Conférence de presse conjointe du vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, E. Vénizélos et de son homologue de Slovaquie, Miroslav Lajcak

Conférence de presse conjointe du vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, E. Vénizélos et de son homologue de Slovaquie, Miroslav LajcakE. VENIZELOS : C'est avec un très grand plaisir que j'accueille au ministère des Affaires étrangères, mon collègue, le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, M. Miroslav Lajcak, une personnalité diplomatique et politique éminente, ayant un excellent parcours non seulement sur la scène politique nationale, mais aussi internationale.

La Grèce et la Slovaquie entretiennent des liens d'amitié étroits et le niveau de nos relations bilatérales est excellent. Dans le passé il y a eu des problèmes d'importance mineure, dans le cadre du fonctionnement de la zone euro. Toutefois, ces problèmes ont été réglés dans un esprit de solidarité qui régit nos relations car la crise économique est paneuropéenne n'affecte pas seulement certains pays du sud.

La Grèce et la Slovaquie partagent les mêmes positions à l'égard de toutes les questions majeures et de l'avenir de l'intégration européenne.

J'ai briefé mon homologue sur les priorités de la présidence hellénique. Le gouvernement slovaque reconnait ces priorités et il nous aidera à la réalisation de nos objectifs et de nos initiatives au cours du premier semestre de 2014, période qui coïncide avec le déroulement des élections européennes.

En outre, nous avons discuté d'un grand nombre de questions régionales et au cours du dîner de travail nous allons passer en revue les questions européennes et internationales, des questions que nous avons envisagées de concert les dernières semaines lors de l'Assemblée générale de l'ONU et du Conseil des Affaires étrangères de l'Union européenne.

Une dernière remarque : Nous avions tous été sensibilisés au problème de l'immigration illégale lors de la récente tragédie humanitaire survenue à Lampeduza et en Sicile. C'était l’une des principales questions abordées lors de notre discussion. L'Union européenne doit prendre d'importantes initiatives dans la pratique afin de s'attaquer à la source du problème sur la base des principes de la solidarité et de la répartition équitable des charges parmi les Etats membres de l'Union européenne, afin que les pays côtiers de la Méditerranée, comme la Grèce, ne soient pas les seuls à subir les pressions migratoires.

M. LAJCAK: Bonjour mesdames et messieurs, Tout d'abord, je voudrais dire combien je suis content de me trouver en Grèce. Par ailleurs, il s'agit de la première visite d'un haut fonctionnaire slovaque depuis 2006, ce qui n'est pas normal vu l’excellent niveau des relations amicales qui unissent les deux pays.

Les deux pays entretiennent des relations amicales étroites. En effet, nous avons un long parcours historique commun. Nous entretenons des relations étroites et cette année nous célébrons 1 150 ans depuis l'arrivée des deux moines originaires de Thessalonique, Cyrille et Méthode, en Moravie où ils ont enseigné la religion et l'écriture. Et c’est l’un des éléments qui attestent de l'ancienneté de nos relations.

Aujourd'hui, nous sommes deux Etats membres de l'OTAN et de l'Union européenne. Nous partageons les mêmes vues sur les plus importantes questions, telles que les politiques de cohésion de l'UE et les politiques d'élargissement de l'UE et de l'OTAN. Et cela est très utile car nous sommes des partenaires et des alliés.

La Slovaquie jouit d'une grande popularité parmi vos citoyens. Par exemple, en ce moment 1 000 étudiants grecs sont inscrits dans nos établissements universitaires et la Grèce constitue l'une des trois destinations touristiques de prédilection pour la Slovaquie.

Nous suivons de près les événements en Grèce et nous compatissons, tout en étant conscients des progrès que vous avez réalisés dans la mise en œuvre des réformes structurelles et l'atteinte de vos objectifs budgétaires.

Nous reconnaissons que cela est douloureux pour les citoyens grecs car nous avons nous aussi vécu une situation similaire. Toutefois, nous savons que, pour ce qui est des objectifs budgétaires, vous réalisez des progrès et vous avez tout notre soutien à cet égard. Les nouvelles qui nous parviennent d'Athènes sont encourageantes et nous sommes convaincus que vous honorerez vos promesses.

