Déclarations de M. S. Lambrinidis et de Mme H. Clinton

Déclarations de M. S. Lambrinidis et de Mme H. ClintonS. LAMBRINIDIS : Madame Secretary, dear Hillary, it’s a great pleasure to have you here. Je voudrais souhaiter la bienvenue à Hillary Clinton à Athènes. Je suis particulièrement content car c’est la première Secrétaire d’Etat que j’accueille en Grèce après la prise de mes fonctions et j’espère Hillary que tu nous porteras chance.

Madame la Secrétaire d’Etat, je pense que nos discussions ont été très bonnes. Nous avons abordé un grand nombre de questions dont je voudrais retenir la plus importante. La Grèce et les Etats-Unis sont des alliés naturels et des amis. Et je ne pense pas seulement aux intérêts mutuels car ceux-ci sont bien évidemment importants, mais je me réfère à notre passion commune pour la liberté, la démocratie dans nos pays et dans le monde. Nos liens vont au-delà des limites étroites des relations interétatiques.

Chère Hillary,  c’est dans les moments difficiles que l’on reconnaît les vrais amis et la Grèce, comme tout le monde le sait, traverse des moments difficiles. Les Etats-Unis ont été à nos côtés de manière ferme et décisive. Nous apprécions votre soutien et nous prenons l’engagement de sortir gagnants de cette épreuve. Depuis une année et demie, nombreux sont ceux, des deux côtés de l’Atlantique, qui ont misé sur l’effondrement de la Grèce et de l’Europe et ils se sont trompés. Nous continuerons de démentir leurs affirmations et c’est par le biais de notre coopération que nous y parviendrons. Je pense qu’il est important d’avoir eu cette occasion de discuter des opportunités offertes dans notre pays dans le domaine du tourisme et des investissements étrangers et nous espérons et pensons que ces opportunités suscitent l’intérêt de tous ici.

Maintenant, outre le dossier de l’économie, nous avons aujourd’hui évoqué les questions relevant de notre responsabilité, à savoir des questions ayant trait à la politique étrangère. Nous avons fait le bilan de la réunion du Groupe de contact sur la Libye, nous avons étudié en détail la situation au Moyen-Orient et nous aurons une coordination étroite jusqu’au mois de septembre dans cet effort commun de raviver le processus de paix.

Nous avons abordé des questions ayant trait aux Balkans et la première priorité pour la Grèce et sa vision commune pour les Etats-Unis est de faire dominer la paix, la stabilité et la sécurité dans notre région, de lutter contre le nationalisme du passé et d’établir avec tous les pays de la région une relation étroite de coopération sous notre toit européen commun. J’ai dit à madame la Secrétaire d’Etat qu’au lieu d’essayer de réécrire l’histoire, nous avons une opportunité unique d’écrire l’histoire et c’est sur cet objectif que nous devrons tous axer notre attention, et ce, bien évidemment, dans le cadre de l’ « Agenda 2011 », l’initiative grecque que nous avons évoquée.

Nous avons également discuté des efforts visant à la normalisation des relations gréco-turques, des progrès réalisés, des difficultés qui demeurent et je suis particulièrement satisfait chère Hillary car aujourd’hui nous signerons ensemble un accord sur la lutte contre le trafic d’antiquités. Tu auras l’occasion de visiter le musée de l’Acropole avec mon ami le ministre de la Culture de la Grèce.

Mesdames et messieurs,

A côté de moi est une amie de la Grèce, une amie de l’hellénisme. Une femme qui a forgé des liens de confiance avec l’hellénisme des Etats-Unis qui constitue le pont solide et puissant d’amitié qui unit la Grèce et l’Amérique et cela revêt pour nous une importance majeure. Madame Secretary, dear Hillary, welcome to Greece.

H. CLINTON : Je te remercie beaucoup Stavros et je suis très contente de me trouver ici à l’occasion de cette rencontre et c’est un grand honneur pour moi d’être la première Secrétaire d’Etat qui visite le pays, mais vous, vous êtes très vite devenus vétéran en un moi depuis la prise de vos fonctions. Je suis très contente de me trouver ici en ces temps difficiles en vue de faire part du soutien puissant et sans faille des Etats-Unis à la Grèce. Nous sommes à la fois des amis et des alliés et nous sommes très contents d’être les deux. Nous soutenons le peuple et le gouvernement grec dans ses efforts visant à rétablir la stabilité économique, la croissance et la prospérité du pays. Cela est pour nous essentiel car cette relation est très importante pour nous. En tant qu’allié de l’OTAN, nous apprécions la participation de la Grèce dans le cadre d’un projet commun d’envergure mondial.

Avec le ministre des Affaires étrangères, nous avons eu une discussion constructive portant non seulement sur les difficultés directes auxquelles la Grèce est confrontée mais aussi sur un large éventail de questions qui sont au cœur de notre alliance permanente.

