C’est avec un plaisir particulier que j’effectue aujourd’hui, pour une nouvelle fois, dans ces circonstances cruciales, une visite à Chypre. J’ai eu le plaisir particulier et l’honneur d’être reçu par le Président Anastasiadis et de m’entretenir longuement avec mon cher ami, Nikos Christodoulidis.
Nous avons discuté des relations bilatérales et de notre coopération dans le cadre de la perception commune que nous avons et développons avec les pays de la région qui partagent les mêmes valeurs et perceptions que nous.
Des partenariats qui, comme il est communément admis, contribuent au maintien de la paix et de la stabilité dans notre région.
La coordination entre Athènes et Nicosie est permanente tant au niveau politique qu’à celui des services, dans le cadre de notre parcours commun.
La semaine dernière nous avons participé avec M. Christodoulidis à la réunion extraordinaire du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE.
Dans les jours à venir nous participerons de nouveau ensemble au Conseil informel à Berlin où nous devrions discuter de la liste des sanctions contre la Turquie que le Haut représentant a le devoir institutionnel de nous présenter.
L’agressivité croissante de la Turquie va l’encontre de l’UE et par conséquent cela doit donner lieu à une intensification des réactions européennes en vue de faire face à cette agressivité.
Le comportement illégal de la Turquie sera bien évidemment abordé au niveau le plus élevé aussi, lors de la réunion au sommet des 7 Etats méditerranéens de l’UE (MED 7) en Corse et par la suite lors du Conseil européen extraordinaire auquel participeront le Président Anastasiadis et le Premier ministre, K. Mitsotakis.
Les provocations turques font fi des positions claires de l’UE, des Etats-Unis et des Etats de notre région.
Elles méprisent les valeurs européennes, le droit international et le droit de la mer.
Ces provocations constituent une escalade de tensions et une militarisation inacceptable.
Elles constituent le choix d’un fauteur de troubles qui révèle l’impasse dans laquelle se trouve ce dernier à cause de ses propres choix.
Nous avons également évoqué avec Nikos la poursuite des activités illégales turques qui sont tout à fait condamnables dans la ZEE chypriote et dans les régions du plateau continental grec.
Nous tenons à répéter : cette persévérance dans un comportement infractionnel ne crée pas des faits accomplis. La persévérance dans un comportement infractionnel ne produit pas d’effets juridiques. Elle vient confirmer le rôle déstabilisateur de la Turquie dans la région et le manque d’arguments de la part de cette dernière.
Il est manifeste que ce n’est ni la Grèce, ni la République de Chypre qui provoquent des tensions.
Cela ne signifie pas toutefois que nous sommes des spectateurs passifs.
Nous prenons et nous allons prendre des initiatives pour empêcher la création des faits accomplis.
Les appels de la Turquie en faveur du dialogue – qui ne sont qu’un prétexte- dès lors que ceux-ci sont lancés dans ce contexte marqué par des tentatives visant à imposer des faits accomplis et sous le chantage et la menace ne peuvent persuader personne.
En ce qui nous concerne, je répète, depuis Nicosie aussi, que nous sommes traditionnellement en faveur du dialogue.
Mais le dialogue ne peut être engagé que sur la base des règles et de l’Etat de droit, du droit de la mer et des relations bien évidentes du bon voisinage.
Avec M. Christodoulidis, vous l’avez tout à l’heure entendu, nous avons également débattu de la perspective de la relance des négociations substantielles en vue du règlement de la question chypriote.
Perspective qui, malheureusement, est entravée par la poursuite des provocations turques dans les zones maritimes de la République de Chypre mais aussi à Famagouste.
Nous sommes bien conscients des défis particulièrement cruciaux liés à la question de Varosha pour ce qui est de la réalisation de progrès en vue du règlement de la question chypriote.
La Grèce est toujours prête à participer aux efforts visant au règlement de la question chypriote, dans le cadre de bons offices du Secrétaire général des Nations Unies.
Elle est également prête à donner suite à une initiative du Secrétaire général en vue relancer le processus là où il s’est interrompu à Crans Montana, dans les plus brefs délais.
La question chypriote constitue une question nationale majeure et une préoccupation majeure de la politique étrangère grecque.
Et dans le cadre des efforts visant à son règlement, le droit international, les résolutions des Nations Unies et, bien évidemment, l’acquis communautaire ne peuvent que servir de guide.
En guise de conclusion, et en me trouvant ici à Nicosie, je ne peux que souligner l’intérêt marqué de la Grèce à l’égard de la question des personnes disparues, Grecs et Chypriotes.
J’ai réitéré à Nikos Christodoulidis que la Grèce continuerait de contribuer aux efforts de la République de Chypre jusqu’à ce que la Turquie se conforme aux décisions de la Cour européenne des droits de l’homme.
Je vous remercie beaucoup, je vous remercie de l’accueil que vous m’avez réservé à Nicosie.
Aout 18, 2020