«Chers collègues,
C’est un grand plaisir pour moi de me trouver aujourd’hui ici, animé de ce sentiment d’humilité institutionnelle dont le pouvoir exécutif doit faire preuve à l’égard du pouvoir législatif. Il existe, comme tout le monde le sait, la séparation des pouvoirs mais séparation des pouvoirs ne signifie pas égalité des pouvoirs. Il existe ce sentiment bien clair de la suprématie du pouvoir législatif, c’est-à-dire du parlement, qui est aussi porteur de la présomption de la souveraineté populaire.
Le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis est parvenu au pouvoir du pays dans une conjoncture cruciale. Je ne vous apprends rien de neuf. La Grèce après une décennie de crise, a désormais le choix de surmonter l’introversion et de renforcer sa position dans le monde. Dans cet effort, notre pays compte sur ses propres forces, tout en mettant en avant ses capacités et en se débarrassant de ses obsessions.
Afin de relever les défis de l’époque en matière de politique étrangère et de défense des intérêts du pays, le ministère des Affaires étrangères se transforme en un ministère moderne, différent, qui se fixe des objectifs bien clairs. La gouvernance électronique est, dans ce contexte, une grande priorité, parallèlement, bien évidemment à l’amélioration des infrastructures. Cette amélioration sera faite aussi à travers une absorption plus efficace des fonds européens. Cela concerne tant les services centraux du ministère que nos services à l’étranger.
Sur la base d’une politique axée sur des objectifs mesurables, y compris une amélioration de la prestation des services aux Grecs de l’étranger de la part des consulats, nous sommes en train de réexaminer l’éventualité de garder ouvertes certaines de nos missions à l’étranger ainsi que d’en ouvrir de nouvelles.
Cette restructuration est aussi due au fait qu’au-delà de son rôle traditionnel dans l’exercice de la politique étrangère, le ministère deviendra un acteur renforçant l’extraversion et les exportations. Il s’agit d’une nouvelle perception de ce gouvernement. Dans ce cadre, une politique en trois volets est mise en place, à savoir la Diplomatie politique et économique – deux pôles – lesquels seront soutenus et renforcés par la Diplomatie de communication, dotant ainsi le ministère des Affaires étrangères de nouveaux instruments.
Nous pensons que de cette manière, nous renforcerons globalement l’image extérieure du pays, en faisant de ce pays ce qui a toujours été son objectif, à savoir un pays européen, moderne, accueillant, ouvert à l’innovation, tolérant, extraverti et innovant.
Chers collègues,
Je pense que toutes les personnes présentes dans cette salle seraient d’accord qu’en dépit de ce qui est dit concernant les droits grecs, les missions historiques de la nation, le principal moteur pour la promotion de nos positions ne peut être autre que la puissance de notre patrie. Et pour un pays comme la Grèce, qui ne dispose pas d’immenses ressources, le ministère des Affaires étrangères doit fonctionner d’une façon permettant de multiplier nos capacités. Cela pourra être fait à travers les actions suivantes :
1. Revalorisation de la participation grecque à l’UE et aux organisations internationales auxquelles nous participons
2. Amélioration ultérieure de nos relations avec nos pays voisins.
3. Renforcement de nos liens avec nos alliés traditionnels, tels que les Etats-Unis. Avec les Etats-Unis nous revalorisons continuellement notre Dialogue stratégique, en l’étendant dans tous les domaines de nos intérêts communs. Avec la France, l’Italie, l’Allemagne, nous revalorisons notre coopération, non seulement sur le plan bilatéral mais aussi pour faire face à des questions régionales. Avec la Grande Bretagne, nous œuvrons en faveur d’une meilleure préparation pour la période d’après le Brexit. Avec la Russie et la Chine, nous coopérons tout en respectant les particularités et les sensibilités de chacune d’entre elles.
4. Développement des liens avec des pays auxquels nous n’avons pas à ce jour accordé l’importance que nous aurions dû. Notre pays ne peut et ne doit pas négliger les puissances ou les économies émergentes et les opportunités de coopération au niveau politique, économique et culturel.
5. Renforcement de la diplomatie économique grecque. Comme je vous l’ai déjà dit, les structures du ministère des Affaires étrangères ont été renforcées dans ce domaine et l’adoption d’une approche globale vis-à-vis de la question des exportations grecques, de l’assistance prêtée aux hommes d’affaires grecs, de l’identification des opportunités, de l’attraction d’investissements pour la Grèce, créé les meilleures conditions possibles pour parvenir à des résultats tangibles.
6. Nous devons exploiter tous les avantages géostratégiques de notre position géographique ainsi que de nos capacités plus élargies. A cet égard, un accent particulier est mis sur une série de programmes spécifiques visant à transformer la Grèce en un carrefour énergétique dans la région élargie. Et dernier point, mais non des moindres :
7. Approfondissement des relations de la Grèce avec le potentiel que représente la diaspora grecque. La question relative au droit de vote des Grecs de l’étranger sera à cet égard cruciale.
C’est sur ces mots que je voudrais conclure et remercier chaleureusement le Président et les membres de la Commission de cette occasion qui m’est offerte et j’attends avec intérêt la poursuite de notre dialogue ».
Septembre 13, 2019