Nous avons discuté de nos efforts continus, dans le cadre des opérations de l’OTAN, en vue de fournir une aide au peuple libyen pour un meilleur avenir. Un nouvel élan est insufflé à nos efforts diplomatiques et militaires et nous sommes reconnaissants à la Grèce pour sa participation et son soutien et notamment pour l’empressement que vous avez manifesté d’accueillir les forces alliées dans le golfe de Souda et dans d’autres régions en Libye.

Nous avons également discuté des événements inquiétants en Syrie, nous avons condamné la violence et nous apprécions le soutien de la Grèce qui a parlé d’une voix forte contre les attaques perpétrées contre nos ambassades à Damas. Nous ouvrerons ensemble au sein de la communauté internationale en vue de soutenir la vision pour la Syrie qui est dotée d’un gouvernement représentatif fournissant une protection égale à tous les citoyens dans le cadre de la loi.

Nous continuerons de coopérer avec la Grèce en vue de soutenir la transition démocratique dans toute la région du Moyen-Orient et en Afrique du nord.

Nous félicitons le gouvernement grec pour son approche constructive à l’égard des Nations Unies sur des questions humanitaires de Gaza, une approche qui nous aide à éviter les dangers liés à Gaza.

A une époque où les affaires intérieures monopolisent à juste titre la Grèce, nous sommes reconnaissants de votre participation continue aux difficultés communes au monde entier.

J’apprécie le travail accompli par le Premier ministre, M. Georges Papandréou et son gouvernement pour ce qui est des questions durables liées à l’adhésion des Balkans occidentaux aux structures européennes et interatlantiques. Bien évidemment, la Grèce et les Etats-Unis sont liés non seulement par les difficultés communes auxquelles ces deux pays sont confrontés mais ils partagent aussi les mêmes valeurs communes. Nous sommes reconnaissants pour la contribution de la Grèce au développement de ces valeurs mais aussi à leur continuation et au patrimoine qu’elle nous a légué.

Des millions d’Américains sont d’origine grecque et l’année dernière le Président, M. Obama a accueilli le Premier ministre M. Papandréou à la Maison Blanche dans le cadre d’une manifestation pour la célébration de la participation de la Grèce au programme d’exemption de visa, un programme qui rend plus facile le déplacement des Grecs qui viennent aux Etats-Unis pour visiter leurs proches et leurs amis.

Plus tard, comme l’a affirmé monsieur le ministre, je signerai un accord sur la préservation du patrimoine culturel ce qui ne facilitera guère la tâche des pillards et des trafiquants qui transportent les trésors historiques de la Grèce. Cet accord protégera le tourisme et assurera que le patrimoine culturel admirable de ce pays demeura en possession du peuple grec.

Enfin, permettez-moi de dire quelques mots sur la situation économique en Grèce. Les Américains savent qu’en ces jours difficiles nous sommes à vos côtés en tant qu’amis et alliés. Les Etats-Unis soutiennent de manière ferme la détermination du Premier ministre, M. Papandréou à mettre des réformes en œuvre, à remettre l’économie de la Grèce sur la bonne voie et à la rendre plus compétitive. L’engagement pris en faveur de la réduction du déficit et de l’adoption de la stratégie financière à moyen terme ont été les premiers pas cruciaux. Ces décisions n’ont pas été faciles, c’étaient des décisions responsables qui assureront un meilleur avenir pour l’économie grecque et pour le peuple grec.

Maintenant, la tâche difficile est d’assurer un progrès continu avec la même détermination et la même application en vue d’atteindre les objectifs financiers et poursuivre les réformes qui renforceront le développement futur. Dans la plupart des cas, ces changements devront être mis en route immédiatement et de manière permanente. Quoique les résultats ne soient pas immédiatement  visibles, ils apporteront leurs fruits sur le long terme. Nous le savons biens. Il y de nombreux exemples réussis autour de nous. Nous savons également que les conséquences de l’inertie seraient encore plus graves maintenant qu’à l’avenir.

Le chemin ne sera pas facile mais il mènera au rétablissement de la stabilité économique et de la puissance de la Grèce. Je crois en la puissance du peuple grec.

Je salue la détermination du gouvernement grec qui fait des pas difficiles pour améliorer l’avenir économique de la Grèce. La Grèce a été une source d’inspiration pour le monde dans le passé et je suis tout à fait convaincue qu’elle le sera de nouveau. Vous pouvez compter sur l’amitié et le soutien des Etats-Unis tout au long de vos efforts visant à l’assainissement de votre économie.

Et encore, monsieur le ministre, je vous remercie pour cette occasion que vous m’avez donnée de visiter la Grèce. Et je tiens à vous remercier de nouveau et vous faire part de notre soutien à la Grèce et au peuple grec en ces moments difficiles. Je voudrais réitérer notre conviction, à savoir que ce chemin apportera des résultats non seulement aujourd’hui mais pour les générations futures.