Comme mon cher ami et collègue, M. Vénizélos l'a affirmé, nos relations sont en effet excellentes. Il y a eu certains malentendus dans le passé que nous avons réglés. Ce qu'il faut retenir est qu'en ce moment nous entretenons des relations très étroites, nos relations sont très bonnes et ceci se reflète dans la visite réussi de votre Président.

Le semestre prochain, le premier semestre de 2014, vous exercerez la présidence de l'Union européenne. Ce semestre sera important. Par ailleurs, cette période coïncide avec le déroulement des élections européennes. D'importantes décisions devraient être prises au cours de cette période et vous aurez tout notre soutien puisque nous sommes d'accord avec les priorités que vous avez fixées.

Nous suivrons de près votre présidence car nous assumerons nous aussi la présidence de l'Union européenne en 2016. C'est pourquoi nous étudierons votre façon de procéder. Vous disposez par ailleurs d’une longue tradition dans l'exercice des présidences européennes réussies.

Et je voudrais vous remercier pour avoir permis à l’un de nos diplomates de participer au groupe de travail chargé de la préparation de la présidence hellénique.

JOURNALISTE : Une question adressée à M. Lajcak, vu la grande expérience dont vous disposez concernant les Balkans occidentaux, je voudrais votre commentaire pour ce qui est des rapports sur les progrès réalisés de la Commission.

M. LAJCAK : Pour ce qui est du rapport sur la réalisation des progrès de la Commission européenne, je pense que ledit rapport reflète de façon réaliste la situation réelle qui domine dans la région élargie, tout en signalant les questions qui doivent être réglées. En général, ce rapport donne un aperçu réaliste de la situation et je pense que cela pourrait servir d'incitation pour les pays concernés par ce rapport car il s'agit des positions de l'Union européenne que nous partageons.

JOURNALISTE : Comme l'a également affirmé M. Lajcak, la Grèce est en train d'atteindre les objectifs fixés. Mais, monsieur le vice-président, certains ne partagent pas cette opinion. Vous avez eu tout à l'heure une rencontre avec le premier ministre. Est-ce que vous êtes convenus de toutes les questions portant sur l'accord-cadre entre les deux partis qui soutiennent le gouvernement?

E. VENIZELOS : Le fait d’avoir adopté, le Premier ministre et moi-même, en tant que chefs de deux partis du gouvernement de coalition, l'accord-cadre, signifie que nous présentons au peuple grec le cadre politique d'un plan national de reconstruction global.

L'accord-cadre n'est pas un accord entre les deux partis; il s'agit d'un accord entre le gouvernement et la société grecque. L'accord-cadre est une invitation adressée à toutes les forces politiques et sociales afin que ces dernières unissent leurs forces et apportent conjointement leur contribution.

Il s'agit d'un accord-cadre qui doit être adopté par tous les Grecs et les Grecques pour pouvoir sortir définitivement de la crise. Ne pas avoir un cadre de consensus national est dommage et injuste du point de vue historique, ce qui minimise les sacrifices et les luttes du peuple grec. Nous devons trouver un consensus.

Nous devons tous ensemble, en unissant nos forces, en protégeant les groupes sociaux les plus vulnérables et en assurant la cohésion sociale et nationale, surmonter définitivement la crise et devenir de nouveau un membre jouissant de l'égalité devant toutes les institutions européennes, au sein de la zone euro et l'Union européenne. Notre pays, la société grecque et chaque famille grecque le méritent.

En outre, l'accord-cadre constitue un cadre de négociation avec la Troïka et nos partenaires institutionnels. Nous honorerons nos obligations, mais nous ne pouvons pas faire subir au peuple grec de nouvelles épreuves.

Aujourd’hui, les enjeux à relever sont les changements structurels, l'économie réelle, les investissements, la croissance, l'emploi et la réparation des injustices.

Telles sont les priorités politiques actuellement.

Je vous remercie.

Octobre 24, 2013