Visite du ministre délégué aux Affaires étrangères, M. Varvitsiotis à Castellorizo et Ro - Extraits d'intervention à l'événement « L'insularité comme priorité pour l'avenir de l'Europe » (12.02.2022)

Visite du  ministre délégué aux Affaires étrangères, M. Varvitsiotis à Castellorizo et Ro - Extraits d'intervention à l'événement « L'insularité comme priorité pour l'avenir de l'Europe » (12.02.2022)Le ministre délégué aux Affaires étrangères, Miltiadis Varvitsiotis a transmis aujourd'hui depuis Castellorizo des messages multiples et forts à la Turquie, sur le respect du droit international, et à l'Europe, sur le renforcement de l'insularité, en participant à un événement spécial sur le thème « L'insularité comme priorité pour l'avenir de l'Europe ».

Ledit événement a été une initiative du ministre délégué aux  Affaires étrangères, qui coordonne le dialogue panhellénique sur l'avenir de l'Europe, et a été organisé en coopération avec la région de l’Égée du Sud. Le ministre des Affaires étrangères de la République de Chypre, Ioannis Kasoulidis, le ministre d'État irlandais aux Affaires européennes, Thomas Byrne, et le ministre d'État maltais aux Affaires européennes, Stefan Azzopardi, y ont également participé par visioconférence. Ont également pris la parole le gouverneur de la région de l’Égée du Sud, Georges Hadjimarkos, le maire de Castellorizo, George Samsakos, le président de l'Union régionale des municipalités de l’Égée du Sud et maire de Rhodes, Antonis Kampourakis, le maire d'Ios, Gikas Gikas, et le recteur de l'Université de l’Égée, Chrissi Vitsilaki.

Lors d'une visite hautement symbolique, le ministre délégué aux Affaires étrangères a transmis le message suivant : « Ici, à Castellorizo, bat le cœur de l'Europe. Ici, à Castellorizo, nous nous trouvons sur le territoire européen, qui fait partie intégrante de l'Union européenne, du continent européen. Ici, nous défendons les valeurs de nos frontières communes, de nos liens communs. Et, bien sûr, ici nous unissons nos voix pour contempler l'avenir pacifique de nos citoyens, pour explorer les moyens qui nous permettrons d’évoluer avec égalité, avec des opportunités dans un environnement de paix ».

M. Varvitsiotis a ajouté qu'il était fier de la participation internationale de Chypre, de Malte et de l'Irlande par l'intermédiaire de leurs ministres chargés des affaires européennes, car cela vient confirmer que « Castellorizo, comme l'ensemble des îles grecques, fait partie intégrante de l'Europe insulaire et des frontières de l'Union européenne. Des frontières qui sont gardées, des frontières de valeurs, des frontières de destinations et d'aspirations communes ».

Dans le même esprit, il a noté que le message envoyé aujourd'hui est aussi un message en faveur du respect du droit international, car aucune politique de développement ne peut être adoptée et aucun grand projet de coopération ne peut être réalisé si nous n’avons pas tous la même base. « Notre base commune est le droit international de la mer, le respect et la protection des frontières et, bien sûr, les conditions de bon voisinage », a-t-il commenté en faisant une référence particulière à la Turquie en tant que destinataire de ce message. « C'est un message que nous envoyons depuis Castellorizo à tout le monde, mais surtout à l’autre côté de la mer Égée, qui doit enfin comprendre que dans le monde moderne, nous parlons en termes de coopération et de droit international, sans faire preuve des attitudes renvoyant au XVIIIe siècle, aux États pirates ou à ceux qui pensaient qu'ils ne changeraient le cours de l'histoire que par la violence ». Nous sommes attachés à la paix, à la coopération et au droit international,  non seulement en tant que Grecs, mais aussi en tant qu'Européens », a-t-il déclaré.

Dans le même esprit, M. Varvitsiotis a souligné que l'application du droit international de la mer est une condition préalable essentielle à la mise en œuvre des politiques d'insularité. Le droit international, a-t-il dit, nous montre la voie à suivre pour faire bon usage de notre mer commune, sans remettre en cause les droits des autres, mais en donnant à nos citoyens la possibilité de développer et d'exploiter ses ressources. C'est pourquoi, a-t-il ajouté, la Turquie doit reconnaître le droit de la mer, afin que nous puissions résoudre les différends de longue date et instaurer la paix dans nos îles.

Le ministre délégué aux Affaires étrangères a également mis l'accent sur le rôle crucial que jouent les îles et la Méditerranée pour la prospérité de la Grèce et de l'Europe. « La Méditerranée n'est pas une mer comme les autres. Sur ses rives européennes habitent  200 millions de personnes et, au-delà des questions de sécurité, la Méditerranée est une source de revenus », a-t-il déclaré, en faisant particulièrement référence au tourisme, aux transports, à l'énergie verte, à l'économie bleue et aux échanges culturels.

C'est pourquoi M. Varvitsiotis a souligné la nécessité d’élaborer une politique insulaire européenne intégrée qui garantirait aux habitants des îles la même qualité de vie qu'aux habitants des régions continentales. Il a notamment relevé la nécessité pour eux de bénéficier d'un bon réseau de transport, de soins de santé de qualité, d'un accès sans entrave à l'éducation, de l'autosuffisance en matière d'énergie et d'approvisionnement en eau, mais aussi de faire face au coût élevé de la vie en faisant subventionner une partie des frais de transport par les États membres.

À ce stade, le ministre délégué aux Affaires étrangères a adressé un autre message à l'Europe, soulignant que le défi pour les technocrates de Bruxelles est de comprendre la spécificité de l'insularité ». Il a déclaré que chaque île doit être traitée individuellement, en fonction de sa taille, de son potentiel, de sa distance par rapport au continent et de ses besoins particuliers.

Enfin, sur la question du changement climatique, M. Varvitsiotis a souligné que dans une Europe entourée par la mer, nous ne pouvons pas discuter de la manière de faire face au changement climatique sans faire référence aux politiques environnementales maritimes. Dans ce contexte, il a rappelé les conclusions du sommet EUMED qui s'est tenu à Athènes l'année dernière, à l'initiative de notre pays, qui assurait alors la présidence du groupe euro-méditerranéen. Il a également noté que le gouvernement Mitsotakis a déjà introduit des politiques pertinentes, telles que les restrictions sur l'utilisation des plastiques et les îles vertes (Astypalaea, Tilos).

Après l'événement, le ministre délégué aux Affaires étrangères Miltiadis Varvitsiotis a visité le camp du commandement de la défense de l'île de Megisti et l'avant-poste militaire de Ro.

Février 12, 2022