E. VENIZELOS: Je suis très heureux de recevoir au ministère des Affaires étrangères le Secrétaire général du Conseil de l’Europe, M. Thorbjorn Jagland, une grande personnalité européenne qui a exercé les fonctions de Premier ministre de notre pays ami, la Norvège.
La Grèce est un vieil ami, un ami fidèle du Conseil de l’Europe et elle n’a de cesse de lui exprimer sa gratitude pour son soutien sans faille lors des années difficiles de la dictature, du combat mené contre la junte militaire.
Nous appuyons les initiatives du Secrétaire général concernant la réforme institutionnelle du Conseil de l’Europe, le renforcement de la Cour européenne des droits de l’homme et autres institutions et mécanismes de surveillance. Car historiquement et institutionnellement, le Conseil de l’Europe est le garant des grandes valeurs et principes européens, de la démocratie et de l’Etat de droit.
Par ailleurs, c’est au niveau du Conseil de l’Europe que l’Europe se forme globalement en tant que continent. Une Europe que nous voulons être celle de la conscience historique, de la paix, de la démocratie, des droits, de la civilisation, de la cohésion sociale et de la protection.
La mission de M. le Secrétaire général est particulièrement importante et la présidence grecque du Conseil de l’Union européenne, au premier semestre 2014, est prête à travailler avec le Conseil de l’Europe et le Secrétaire général personnellement ainsi que son équipe, en vue de promouvoir les objectifs en faveur d’un espace européen institutionnel, juridique, politique, un espace de protection des droits de l’homme et de la démocratie.
T. JAGLAND: Mesdames et Messieurs, tout d’abord j’aimerais exprimer ma joie de me trouver ici, en Grèce, l’un des membres les plus anciens et les plus stables du Conseil de l’Europe.
Je me trouve ici, non pour imposer quoi que ce soit à la Grèce, mais pour discuter et voir comment nous pouvons, ensemble, coopérer en vue de relever les défis. Des défis liés à des phénomènes d’extrémisme, de violence, de xénophobie et d’action politique violente.
Le Conseil de l’Europe possède une très grande expertise et un savoir-faire, que nous offrons pour assister la Grèce.
Permettez-moi aussi, très brièvement, d’exprimer mon plein soutien à la ligne de conduite adoptée par le gouvernement grec pour ce qui est de la répression de la violence politique et de la façon dont il envisage la question de l’Aube Dorée.
Le recours à la violence est inadmissible, qui plus est lorsque celle-ci est exercée sous couvert d’un parti ou d’une idéologie politiques. La ligne de conduite adoptée par le gouvernement grec est tout à fait compatible avec l’Etat de droit. Nous soutenons pleinement cette ligne de conduite, qui est également conforme aux décisions rendues par la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg.
Cela étant dit, j’estime que la modernisation de la législation en la matière visant à lutter contre les propos ou actes racistes est très importante et est pleinement conforme à la Convention européenne des droits de l’homme.
Comme je l’ai dit, nul ne devrait recourir à des actes racistes ou inciter à la violence. J’estime qu’il est très important de pouvoir imposer la loi et l’ordre et c’est cette ligne de conduite qu’adoptent les autorités du pays.
Octobre 23, 2013