JOURNALISTE : Vous avez affirmé que les déficits budgétaires sont des questions relevant de la sécurité nationale pour les Etats-Unis et pour la Grèce bien évidemment, en tant que membre de l’Union européenne. Considéreriez-vous que la crise européenne pourrait réduire la capacité de l’OTAN à financer ses opérations ?

H. CLINTON : Non, non Christophe. Je pense que l’alliance de l’OTAN effectue certaines analyses pour assurer qu’elle continuera d’être l’alliance miliaire la plus puissante du monde. Les alliés de l’OTAN sont conscients de l’importance que revêt cette alliance pour notre sécurité et pour les problèmes sur l’horizon qui influencent la sécurité de la communauté euro-atlantique aussi. Est-ce que nous prévoyons des changements pour l'avenir ? Bien évidemment. Mais ce qui a fait de l’OTAN une alliance puissante et permanente a été le fait que nous avons été obligés d’évoluer et de réadapter nos processus intérieurs; or les Etats-Unis ont non seulement une confiance absolue en l’OTAN mais ils ont pris l’engagement de réaliser la vision adoptée à Lisbonne, une vision qui jette les fondements pour les pas qu’il faut entreprendre à l’avenir.

JOURNALISTE : La question est adressée aux deux ministres. Vous avez évoqué la crise économique, à savoir la crise économique qui affecte les Etats-Unis et l’Europe. L’année dernière, nous avons parlé de la crise économique, cette année nous parlons de la crise européenne. Vous avez transmis quelques messages positifs mais en dépit de cela la société est morose. Vous, en tant qu’hommes politiques, quel message optimiste pourriez-vous transmettre à cette société, à savoir qu’il y  a une issue à cette crise et que ses sacrifices sont payants.

S. LAMBRINIDIS : Sans aucun doute, la Grèce d’aujourd’hui n’a aucun rapport avec la Grèce d’il y a deux ans. Il ne fait aucun doute qu’en dépit des affirmations parlant de l’effondrement de la Grèce, cela n’a pas été le cas et la Grèce est en évolution et en progrès constant. Il ne fait aucun doute que les efforts seront longs et qu’il n’y a pas de solutions magiques. Il ne fait également aucun doute que grâce aux efforts du peuple grec nous n’avons pas seulement évité le danger évident de la faillite mais nous avons également jeté les bases pour le redressement de notre pays.

Enfin, sans aucun doute, nous avons besoin d’une coordination non seulement pour ce qui est des mesures nécessaires à prendre mais aussi de la solidarité européenne. La solidarité européenne, si vous voulez, une solidarité que nous espérons sera manifestée de manière décisive dans la période à venir, est une condition nécessaire car en fin de compte, au sein d’une Europe unie, l’espoir ne concerne pas chaque pays séparément mais la force économique inimaginable qui fait l’union des 500 millions de citoyens des 27 pays. 

Ce message s’est affaibli un peu ces derniers mois dans certains pays mais la Grèce a regagné sa crédibilité et grâce à ces mesures importantes elle joue de nouveau un rôle de premier plan dans le cadre des discussions et, j’ose espérer, qu’elle sera de nouveau le protagoniste au sein d’une Europe qui connaitra une croissance puissante qui génèrera des emplois et donnera de l’espoir à tous les citoyens.

Η. CLINTON : Bien évidemment, je suis tout à fait d’accord avec le ministre, et permettez-moi de vous présenter aussi le point de vue des Etats-Unis. Nous considérons que la récente législation adoptée rendra la Grèce plus compétitive et créera un environnement favorable aux investissements. Je pense que cela revêt une importance substantielle pour la croissance au 21e siècle, lorsque les entreprises pourront s’implanter dans n’importe quel endroit du monde, le capital suivra. Nous considérons que cela constituera une base solide à partir de laquelle la Grèce pourra de manière continue attirer des entreprises et créer des emplois, comme Stavros l’a affirmé, ce qui revêt une importance majeure pour le peuple grec car les entreprises sont en quête de régimes financiers, de régimes entrepreneuriaux bien précis, etc. Les investissements sont à la recherche de la transparence, de la protection des droits de propriété intellectuelle, de l’application des conventions, autrement dit tous ces éléments qui ont fait partie de la législation adoptée.

Je ne suis pas venue ici pour vous dire qu’il n’y aura pas de difficultés car il y aura des difficultés. Je suis venue pour vous dire que ces mesures doteront la Grèce d’une économique puissante. Vous savez bien qu’il existe des  ressemblances comme par exemple avoir à prendre un médicament au goût amer que l’on aurait aimé ne pas devoir prendre ou encore subir une chimiothérapie pour éradiquer un cancer. Il existe toutes sortes de ressemblances mais la conclusion est que cette approche est la meilleure et nous la soutenons fermement.

Juillet 17, 2011