Intervention du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, E. Vénizélos lors de la Conférence internationale de soutien à la Libye (Rome, 6 mars 2014)

Intervention du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, E. Vénizélos lors de la Conférence internationale de soutien à la Libye (Rome, 6 mars 2014)Nous vous communiquons ci-dessous le texte de l'intervention d'aujourd'hui du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères lors de la Conférence ministérielle internationale de soutien à la Libye:

Excellences,

Chers collègues,

Tout d'abord, j'aimerais remercier le gouvernement italien et personnellement la ministre, Mme Federica Mogherini pour avoir accueilli cette conférence d'importance majeure donnant l'occasion à la communauté internationale de discuter de la situation en Libye et d'explorer les possibilités d'assurer dans les meilleurs délais la transition démocratique du pays, dans le cadre d'un processus qui n'exclue personne.

La Grèce a d'emblée soutenu la lutte du peuple libyen en faveur de la liberté, de la démocratie, de la paix, de la sécurité et de la prospérité. Des centaines de blessés de la population civile ont été transportés en Grèce afin de recevoir une assistance médicale. Et, bien évidemment, nous continuerons de soutenir les demandes du peuple libyen pour un avenir démocratique stable.

Les récentes violations de sécurité et les explosions de la violence génèrent des préoccupations à l'égard du processus de transition et soulignent l'importance d'un dialogue participatif crédible et d'un processus de réconciliation nationale global. Telle est la clé pour assurer le progrès vers un Etat libyen stable et cohérent.

Pour ce qui est du niveau politique et de la mise en place des institutions, il est d'une importance majeur d'encourager la Libye, tout en respectant pleinement le principe de la responsabilité nationale, à faire preuve de détermination dans la poursuite, sans tarder, de la mise en place du cadre institutionnel nécessaire à la transition démocratique.

Nous saluons la formation de l'Assemblée constitutionnelle nouvellement élue et attendons avec intérêt l'issue positive de ses travaux. La démocratie est essentiellement axée sur l'Etat de droit et l'existence d'une constitution qui garantira, entre entres, le respect des droits de l'homme.

Le respect des droits de toutes les composantes de la société de la Libye est également d'une importance fondamentale pour assurer l'intégrité territoriale du pays et la capacité de ses autorités centrales à exercer pleinement leurs pouvoirs sur tout le territoire.

L'insécurité continue alimente l'extrémisme et le terrorisme, non seulement en Libye mais aussi dans la région élargie. Cela, à son tour, peut avoir un impact grave sur l'Europe et conduire, par exemple, à une hausse ultérieure des flux migratoires illégaux.

Dans ce cadre, nous reconnaissons les efforts consentis par la Libye en vue de placer l'approche régionale au cœur des ces questions complexes. En tant que pays qui est confronté à des défis importants concernant la gestion des frontières et l'immigration illégale, la Grèce soutient les principes de la prévention, de la protection, de la solidarité et de la répartition équitable des charges afin d'éviter les pertes humaines en mer.

Les défis préoccupants en matière de sécurité lesquels sont bien évidents dans les régions de l'ouest et du sud du territoire de la Libye, demeurent les menaces les plus sérieuses pour la stabilité et - à moyen et à long terme - pour l'intégrité territoriale et l'unité nationale du pays.

Le renforcement de la sécurité constitue une priorité absolue qui doit être envisagée au même temps que les priorités économiques. Le redressement de l'économie peut contribuer à l'instauration de la sécurité.

Par ailleurs, il est absolument nécessaire de rétablir le plein contrôle des autorités libyennes sur les ressources naturelles du pays ainsi que l'utilisation sans heurt des infrastructures qui sont d'une importance vitale pour les exportations pétrolières. Ce geste améliorera considérablement la situation économique du peuple et de l'Etat libyen.

Notre rencontre ici à Rome constitue une preuve tangible de l'engagement de la communauté internationale à soutenir le peuple libyen qui lutte pour sortir gagnant de cette période tumultueuse.

La Grèce, en tant que pays méditerranéen, a un intérêt particulier pour le pays voisin avec lequel elle entretient des liens de longue date. Au nom du gouvernement grec et de la Présidence hellénique du Conseil de l'Union européenne, permettez-moi de vous assurer que, en coopération avec les autorités libyennes et la communauté internationale, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir en vue de contribuer à la mise en place d'un Etat fonctionnel respectueux de la démocratie, de la liberté d'expression, de la justice, de l'Etat de droit et des droits de l'homme, y compris ceux des minorités.

Je vous remercie.

Mars 6, 2014