangères et au cours de la réunion qu’a eue la vice-ministre.

M. NIKOLAIDOU : Je voudrais poser une question sur la question chypriote, concernant les contacts de M. Gerapetritis avec Mme Holguín. Avant de rencontrer M. Gerapetritis, Mme Holguín a rencontré M. Fidan. M. Fidan s’est une nouvelle fois prononcé en faveur de la solution à deux États. D’un autre côté, le dirigeant de la zone d’occupation, M. Erhürman, semble privilégier des pourparlers directs entre Nicosie et le pseudo-État en dehors du cadre du groupe des cinq, selon certaines de ses dernières déclarations. Pensez-vous qu’il y ait un changement de stratégie de la part de la Türkiye ? M. Gerapetritis a-t-il reçu des informations de la part de Mme Holguín concernant une nouvelle évolution ? Merci.

L. ZOCHIOU : En ce qui concerne la revendication inacceptable d’une « solution à deux États », il est clair qu’elle ne contribue pas aux efforts visant à trouver une solution viable et équitable à la question chypriote. Et bien sûr, elle ne sera pas acceptée pour une raison très simple : elle sort du cadre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, comme l’a d’ailleurs déclaré le Secrétaire général de l’ONU.

En ce qui concerne la position turque, vous comprenez bien que le ministère grec des Affaires étrangères ne peut pas s’exprimer à ce sujet. Quant à la réunion informelle en format élargi, des communiqués seront publiés à ce sujet par l’Organisation des Nations Unies.

F. DOULGERI : Dans ses récentes déclarations, M. Christodoulides a indiqué que les discussions sur la question chypriote étaient désormais entrées dans le vif du sujet. Elles ne se situent plus au niveau des questions de procédure. Le ministre ayant rencontré Mme Holguín, disposez-vous d’informations à ce sujet ? Pouvez-vous le confirmer ?

L. ZOCHIOU : Je ne souhaiterais pas, je vous en prie, apporter d’informations supplémentaires à ce sujet.

Juin 18, 2026