E. Vénizélos : J’ai informé le Président de la République de ma visite, hier, en Albanie ainsi que de mes visites de la semaine passée en Israël et en Palestine.
M. Papoulias effectuera un déplacement dans quelques jours à Tirana, ce qui signifie donc que ma visite a préparé la sienne. Il est primordial de revaloriser les relations entre la Grèce et l’Albanie, de soutenir la perspective européenne de l’Albanie et en même temps de créer une relation concrète de bon voisinage. Et cela concerne non seulement nos frontières terrestres, mais aussi maritimes. Cela concerne également les zones maritimes, la résolution des problèmes que rencontrent nos citoyens car nous entretenons des relations étroites et nos économies sont étroitement liées.
Les déclarations que j’ai faites hier à Tirana, dans le cadre de la conférence de presse donnée avec mon homologue, reflètent les positions de notre politique étrangère ; ce sont ces positions que nous avons confirmées avec le Président de la République également et elles constituent le cadre de sa visite en Albanie dans quelques jours.
Bien entendu, nos discussions avec le Président sur les évolutions au Moyen-Orient et en Afrique du nord étaient très intéressantes. Des évolutions qu’il suit lui-même de très près et nous aussi au ministère des Affaires étrangères.
Nous ne nous sommes toutefois pas seulement entretenus sur les questions internationales. Nous avons des évolutions institutionnelles très importantes, des évolutions démocratiques. Il y a quelques mois, souvenez-vous, le PASOK et moi-même en tant que président du PASOK, avions soulevé la question de l’Aube Dorée. J’avais évoqué à plusieurs reprises au Président de la République la nécessité d’activer l’arc constitutionnel. Et je suis très heureux– et mieux vaut tard que jamais – que la machine judiciaire soit lancée, que la volonté politique nécessaire soit désormais au rendez-vous, que les institutions parlementaires soient activées, que notre démocratie se renforce, tout en se défendant et en se protégeant. Mais nous devons certes garantir l’arc constitutionnel, car comme je l’ai dit à maintes reprises, la violence est une situation extrême. Et nous avons besoin d’un front uni contre toute forme de violence politique et sociale.
Journaliste : Nous sommes également sous pression à cause de la question de la Troïka.
Ε. Vénizélos : Ecoutez, encore une fois, nous voyons le même scénario : le recyclage d’un débat international sur la Grèce, comme si la Grèce était le grand problème de la zone euro ou de l’économie mondiale. La Grèce a réalisé un miracle budgétaire grâce aux sacrifices douloureux du peuple grec et à l’heure actuelle la Grèce enregistre le meilleur excédent primaire structurel dans toute la zone euro, à savoir 5% du PIB.
Il s’agit d’un véritable miracle budgétaire. Nous ne pouvons manger la chair de l’économie grecque réelle. Maintenant l’objectif est la croissance et l’emploi. Car cela n’a pas de sens de réaliser les objectifs de l’excédent au niveau du numérateur lorsqu’on perd des points dans le dénominateur. De cette façon le résultat mathématique et notamment le résultat social ou en matière de croissance qui est nécessaire, n’est pas atteint. Le recyclage de ce débat porte atteinte à la Grèce, à la zone euro.
La dette souveraine de la Grèce, même si elle s’amplifie pendant des années en raison de la récession continue, s’élève à 350 milliards d’euros environ. La dette des trois plus grands pays de la zone euro, tous ensemble, s’élève à 7 000 milliards. La Grèce est très petite en termes de problème de dette en valeurs absolues. Nous avons donc besoin d’une approche qui soit parfaite du point de vue technique, mais aussi responsable et visionnaire du point de vue politique. Et les messages que nous envoyons en tant qu’Europe, en tant que zone euro, en rapport avec la Grèce et la position de l’Europe dans l’économie mondiale, doivent être clairs. Ce qui se passe est inadmissible.
Et j’espère que la formation d’un nouveau gouvernement en Allemagne sera d’une grande aide, car ici chacun doit assumer ses responsabilités et nous sommes obligés de soulever les questions en maitrisant les aspects techniques, en faisant preuve de crédibilité, en leur fondement politique. Et puisqu’il n’y pas de solution de rechange, pas de plan B et que le plan A est très dur, nous devons négocier avec détermination et avec une perspective stratégique sur le plan A, afin que nous puissions sortir notre pays de la crise, définitivement et avec sécurité.
Octobre 16, 2013